Accueil Non classé Palais du Peuple : L’ultime et vibrant hommage du monde des médias... Une immense vague d’émotion et de solennité a submergé le Palais du Peuple ce jeudi. Journalistes, figures de la société civile, hauts responsables institutionnels et citoyens anonymes se sont rassemblés pour un symposium mémoriel en l’honneur d’Elhadj Souleymane Diallo. Le fondateur du Groupe de presse Le Lynx-La Lance, rappelé à Dieu le 1er juin dernier au Canada, a reçu les honneurs dus aux plus grands serviteurs de la nation.

Au cœur de cette cérémonie empreinte de recueillement, la prise de parole d’Amadou Tham Camara, président de l’Association guinéenne de la presse en ligne (AGUIPEL), a particulièrement marqué les esprits. S’exprimant au nom de toutes les associations professionnelles des médias de Guinée, il a dressé le portrait d’une icône nationale dont le nom restera éternellement gravé dans l’histoire de la liberté d’expression.
C’est avec une voix trahissant une vive émotion que le président de l’AGUIPEL a tenté de mettre des mots sur le vide abyssal laissé par cette disparition. Plus qu’un simple deuil sectoriel, c’est un séisme culturel et historique que traverse la Guinée.
« Aujourd’hui ce n’est pas seulement la disparition d’un homme que nous pleurons, c’est une page entière de notre histoire qui se tourne, c’est une voix qui a accompagné plusieurs générations deGuinéens qui s’est tue, c’est une conscience qui s’éloigne, c’est un monument qui disparaît, c’est un baobab qui tombe », a clamé Amadou Tham Camara. « Et lorsque tombe un baobab, ce n’est pas seulement sa famille qui ressent la douleur, c’est toute la forêt qui tremble. »
Face à la complexité de résumer une existence si dense, entièrement vouée à la quête de vérité et au respect de la dignité humaine, le représentant des médias s’est incliné avec une profonde déférence au nom d’une corporation désormais orpheline, mais infiniment reconnaissante.
Loin de se limiter à des adieux douloureux, ce symposium s’est mué en une véritable célébration de la vie. Pour l’AGUIPEL, l’empreinte laissée par le pionnier du Lynx transcende sa disparition physique. Son combat contre la censure et pour l’indépendance de la presse demeure un phare pour les générations actuelles et futures de professionnels de l’information.
Amadou Tham Camara a rappelé à quel point le « Doyen » incarnait une institution à lui tout seul en incarnant une existence guidée par des convictions inébranlables et un courage à toute épreuve.
Aussi, un homme qui n’a pas seulement observé l’histoire de la Guinée, mais qui a activement participé à son écriture. Et en fin, une référence absolue en matière de rigueur éthique, de dignité et d’indépendance.
Même si sa voix s’est éteinte à des milliers de kilomètres de sa terre natale, l’esprit d’Elhadj Souleymane Diallo continue de hanter positivement l’espace médiatique guinéen. C’est le message de résilience et de continuité qu’a voulu transmettre le président de l’AGUIPEL pour clore son vibrant témoignage.
« Cher doyen Diallo Souleymane, même si votre voix ne résonne plus parmi nous, votre présence habite cette salle, elle habite les rédactions que vous avez contribué à bâtir, elle habite les journalistes que vous avez formés, elle habite la liberté que vous avez défendue, elle habite l’histoire de notre pays et elle continuera d’habiter notre conscience… »
La presse guinéenne a perdu son guide, mais elle hérite d’une boussole. Le combat pour une information libre, rigoureuse et digne, auquel Souleymane Diallo a donné ses lettres de noblesse, se poursuit désormais à travers ceux qu’il a inspirés.
Sékou Sylla