Contrôle des prix : Fatima Camara descend sur le terrain quelques heures après la signature du protocole

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La ministre du Commerce et de l’Industrie n’a pas perdu de temps. À peine l’encre du protocole d’accord séchée, Fatima Camara s’est rendue dans deux grandes unités industrielles de la capitale pour s’assurer de la traduction concrète des engagements pris. Une démarche qui témoigne de la ferme volonté du gouvernement de passer de la parole aux actes.

Accompagnée de cadres de son département, la ministre a investi le quartier Coronthie, dans la commune de Kaloum, pour inspecter les installations du Groupe CIAO Guinée et de la TAFAGUI, deux poids lourds du secteur agroalimentaire installés au petit port. Cette descente éclair visait un objectif précis : constater de visu l’état réel des stocks disponibles, tant dans la capitale qu’en province.

Face aux journalistes présents sur place, Fatima Camara a justifié cette réactivité : il était impératif de vérifier que les signatures apposées lundi sur le document ne resteraient pas lettre morte. « Nous devons nous rassurer de la disponibilité réelle des stocks », a-t-elle martelé, soulignant que la chaîne d’approvisionnement doit fonctionner sans rupture.

La ministre a profité de cette sortie pour tordre le cou aux bruits de couloir qui circulent depuis l’annonce du protocole. Des rumeurs persistantes évoquent une hausse imminente des prix des denrées de première nécessité, semant l’inquiétude parmi les consommateurs.

« Il faut que le message passe : ce prix plafond n’est pas une augmentation. C’est une barrière de sécurité que nous imposons aux opérateurs pour qu’ils ne dépassent pas un certain seuil », a clarifié la patronne du département. Elle est allée plus loin en affirmant que « sur plusieurs produits de grande consommation, nous observons une baisse réelle. »

Un message de réassurance destiné à calmer les craintes d’une population déjà éprouvée par les tensions inflationnistes.

Fatima Camara a également souligné la dimension politique de cette initiative. Le dispositif de régulation découle, selon elle, d’un « compromis entre la vision du Président Mamadi Doumbouya et les impératifs des opérateurs économiques ». L’objectif ultime reste l’allègement du panier de la ménagère, particulièrement à l’approche du mois sacré du Ramadan.

Cette équation délicate entre protection du pouvoir d’achat des citoyens et viabilité économique des entreprises constitue le fil rouge de la stratégie gouvernementale..

 

En conclusion de son intervention, la ministre a réitéré l’existence du numéro vert 142, ligne d’alerte destinée à recueillir les signalements des consommateurs. Tout commerçant qui ne respecterait pas le protocole d’accord pourra être dénoncé via ce canal.

« Nous invitons la population à dénoncer toutes les personnes qui ne respecteront pas l’application de ces prix sur le terrain », a-t-elle lancé, transformant chaque Guinéen en sentinelle du dispositif de régulation.

Cette visite express dans les installations industrielles de Coronthie marque ainsi le début d’une phase opérationnelle où la surveillance et le contrôle prennent le relais des déclarations d’intention. Le gouvernement entend prouver que le protocole signé n’est pas un simple exercice de communication, mais bien un engagement tenu jusque dans les rayons des marchés et des boutiques.

La rédaction