Paysage de Liberté d’Expression en Afrique de l’Ouest , emaillé de Brutalités Policières Meurtrières

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Juin 2018 a été émaillé de brutalités policières contre les manifestants en Gambie et au Mali aussi bien que l’arrestation arbitraire d’un journaliste et d’un activiste des réseaux sociaux, respectivement en Guinée et au Burkina Faso.

Le 18 Juin, la police en Gambie a tiré sur et tué deux personnes et blessés plusieurs autres dans la répression d’une manifestation des habitants du village de Faraba qui protestaient contre les activités destructives d’exploitation de sable dans leur localité. Pa Modou Bojang, un journaliste qui couvrait les évènements sanglants a été brutalisé et détenu pendant près de six heures par la police qui a saisi son enregistreur.

Deux semaines plus tôt (2 Juin), la police au Mali a violemment dispersé des milliers de manifestants de l’opposition, blessant plusieurs autres y compris le candidat à l’élection présidentielle ; Igor Mamadou Diarra, aussi bien que des journalistes couvrant les manifestations. Plus de 20 personnes ont été blessées.

Le 1er Juin, c’est à dire le jour avant l’incident du Mali, les autorités fiscales au Benin ont ordonné le gel du compte bancaire du journal Nouvelle Tribune pour défaut de paiement des taxes. Les autorités fiscales s’étaient au préalable convenues avec le journal d’un accord d’épurement de la redevance fiscale d’un montant de 12 millions francs CFA (US 21507 Dollars US) par tranches. Cependant, ils ont de façon unilatérale résilié l’accord et ont demandé à ce que les sanctions soient appliquées à la Nouvelle Tribune quoique le journal ait payé une première tranche. Ceci fut un autre coup dur pour le journal qui a été suspendu arbitrairement près de trois semaines plus tôt par l’organe de régulation des médias.

Le 20 Juin, le Ministre de la Justice de la Guinée, Cheick Sako, a abusé de son autorité en ordonnant la détention d’un journaliste qui l’aurait diffamé dans un article publié par le site d’information; nouvelledeguinee.com. L’acte du ministre était en violation de la Loi de Presse de la Guinée adoptée le 22 Juliet 2010 qui dépénalise les délits de presse et interdit la garde à vue ou d’emprisonnement des journalistes pour des délits de presse.

Une semaine avant l’incident de la Guinée (14 Juin), les autorités militaires au Burkina Faso ont arrêté et détenu un activiste qui a critiqué la Gendarmerie Nationale pour sa présumée négligence d’un gendarme qui a été blessé lors d’une mission. Naim Touré avait été arrêté le lendemain après qu’il ait condamné la hiérarchie de la sécurité sur sa page Facebook pour la présumée négligence du gendarme ″qui a risqué sa vie pour protéger la sécurité nationale″.

Comme si la rétrograde ne suffisait pas pour le mois, la presse écrite en Mauritanie a été plongée dans un blackout partiel depuis le 18 Juin par une grève des employés de l’imprimerie nationale qui imprime tous les journaux dans le pays. Comme conséquence, les presses écrites nationales n’ont pas pu couvrir le Sommet de l’Union Africaine qui s’est tenu le 1er et le 2 Juillet en Mauritanie.

mfwa.org

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