Violences électorales en Guinée: Où sont passés les liens sacrés de parenté, de l’amitié et de la tolérance?

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L’Afrique est forte et riche de la reconnaissance des liens sacrés de parenté, de l’amitié, de la tolérance et surtout du pardon qui n’est pas l’oubli.

Pour ressouder et fortifier l’unité nationale, il est nécessaire de faire un rappel historique qui évitera les égarements conduisant à la haine destructrice. Avant la configuration de la Guinée française en 1885, les Mandings musulmans : les Traoré, Fofana, Touré, Yansané quittèrent le Soudan Français, l’actuel Mali, viennent s’installer à Timbo, Fouta Djallon, haut lieu du savoir, de la religion musulmane  et du pouvoir. Ils y sont amicalement  et religieusement accueillis par la famille régnante, les Barry.

Quelques années plu tard, une partie de ces migrants musulmans, après la mort de leur persécuteur Kémé Bouréma, se dirigèrent en Haute Guinée pour s’installer à Kankan dans le quartier de leur création : appelé Timbo en souvenir de l’hospitalité de l’autre Timbo.

Un autre groupe est resté au Fouta Djallon dans le quartier de Timbo-Dalaba sur la rive gauche du Bafing, tout près de l’actuelle sous-préfecture de Kégnéko. La troisième vague est descendue vers la vague.

Le chef migrant Katibi Touré, annonçant son départ se vit offrir en signe d’amitié et de fidélité musulmane, Ramatoulaye Barry. Ce groupe va s’installer dans une région  offerte par le Soumbouya. Ces migrants soudanais ont appelé cet endroit Moriya(le pays de Mori), c’est-t-à dure des marabouts religieux musulmans. Ces hommes pieux amoureux de la vérité, de la fidélité dans l’amitié disent encore aujourd’hui avec fierté : « je suis un Ramata Fode » en souvenir de l’hospitalité de leur hôte du Fouta.

La mosquée de Forécariah est issue de la motte de terre de la mosquée de Timbo. Il faut signaler selon l’histoire que la mosquée de Timbo est construite à partir d’une motte de terre venue de Tombouctou qui a également reçu la sienne de la Kaaba, à la Mecque.

C’est la sainteté de la ville de Timbo qui a amené tous les migrants soudanais à s’installer d’abord dans cette ville avant d’aller ailleurs.

Timbo de son côté, par amitié, par la religion, faisait venir de Forécariah  le bouquet de paille destiné au faîtage de sa mosquée. Il arrivait que Timbo attende une semaine, semaine de voyage agrémentée de cantiques religieux. Forécariah a été associé aux neuf diwé du  Fouta pour l’entretien de la mosquée de Timbo. Aujourd’hui encore, certains disent que les mosquées de Tombouctou, de Timbo et de Forécariah sont sacrées.

Le régime théocratique du Fouta a développé la tolérance, l’amour du savoir de l’indépendance financière par le travail.

A leur tour, les Sarakolé du Djaka, Soudan (actuel Mali) également croyants musulmans versés dans la religion musulmane, sont d’abord venus à Timbo. La famille Barry les accueillit et leur demanda de prospecter la région et de s’installer à leur convenance.

Ainsi pour ne pas oublier leur origine, ils ont appelé leur lieu d’installation Touba, en souvenir de leur origine du Mali.

Ces deux groupes musulmans originaires du Soudan français se sont installés entre autres, en Guinée grâce à l’hospitalité des Barry.

Il faut noter qu’en outre du savoir islamique, la rigueur, le mérite issu du savoir et l’effort, la reconnaissance des bienfaits est essentiellement Islam.

L’ancêtre des Kaba, pour honorer son épouse  peulhe, décida d’associer son nom au sien. Aujourd’hui, on dit à un Kaba : « I Kaba,  Diakité ». Diakité étant le nom de l’épouse peulhe.

Dans la société moderne coloniale, les intellectuels musulmans du Moria, Soumbouya et Fouta avaient signé et respecté un pacte politique qui donna comme conseillers territoriaux, Karim Bangoura, Fode Mamoudou Touré et Abdoulaye Diallo et comme député Barry Diawadou. Comme on le voit, l’Islam a réuni et unit  ces peulhs du Fouta Djallon aux Mandings du mali actuellement Moriané, les Djakankés et les Kaba.

Dans notre pays, il existe un autre facteur unificateur en même temps agent de plaisanteries : Le Sanakouya.

Ainsi, quelque soit la gravité d’un problème, quand on intervient en tant que Sanakou en plaisantant.

Source: Le Lynx

NB: le titre est de notre rédaction

 

 

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