L’organisation régionale ouest-africaine franchit un pas décisif dans sa tentative de rapprochement avec trois de ses anciens membres.
Le président sierra-léonais Julius Maada Bio, qui assure actuellement la présidence tournante de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest, a officialisé ce mardi la nomination de Lansana Kouyaté au poste de Négociateur en chef chargé du dossier Burkina Faso-Mali-Niger. L’acte officiel a été paraphé en début d’après-midi.
Figure bien connue des cercles diplomatiques du continent, Lansana Kouyaté a notamment dirigé l’institution en tant que Secrétaire exécutif, ce qui confère à sa désignation une portée symbolique indéniable.
C’est précisément cette connaissance intime des rouages institutionnels de la CEDEAO qui a motivé le choix des chefs d’État membres.
Sa feuille de route s’annonce délicate. Les trois pays du Sahel, qui ont constitué la Confédération des États du Sahel connue sous l’acronyme AES , ont acté leur séparation d’avec l’organisation sous-régionale en janvier 2024, une rupture devenue juridiquement effective en 2025 conformément aux protocoles en vigueur. Depuis lors, le fossé diplomatique n’a cessé de se creuser.
Dans ce contexte tendu, Lansana Kouyaté sera chargé d’ouvrir des canaux de discussion, d’identifier les bases d’une éventuelle coopération sectorielle et, à terme, d’explorer les conditions d’un possible retour de Ouagadougou, Bamako et Niamey au sein de l’espace communautaire.
La CEDEAO, fragilisée par cette fracture inédite dans son histoire, mise sur l’autorité morale et l’expérience terrain de son nouveau négociateur pour inverser une dynamique qui menace l’architecture sécuritaire et économique de toute la région.
Oumou Baïllo Diallo