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« Les Toma et les Soussou sont les premiers habitants du Mandingue  » : La révélation historique choc de Mouramany Cissé

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 L’Association des écrivains de Guinée a organisé une importante conférence de presse sous le thème central : « Vie et œuvres de Hadja Andrée Touré ». Cet événement, destiné à saluer le parcours et l’héritage de l’ancienne Première Dame de la République, s’est rapidement transformé en une tribune de haute portée historique et politique. Parmi les interventions marquantes, celle de l’ancien ministre de la Sécurité, Mouramany Cissé, a profondément captivé l’auditoire par son analyse des fondements de l’identité guinéenne et son appel pressant à surmonter les clivages ethniques.

Invité à s’exprimer, Mouramany Cissé a d’emblée inscrit son allocution sous le signe de la réconciliation et du rassemblement. L’ancien ministre a lancé un appel à l’unité en évoquant le cas d’un compatriote éloigné, Néné Moussa Camara, exprimant le regret collectif de cet éloignement et la volonté ferme de le ramener au sein de la grande famille sous la direction du président Fadama. Pour Mouramany Cissé, cette démarche est l’illustration même de la formule consacrée : « La Guinée est une famille ». Il a rappelé avec insistance que les clivages qui semblent parfois diviser les Guinéens (Soumah, Barry, Kéita, Konaté) ne sont que superficiels face aux liens sacrés qui les unissent.

Élargissant son propos aux fondations de la nation, l’intervenant a célébré la Guinée comme le creuset historique d’où sont issues les figures de proue de la résistance et de l’émancipation régionale. De la savane aux forêts, en passant par le Fouta et la Basse-Côte, il a égrené les noms de Bokar Biro, d’Alpha Yaya, de Dina Salifou, de Zégbéla Togba, ou encore de l’almamy Samory Touré, liant ainsi chaque région naturelle à l’édification de la conscience historique commune.

Mouramany Cissé s’est particulièrement attardé sur l’histoire ancienne des communautés nationales, mettant en exergue l’antériorité et les contributions méconnues du peuple Toma, qu’il désigne comme la première population établie du Manding, précédant les vagues de peuplement Soussou et Malinké.

Citant des traditions et recherches mémorielles, il a évoqué l’existence historique d’un alphabet et d’une monnaie traditionnelle propre aux Toma  le Guenzé dont les origines remonteraient à 3 000 ans avant J.-C.

Déplorant l’absence de ces reliques dans les institutions muséales actuelles, il a invité la recherche nationale et la jeunesse à exiger la mise en valeur de ces pans occultés du patrimoine culturel.

L’ancien ministre a pointé du doigt les forces ayant favorisé l’amnésie collective : la colonisation et les dynamiques néo-coloniales qui ont, selon lui, contribué à fragmenter et à ensevelir la mémoire historique du pays. Pour étayer son propos sur la fragilité de la cohésion nationale face aux divisions internes, il a convoqué la pensée du premier président de la Guinée indépendante, Ahmed Sékou Touré :

« Le président Ahmed Sékou Touré était un homme de paradoxes, mais il a dit une vérité historique incontestable que j’ai transmise à mes propres enfants : il a dénoncé le tribalisme en affirmant qu’il était bien pire que le colonialisme. »

Cette mise en garde contre le tribalisme résonne avec une acuité particulière, l’orateur insistant sur le fait que l’ethnocentrisme constitue le principal frein à l’émancipation et au développement réel du pays.

En conclusion, l’hommage à Hadja Andrée Touré a été élargi par l’orateur à toutes les figures maternelles de la nation, liant le deuil, le respect des aînés et le devoir de mémoire. Mouramany Cissé a terminé son intervention par une interpellation vigoureuse et sans concessions de la jeune génération.

Il a exhorté les jeunes Guinéens à sortir de la passivité, à s’approprier leur histoire et à poser des questions exigeantes à leurs dirigeants et aînés. « Il faut nous emmerder, il faut nous poser des questions. Si nous venons à faillir à notre devoir, c’est à vous de nous interpeller », a-t-il lancé, transmettant ainsi le flambeau de la vigilance citoyenne et de la rigueur historique à la jeunesse guinéenne.

Oumou Bailo Diallo 

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