Patience, Makanera, ton tour arrive (Par Tibou Kamara )

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Quelqu’un qui n’a appris ni à écrire ni à lire ne peut, bien sûr, commenter le contenu d’un livre, encore moins se prononcer sur un exercice d’esprit. Fâché avec la culture et peu qualifié pour la littérature, je n’espère pas qu’il prenne connaissance de mon ouvrage.

Il ne peut donc parler que de moi, l’auteur, qu’il ne connaît pas non plus pour que son jugement fasse autorité et soit digne d’intérêt. Dommage que dans ses divagations, le crieur public alimentaire, qui avoue sans la moindre vergogne que sa logorrhée verbale lui assure sa subsistance comme une plantation, confonde divulgation de secrets et exigences du témoignage. S’il faisait l’effort de lire des livres au lieu de se répandre dans les médias pour polluer chaque fois le débat public, il pourrait découvrir les mémoires de grands hommes qui ont marqué leur temps et l’histoire. Autant de récits inédits d’expériences intimes qui tranchent avec le verbiage et le clabaudage d’esprits vils et de consciences chargées.

Les Guinéens découvriront bientôt une face cachée de Makanera Kaké qu’ils ignoraient, mais qui leur donnera raison d’avoir si peu d’estime pour un homme qui jure avec l’éthique et se plaît à transgresser la morale.

La critique stérile du sieur Makanera d’un livre qu’il avoue du reste n’avoir pas lu (de quoi parle-t-il alors ?) me rappelle la fable Le Corbeau et le Rossignol. Dans ce récit, un cochon est choisi comme juge d’un concours de chant entre le Rossignol, à la voix divine, et le Corbeau, au cri rauque et désagréable. Le cochon, ignorant de l’art musical, donne la victoire au Corbeau. Le Rossignol s’indigne alors : « Je ne pleure pas d’avoir perdu, mais d’avoir été jugé par un un cochon. »

Je ne pleurerai pas, je me flatterai plutôt qu’un ignorant ne comprenne rien à une œuvre qui dépasse son entendement, et qui est au-dessus de son intelligence et de sa compréhension.

D’aucuns pourraient me reprocher, face à Makanera Kaké, de ne pas me souvenir de Mitterrand, qui conseille le mépris de l’événement et la passion de l’indifférence, que seuls les hommes d’honneur méritent cependant. On ne peut être économe de son mépris pour Makanera Kaké, qui, chaque fois que nécessaire, doit être remis à sa place naturelle : le néant !

Et si cette sortie malencontreuse ne traduisait que la crainte de voir étaler au grand jour des faits inavouables dont il sait que j’ai connaissance ? Une manœuvre de diversion, en somme, un contre-feu dans la perspective de révélations éventuelles dans le tome II, à paraître ce mois de février ?

Ce serait alors peine perdue. Il est peu probable qu’il parvienne à le lire dans son intégralité, ce qui est au-dessus de ses aptitudes, mais certains passages croustillants ne le laisseront sans doute pas indifferent.

Tibou Kamara