Accueil POLITIQUE Guinée : Sept ministres sortants dont Namory Camara écartés du nouveau gouvernement
Le remaniement gouvernemental achevé jeudi soir par le président Mamadi Doumbouya a consacré plusieurs départs significatifs. Sept ministres de l’équipe sortante n’ont pas été reconduits dans le gouvernement dirigé par Bah Oury, marquant un tournant dans la configuration de l’exécutif guinéen.
Parmi les figures notables écartées figurent Bachir Diallo, qui occupait le portefeuille stratégique de la Sécurité et de la Protection civile, ainsi que Yaya Kairaba Kaba, ministre de la Justice et Garde des Sceaux. Deux postes régaliens désormais confiés à de nouveaux titulaires.
Le secteur sportif perd également Bogola Haba, tandis que le domaine énergétique voit le départ de Namory Camara, remplacé par Laye Sékou Camara. Dans le secteur social et éducatif, trois ministres quittent également leurs fonctions : Oumar Diouhé Bah (Santé), Jean Paul Cédy (Alphabétisation et Éducation) et Charlotte Daffé (Action sociale).
Ces sept non-reconductions constituent le changement le plus visible opéré dans la recomposition gouvernementale, traduisant la volonté du président Doumbouya d’impulser une nouvelle dynamique dans des secteurs clés.
Si certains sortent complètement du radar gouvernemental, trois anciens membres de l’équipe ministérielle ont été repositionnés au sein du cabinet présidentiel avec le statut de conseillers.
Fana Soumah hérite du poste de conseiller en communication auprès du président de la République. Rose Pola Pricemou se voit confier un double portefeuille stratégique : conseiller en télécommunications et en intelligence artificielle, deux domaines que le régime entend manifestement développer dans le contexte de digitalisation du pays.
Abdoulaye Diallo rejoint également la Présidence en qualité de conseiller en tourisme et hôtellerie.
Ces nominations à la Présidence constituent une forme de reclassement pour ces cadres, qui passent d’une responsabilité ministérielle opérationnelle à un rôle d’expertise et de conseil auprès du chef de l’État.
Selon des indiscrétions en provenance du palais présidentiel, aucun ancien ministre ne serait laissé pour compte. Les sept sortants du gouvernement devraient tous trouver un point de chute : certains seraient orientés vers des postes diplomatiques dans les représentations guinéennes à l’étranger, tandis que d’autres bénéficieraient d’affectations dans d’autres structures de l’État, avec la bénédiction du président Doumbouya.
Cette approche tranche nettement avec les pratiques du passé. Sous le règne de Lansana Conté, qui a dirigé la Guinée pendant 24 ans (1984-2008), la fidélité aux anciens collaborateurs n’était pas une priorité. Les ministres sortants se retrouvaient souvent livrés à leur sort, sans filet de sécurité institutionnel.
À l’inverse, durant les onze années de gouvernance d’Alpha Condé (2010-2021), une politique de préservation des anciens cadres s’était déjà esquissée de telle sorte que la présidence de la République était qualifiée de » garage ». Le président Doumbouya semble s’inscrire dans cette logique, manifestant ainsi sa volonté de maintenir autour de lui un réseau de fidélités et d’éviter toute rupture brutale avec ses collaborateurs.
Minkael Barry