Il Y A 18 ANS, le MEMORANDUM où Alpha Condé, en prison, rendait un vibrant hommage à la presse privée guinéenne

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Décembre 1998, après les élections présidentielles et avant les  résultats, le candidat Alpha Condé quitte la capitale guinéenne en catimini pour se rendre à l’intérieur du pays. Plus précisément en Guinée forestière.  Paff, Alpha Condé est repéré par les services de sécurité et de défense à Piné dans  Lola, la frontière avec la Côte d’Ivoire. Il a été arrêté puis conduit à Conakry par hélicoptère. Accusé de déstabiliser le régime du général Lansana Conté par une horde de  rébellion, Alpha Condé est jeté à la maison centrale de Coronthie. En 2000, le procès s’ouvre, le candidat du Rassemblement du Peuple de Guinée (RPG) refuse de parler mais adresse un mémorandum  au Président de la Cour de sûreté de l’Etat pour sa part de vérité.

 A l’époque, se trouvant dans un pétrin teinté de labyrinthe,   l’actuel  locataire du palais Sékhoutouréya  rend un hommage historique à la presse privée guinéenne qu’il dénigre, méprise et attaque à chaque occasion depuis qu’il est venu au pouvoir en décembre 2010. A l’occasion de la sortie d’Alpha Condé ce 3 mai contre la presse de son pays, nous mettons ce 1er mémorandum à la disposition des lecteurs. Lisez !

L’intégralité de l’affaire de Pinè, d’après le Mémorandum du professeur Alpha Condé

Je ne saurais entreprendre ce mémorandum sans adresser mes remerciements et rendre un vibrant hommage :

– A la presse écrite guinéenne qui a permis à l’opinion nationale de connaître la vérité sur le dossier ‘’Affaire Alpha Condé’’, rendant ainsi vaines les tentatives de manipulation de la radio télévision guinéenne (RTG), dont les comptes rendus tendancieux et partisans du simulacre de procès organisé par le gouvernement visent à prolonger ma détention dans le but cynique de m’éliminer de la scène politique guinéenne en violation de toutes les règles de droit.

– A la presse écrite africaine et étrangère ainsi qu’aux radios africaines et internationales telles RFI, Africa N° 1, BBC, etc. pour le travail colossal d’information, de clarification et de démystification effectué pour faire connaître la nature du régime guinéen et sa justice, permettant ainsi à l’opinion de mieux comprendre le mécanisme et l’ampleur du complot organisé par le régime du Général Lansana Conté contre moi, de suivre en temps réels, la parodie de justice actuellement en cours contre ma personne ainsi que contre mes compagnons d’infortune.

– Aux différents comités de soutien qui se sont constitués spontanément partout à travers le monde pour défendre ma cause, celle de la liberté, de la démocratie et du respect des droits de l’homme.

– Aux collectifs des avocats guinéens et étrangers.

– A l’union Interparlementaire.

– A l’Assemblée Parlementaire de la francophonie.

– A l’internationale Socialiste.

– Aux organisations nationales et internationales de défense des droits de l’Homme (OGDH, RHADDO, FIDH, NDH, Amnesty International,…).

– A la Commission Internationale des juristes.

– Aux partis politiques alliés de Guinée.

– Aux partis politiques amis africains et étrangers.

– Aux chefs de missions diplomatiques et représentants d’institutions accrédités en Guinée.

– Aux personnalités africaines et internationales.

– Au Président de l’Assemblée nationale de Guinée.

– A l’Archevêque de Conakry.

– A tous ceux qui par quelques moyens, sont intervenus auprès des autorités guinéennes, notamment du Général Lansana Conté afin d’obtenir ma libération.

– Enfin, aux militantes, militants et responsables du RPG qui, j’en suis sûr partagent pleinement avec moi ces moments d’épreuves.

– A tous et à chacun, vont mes sincères remerciements, ma profonde gratitude et ma reconnaissance infinie.

 PREMIERE PARTIE DU MEMORANDUM

 Je ne trouve aucun intérêt à m’expliquer au cours de cette parodie de justice, car aujourd’hui, l’opinion nationale comme internationale sait que c’est une véritable mascarade.

Même un étudiant de 1ère année sait que les nullités présentées par les avocats de la défense étaient imparables. Et que, si le Président de la Cour avait dit le droit, il aurait été dans l’obligation d’annuler la procédure. La simple interprétation qu’il a donnée de l’article 142 du code de procédure pénale en est une preuve suffisante.

J’ai alors adressé cette lettre au Président de la Cour de sûreté de l’Etat :

Monsieur le Président de la Cour de sûreté de l’Etat,

Devant les violations répétées et manifestes de mes droits et de ceux de la défense, depuis le début de cette affaire, il ne fait plus l’ombre d’un doute, que l’Etat Guinéen plus soucieux de sa crédibilité que de la manifestation de la vérité entraîne inéluctablement l’opinion nationale et internationale vers une parodie de justice que je ne saurais en aucune manière cautionner.

Ma soif inextinguible de justice n’altère en rien mon jugement au point de me laisser croire un seul instant que ce procès allait être juste et transparent.

J’ai donc aujourd’hui décidé après le retrait de mes avocats d’arrêter cette comédie judiciaire qui n’honore pas la Guinée, sa justice et sa démocratie.

Une synthèse de www. leverificateur.net

Conakry, le 25 Avril 2000

 Alpha CONDE

 

 

 

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