Le leader du mouvement « Demain, c’est maintenant » et ancien candidat à l’élection présidentielle de 2024 a pris position publiquement contre les discours hostiles visant la communauté guinéenne établie au Sénégal, qualifiant ces agissements d’étrangers aux valeurs fondamentales du pays.
Alors que les tensions autour de la présence guinéenne au Sénégal continuent de s’intensifier, une nouvelle voix politique s’est élevée pour condamner ce climat délétère. Mamoudou Ibra Kane, journaliste de formation et candidat malheureux à la dernière élection présidentielle, a réagi ce mercredi sur le réseau social X, exprimant son indignation : « Ce n’est pas sénégalais ça ! »
Le responsable politique a désigné sans détour les auteurs de ces discours comme relevant d’un courant qu’il qualifie de « nationalistes ». Il a rappelé avec fermeté que « la politique ne permet pas tout » et que « la fin ne justifie pas tous les moyens ». Il a par ailleurs pointé, chez ces derniers, une méconnaissance manifeste de « notre histoire et notre géographie ».
Pour illustrer la gravité de la situation, Mamoudou Ibra Kane a établi un rapprochement avec les violences xénophobes récurrentes en Afrique du Sud, estimant que ce comportement « concurrence dangereusement » celui des ressortissants sud-africains qui s’en prennent à « leurs propres frères d’Afrique ». Il a également rappelé, avec une certaine amertume, que les auteurs de ces dérives semblent avoir « oublié l’apartheid et les sacrifices consentis », allant jusqu’à affirmer que « Madiba est en train de se retourner dans sa tombe ».
Cette prise de position ne survient pas dans un vide politique. Dès février dernier, la sociologue Fatou Warkha Sambe alertait déjà sur les dangers de la recherche de boucs émissaires, un mécanisme qui, selon elle, détourne l’attention publique des véritables défis auxquels le pays doit faire face. Mamoudou Ibra Kane s’inscrit dans la continuité de cette analyse, qualifiant les discours nationalistes actuels de « populisme insignifiant ».
En conclusion de son intervention, le leader politique a martelé : « Arrêtez ce nationalisme (…) Ce n’est pas sénégalais. » Sa sortie, portée par le poids politique d’un ancien prétendant à la magistrature suprême, s’ajoute à une série de réactions de personnalités publiques, magistrats et responsables politiques, qui multiplient depuis plusieurs jours les mises en garde face à la banalisation progressive des discours de haine visant la communauté guinéenne, notamment ses membres d’ethnie peule.
La rédaction









