La région de Kindia accueille depuis mercredi un atelier régional consacré à la diffusion des textes encadrant l’état civil, l’identification des personnes et la numérisation des archives. Organisée par la Direction nationale de l’État civil et de l’Identification (NECI), en collaboration avec la Direction générale des Élections (DGE), cette rencontre rassemble les acteurs administratifs et locaux chargés de ces questions dans les cinq préfectures de la région.

La cérémonie inaugurale s’est tenue dans un hôtel de la ville, sous la présidence du directeur national du NECI et en présence de la directrice générale des Élections, Mme Camara Djenabou Touré. Autorités administratives, greffiers, agents de la DGE et responsables des services d’état civil des différentes préfectures ont pris part aux échanges.
Le maire de la commune urbaine de Kindia, Elhadj Aboubacar Molota Camara, a insisté sur le rôle central des élus dans l’appropriation de ces textes. Il a expliqué : « C’est très important, parce que cela permet d’abord de mieux connaître nos citoyens, de maîtriser les actes d’état civil que nous délivrons, mais surtout d’éliminer les fraudes auxquelles nous sommes confrontés au quotidien. »
L’édile a également pris l’engagement de relayer, auprès des populations, les enseignements tirés de cet atelier, y voyant à la fois un devoir citoyen et une exigence liée au respect du code des collectivités.
Prenant à son tour la parole, Mme Camara Djenabou Touré a présenté les grandes lignes de la réforme engagée : « Nous lançons aujourd’hui, à Kindia, le processus de numérisation des archives de l’état civil. Cette activité sera progressivement étendue aux 33 préfectures ainsi qu’aux 13 communes de Conakry. »
Selon elle, cette réforme vise à instaurer deux outils structurants — un registre permanent de l’état civil et un registre national des personnes physiques — permettant, dans le même temps, de garantir une actualisation continue des listes électorales et de lutter contre la fraude documentaire.
La directrice générale des Élections a par ailleurs relié cette démarche à des enjeux sécuritaires plus larges : « C’est aussi un moyen de renforcer la sécurité nationale, dans un contexte marqué par la montée du terrorisme dans le Sahel, alors que la Guinée partage des frontières avec plusieurs pays de cette région. »
Sur le plan pratique, elle a précisé que la numérisation permettra aux officiers d’état civil, placés sous l’autorité des maires, « de délivrer des actes fiables, de mieux contrôler les demandes, d’éviter l’attribution de documents à des personnes qui n’y ont pas droit et de mettre fin à la duplication des numéros d’actes ». Elle a enfin invité les maires et conseillers communaux à accompagner activement cette réforme.
Concernant le fichier électoral, Mme Camara Djenabou Touré a annoncé un changement de méthode : « Désormais, nous ne collecterons plus les extraits de naissance lors des opérations de recensement électoral. »
Elle a détaillé le nouveau mécanisme d’inscription : un citoyen, une fois enregistré à l’état civil, intégrera automatiquement le registre national des personnes physiques à l’âge de 10 ans, avec relevé de ses photographies et empreintes digitales, avant une inscription automatique sur les listes électorales à sa majorité, soit 18 ans.
« Ce système garantit l’unicité de l’identité et permettra à la Guinée de disposer d’un fichier électoral permanent, en mettant fin aux changements répétés d’opérateurs, aux inscriptions indues et aux falsifications d’identité », a-t-elle affirmé, ajoutant qu’à terme, les citoyens pourront s’enregistrer directement dans leur commune, sans recensement électoral national.
Mamadou Barry, notre correspondant à Kindia









