Dr Alya Diaby, président de INIDH:  » la question des massacres du 28 septembre est très compliquée »

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Le président de l’Institution nationale Indépendante des Droits de l’Homme (INIDH) , Dr Alia Diaby a accordé cette semaine une interview exclusive à notre rédaction au cours de laquelle , l’activiste des droits humains en Guinée s’est largement prononcé sur certaines actualités qui défraient la chronique dans la cité notamment , tensions électorales, retard  du procès des massacres du 28 septembre 2009. Et enfin, notre interlocuteur  en a profité pour dévoiler  le bilan de ses trois ans à la tête de  l’INIDH .

Depuis le déclenchement des campagnes électorales le 15 septembre dernier pour la course de la présidentielle du 18 octobre 2020, nous vivons quelques vives tensions électorales dans certains endroits du  pays. En tant  que le président de l’INIDH, quel en est votre message envers ces 12 candidats en lice pour la présidentielle 2020 ?

Dr Alia Diaby : D’abord, je dirai qu’il faut dédramatiser  ces vives tensions électorales. On fait pas de l’omelette sans casser  des œufs, on ne rassemble pas les oiseaux quand on connait les bruits des ailes. Nous sommes  qu’à même, à un moment de campagne. Donc, les hommes poignardent  quand ce n’est pas démesuré et si on reçoit les coups qui sont permis. Mais l’appel que nous lançons à l’endroit de tous les candidats  à ceux qui les soutiennent, à ceux qui font les campagnes, nous demandons humblement de tenir des messages responsables, sereins et d’éviter la violence quelle soit verbale, physique ou  psychologique. C’est d’agir dans le but de faire de ces élections présidentielles, une fête de la démocratie , et non pas une occasion pour regretter nos comportements .

 Quelle est votre réaction face au retard que connait le procès des massacres du 28 septembre 2009 qui  aujourd’hui fait 11 ans ?

Dr Alia Diaby : Tout le monde a noté ce retard,  tout le monde l’a regrette. Tout le monde  demande à l’Etat de prendre les dispositions pour que ce procès des massacres du 28 septembre 2009, ait finalement lieu .

Donc pour une fois , nous ne faisons que rappeler à l’Etat , son obligation de poursuivre et de faire en sorte que ce procès ait eu dans le but de rétablir les victimes dans leurs droits humains qui ont été violentés  lors de ces massacres au stade du 28 septembre.

Mais, vous voyez  que cela fait 11 ans que ce procès tarde à venir  d’ailleurs, c’est ce qui fait les victimes de ces massacres accusent de l’Etat de violer leurs droits . Qu’en dites-vous ?

Dr Alia Diaby :  Vous savez que la question des massacres du 28 septembre est très compliquée. Mais , je pense  qu’à ma connaissance , les enquêtes sont en cours  et une pool de juges d’instruction avait  été mis en place , qui a travaillé . Et à l’issue un dossier a été présenté. On a même écouté, le président du tribunal la dernière fois qui a fixé les contours de ce procès . Donc  pour une fois , nous suggérons aux victimes , c’est de croire à ce que le magistrat a dit et d’attendre que ce procès ait lieu.

Vous avez trois ans à la tête de l’INIDH : Pouvez-nous en  faire votre bilan ?

Dr Alia Diaby : en vérité, nous sommes entrain de préparer le document de bilan qui va être divisé en trois volumes, donc, qui parlera des activités faites par l’INIDH , ensuite des actes qui  ont été posés ici par des correspondances et enfin , on mettra l’accent sur les rapports. Par ailleurs , il doit y avoir plusieurs volumes concernant les trois ans de ma fonction à la tête de l’INIDH. Donc au moment venu ,une journée nationale des droits de l’homme sera organisée le 10 décembre prochain pour fêter la déclaration universelle des droits humains , c’est là que nous allons en profiter de présenter de notre bilan des trois ans. Nous en sommes fiers.

Parlez-nous de quelques actes que votre institution a concrètement posés dans le domaine des droits de l’Homme pendant ces trois ?

Dr Alia Diaby :  par exemple , depuis  que nous sommes arrivés jusque-là , aucun guinéen ne pouvait avoir  la fierté d’être récompensé ainsi quelque soit sa contribution dans le domaine des droits de l’homme . Ensuite , il y a des rapports , sachez autant que moi  que l’INIDH n’avait jamais produit de rapport avant notre arrivée. C’est à ma prise de fonction que l’INIDH a produit des rapports annuels  qui font  l’état des droits de l’homme en Guinée  et il y a des rapports circonstanciels concernant tous les grands problèmes que la pays a connu en matière de droits de l’homme.

Propos recueillis par Léon Kolié pour

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