Hamed Diané Semaga signe la préface du livre-témoignage de Tibou Kamara

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L’ancien ministre malien apporte sa caution à un récit sans fard sur la décennie politique guinéenne 2010-2020

C’est un homme d’État chevronné qui a accepté de préfacer l’ouvrage de Tibou Kamara, ancien ministre guinéen et porte-parole du gouvernement sous la présidence d’Alpha Condé. Hamed Diané Semaga, ancien ministre de la République du Mali et ex-Haut-commissaire de l’Organisation de mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS), prête ainsi sa plume et sa légitimité à ce qui s’annonce comme un témoignage majeur sur la vie politique guinéenne.

Dans une préface élégante et structurée, Hamed Diané Semaga salue le courage de Tibou Kamara qui, selon lui, brise « la tyrannie du silence coupable » en livrant un récit sans concession sur les coulisses du pouvoir en Guinée.

L’ancien ministre malien qualifie cette démarche de « pari risqué dans un labyrinthe où les amateurs ont une espérance de vie limitée« , soulignant la rareté des témoignages francs d’acteurs publics africains.

Le préfacier insiste particulièrement sur l’honnêteté intellectuelle de l’auteur : « Sans langue de bois, tel un jet puissant jaillissant d’une mémoire vive et limpide », Tibou Kamara livre selon lui un éclairage unique sur la décennie 2010-2020, période marquée par l’ascension puis la chute du président Alpha Condé.

Cette précocité dans l’analyse politique n’est pas nouvelle chez Tibou Kamara. Dès 1998, à l’âge de 25 ans, il avait déjà publié son premier ouvrage, « Lansana Conté, ma politique », démontrant une maturité intellectuelle remarquable et une capacité d’analyse qui allaient caractériser toute sa carrière.

Hamed Diané Semaga n’hésite pas à affirmer que cet ouvrage fera « date dans l’histoire politique guinéenne et africaine ». Il met en avant la légitimité particulière de l’auteur, journaliste devenu ministre, qui a occupé des fonctions stratégiques au sommet de l’État guinéen : président du Conseil national de la communication, porte-parole du gouvernement, ministre d’État et conseiller personnel du président Condé.

Cette proximité avec le pouvoir, loin d’être un handicap, constitue selon le préfacier la force de ce témoignage, offrant « un éclairage de l’intérieur » sur les mécanismes du pouvoir et les relations complexes entre acteurs politiques.

Au-delà du simple récit politique, Hamed Diané Semaga voit dans cet ouvrage une contribution importante à la réflexion sur « le difficile chantier de la construction d’une démocratie pluraliste en contexte africain, avec ses innombrables contradictions et pesanteurs socio-culturelles ».

Le préfacier établit d’ailleurs une comparaison ambitieuse : de même qu’Honoré de Balzac a signé avec La Comédie humaine une fresque de son époque, Tibou Kamara livre avec ce témoignage « une toile vivante et sans complaisance de la scène politique de son pays ».

Le choix de Hamed Diané Semaga comme préfacier n’est pas anodin.

Ancien responsable de l’OMVS, organisation intergouvernementale regroupant quatre pays d’Afrique de l’Ouest (Mali, Mauritanie, Sénégal et Guinée), il incarne une vision régionale et une expertise reconnue sur les questions de gouvernance en Afrique de l’Ouest.

Sa préface confère ainsi au livre de Tibou Kamara une dimension qui dépasse les frontières guinéennes, inscrivant ce témoignage dans une réflexion plus large sur les défis démocratiques du continent africain.

Ce livre-témoignage s’annonce comme un document essentiel pour comprendre les dynamiques du pouvoir en Guinée et, plus largement, les enjeux de la gouvernance démocratique en Afrique de l’Ouest.

Minkael BARRY