Libération de Mamadou Saliou Diallo: l’échec de Chèque Sako ( Source: Le Lynx )

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Il a toujours clamé son respect pour les médias, mais surtout pour la loi. Mais depuis quelques jours, le nom du ministre de la Justice, garde des Shows, Chèque Sako, est associé à une actualité qui ne l’honore pas.

Lui dont la nomination en janvier 2014 avait suscité de l’espoir, eu égard à son parcours d’avocat au barreau de Montpellier, aux réformes qu’il a initiées à la tête du département de la Justice…

Son capital de crédibilité qu’il a mis des années durant à construire prend un grand coup avec cette histoire du scribouillard Mamadou Saliou Diallo du site Nouvelledeguinee.com.

Ce dernier a finalement recouvré sa liberté jeudi 5 juillet, après deux semaines derrière les barreaux.

Le garde des Shows qui jurait par son respect absolu pour la loi, le principe de séparation des pourboires, a fini par entendre raison. Chèque Sako a cédé sous la pression de Reporters sans frontières et des associations de médias guinéens.

Moussant Iboun Conté de l’AGEPI (Association guinéenne des éditeurs de la presse indépendante), Sanou Kerfalla le Scié, alias SKC, de l’URTELGUI (Union des radios et télévisions libres de Guinée) et Grégoire Ankou de l’UPLG (Union de la presse libre de Guinée) lui ont rendu jeudi donc une visite pas très courtoise.

Ils ont dû lui tordre la main et arracher les clés pour pousser la porte de la cellule de l’hôtel cinq étoiles de Coronthie où Chèque Sako avait jeté notre con()frère depuis le 22 juin, après trois jours passés à la DPJ (Direction de la police judiciaire). « Si vous ne le libérez pas, nous allons inviter tous les journalistes à se constituer prisonniers à la Maison centrale », auraient-ils martelé devant l’hôte et son cabinet au grand complet.

En réponse, Chèque Sako s’est voulu rassurant : « Rentrez ! Je vais donner des instructions pour qu’il soit libéré ».

Aussitôt dit, aussitôt fait. Le doyen des juges d’instructions du Tribunal de Kaloum, Djeila Barry, a signé, en toute indépendance, une ordonnance de mise en liberté immédiate du journaleux, assortie d’un contrôle judiciaire qui l’astreint de se présenter tous les lundis, mercredi et vendredi, et de déposer au greffe du cabinet du juge tous ses documents de voyage. Les différentes réformes judiciaires du Chèque commencent à porter fruits !

Dans un article relatif à cette affaire et paru dans le précédent numéro de votre satirique, nous avions présumé Chèque Sako innocent et la justice indépendante. Désormais, il est évident que l’ancien avocat au barreau de Montpellier a interféré dans les affres judiciaires et enfreint en même temps la loi sur la dépénalisation des délits de presse qu’il ne porterait d’ailleurs pas dans son cœur, selon les indiscrétions.

Hélas…Malgré ses réticences à évoquer le dossier, Chèque Sako peut ne pas avoir perçu de pot-de-vin à hauteur de 250 000 dollars et un appartement à Barcelone dans l’octroi du marché de construction du Centre pénitencier mort-né de Yorokoguia. Notre con()frère peut avoir eu tort d’écrire « Justice: les bruyantes et puantes casseroles de Cheick Sako ».
Le ministre de la Justice est fondé de porter plainte, en sa qualité de citoyen.

L’incompréhensible, l’illégalité, l’absurdité, c’est qu’un journaliste soit derrière les barreaux pour ses opinions. Cela viole la Loi organique 002 du 22 juin 2010 qui dépénalise les délits de presse. Ce n’est pas une question d’humeur, mais d’honneur, de loi.

Circonstances de l’arrestation

Selon nos informations, Mamadou Saliou Diallo a été arrêté le 19 juin alors qu’il regardait la Coupe du monde à Nongo par des agents en civil de l’Interpol, « sans convocation ». Il s’est cru enlever. Ce n’est qu’arriver vers Kipé qu’on lui aurait révélé les motifs et l’identité du commanditaire de son rapt. Menotté comme un criminel, le con()frère a été déposé à la DPJ où il passera trois nuits entre « punaises, sans toilette, ni avocat et s’alimentant difficilement ».

Il fera treize autres jours à la Maison centrale. Me Moussant Diallo, avocat (sans vinaigrette) du scribouillard constate : « J’ai toujours dit que le malheur de mon client dans cette affaire, c’est d’avoir comme adversaire le ministre de la Justice ». Un magistrat proche du dossier rappelait que « le ministre n’est pas une partie civile ordinaire ». Et pourtant « Nul n’est au-dessus de la loi ». Dura lex, Chèque lex…

Source: Le Lynx

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