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POURQUOI LES CHEFS ENTOURÉS DE COURTISANS ET DE FLATEURS FINISSENT PAR GOUVERNER CONTRE LEURS MEILLEURS CADRES ?

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Dans les couloirs du pouvoir, il existe une maladie politique plus redoutable que l’opposition frontale:  » la flatterie servile, cette courtisanerie qui enveloppe le dirigeant d’illusions jusqu’à le détacher de la réalité et dans son celebre livre « Le Prince« , au chapitre XXIII, Nicolas Machiavel livre cette observation devenue classique  » il n’est pas d’autre moyen de se premunir contre la flatterie et la courtisanerie que de faire comprendre aux hommes qui vous entourent qu’ils ne vous offensent pas vous disant la vérité. »

Un leader entouré en majorité de courtisans finit souvent par confondre obéissance, peur et admiration avec la vraie loyauté, alors que la loyauté authentique consiste aussi à corriger, contredire et alerter.

Encore Machiavel avertissait déjà que.  » les cours sont pleines de flatteurs et qu’un prince prudent doit s’entourer d’hommes sages autorisés à lui dire la vérité. »

En Guinée, cette dérive prend un relief particulier dans les administrations et les espaces politiques où la réputation du chef est parfois défendue avec plus d’ardeur que l’efficacité de l’institution.

Le problème n’est pas seulement moral ; il est institutionnel, car il installe une sélection inversée où les plus compétents se retirent ou sont marginalisés, tandis que les plus dociles progressent.

Bayart a montré que les logiques clientélistes et les réseaux de captation fragilisent profondément l’État en Afrique, en substituant les loyautés personnelles à la rationalité administrative.

Alors au crible d’une analyse sociologique , les leaders au destin d’homme d’Etat finissent par devenir prisonniers de leurs flatteurs car, la courtisanerie ne se contente pas de complimenter un leader ; elle reconstruit son environnement mental.

Le dirigeant n’entend plus que ce qui conforte son ego, et il perd progressivement la capacité de distinguer le conseil utile de la flatterie intéressée.

C’est ce que l’on peut appeler le piège du miroir, c’est a dire que:  » le pouvoir ne reçoit plus le réel, il reçoit son reflet embelli.

Max Weber, dans sa réflexion sur la politique comme vocation, rappelle que l’exercice du pouvoir exige sens des responsabilités, discipline intérieure et souci des conséquences, non la soumission émotionnelle aux applaudissements .

Ce piège produit trois effets majeurs.

1▪︎ D’abord, il isole le leader dans une chambre d’écho où toute contradiction est perçue comme une agression.

 

2▪︎ Ensuite, il remplace la compétence par la proximité et la productivité par la dévotion visible.

 

3▪︎ Enfin, il transforme l’administration en un théâtre de loyautés privées, au détriment de l’intérêt général et, à terme, le chef cesse d’être arbitre et devient captif de ceux qui parlent le plus fort à son oreille.

Par exemple dans un cadre theorisation ,

Robert Michels a formulé une intuition essentielle selon laquelle:  » toute organisation tend vers l’oligarchie, c’est-à-dire la concentration du pouvoir entre quelques mains . Dans un système saturé de courtisans, cette tendance s’aggrave, car les réseaux les plus habiles à se rendre indispensables prennent le dessus sur les compétences les plus utiles. Le résultat est une bureaucratie de fidélités, non une administration de résultats.

James Freeman Clarke, de son côté, résume la différence fondamentale entre deux postures:

1▪︎ le politicien pense à la prochaine élection, tandis que

2▪︎ l’homme d’État pense à la prochaine génération .

Cette distinction est capitale ici, car la courtisanerie pousse le dirigeant à maximiser son confort immédiat, non à construire une institution durable. Un leader véritable doit chercher la solidité du système, même lorsque cela l’oblige à entendre des vérités désagréables.

En concentrant mon analyse sociologique sur le cas guinéen, celui-ci

illustre avec force cette logique de confusion entre loyauté et servilité.

Dans trop d’espaces administratifs, on soupçonne de trahison ceux qui ne publient pas assez de photos, ne commentent pas assez les activités du chef, ne passent pas assez de temps dans son entourage immédiat ou osent formuler une critique technique.

Ce type de jugement est politiquement toxique, car il évalue les personnes sur leur ferveur visible et non sur leurs résultats réels et, ette dérive est particulièrement grave lorsqu’elle touche des cadres compétents patriotes et expérimentés.

Un bon serviteur de l’État n’est pas nécessairement celui qui flatte le plus ; c’est celui qui produit, corrige, protège l’institution et défend la vérité même quand elle dérange.

En faisant de la proximité affective un critère de mérite, on ouvre la porte à une sélection à rebours où la médiocrité se pare des attributs de la loyauté.

Dans le cas de l’Assemblée nationale guinéenne, la question devient encore plus sensible. Le président du Parlement et les membres du bureau executif occupent des fonctions éminemment politiques qui exigent davantage de hauteur que de réflexes de clan, car l’institution parlementaire est par nature un espace de contradictions, de diversité et de débats.

Tous ces nombreux flatteurs et courtisans sur les toiles qui souhaitent que le presidents reglent des comptes a tous ceux que eux ils soupconnent comme n’ayant pas suffusamment mouillé le maillot pour le president ou n’etant pas dans l’esprit comme ils le disent n’aiment pas ni n’aident veritablement le president de l’Assemblee nationale qui doit avoir desirmais une posture d’homme d’Etat que de simple homme politique.

De toute evidence, un président d’Assemblée nationale ne peut durablement gouverner par logique de cercle fermé sans affaiblir l’équilibre même de l’institution.

D’ailleurs, s’il laisse des communicants incompétents transformer les réseaux sociaux en tribunal de loyauté, il risque de confondre soutien politique et élimination des compétences.

En même temps, s’il se laisse enfermer dans l’idée que toute réserve ou toute nuance constitue une hostilité, il deviendra prisonnier de petits règlements de comptes.

Le vrai test n’est pas le nombre de défenseurs bruyants, mais la capacité à préserver les cadres utiles, à écouter les désaccords et à construire une institution au-dessus des émotions immédiates.

En guise de comparaisons utiles, l’histoire politique internationale offre plusieurs cas où la courtisanerie a fragilisé des dirigeants.

Machiavel en avait déjà saisi la logique universelle:  » les flatteurs ruinent le jugement du prince s’il ne choisit pas soigneusement ses conseillers .

Dans les régimes marqués par le clientélisme, l’observation de Bayart et d’autres chercheurs montre que les réseaux de faveur finissent par détourner l’État de ses fonctions normales.

Ainsi, la leçon commune de ces cas est que:  » plus le leader s’entoure de personnes qui lui ressemblent dans l’adoration, moins il dispose d’informations fiables.

À l’inverse, les dirigeants qui durent sont ceux qui tolèrent la contradiction informée, protègent la compétence et ne confondent pas critique et inimitié.

La force politique ne vient pas de l’absence de tension, mais de la capacité à la gérer sans sacrifier l’excellence.

Mais au regard de la situation actuelle qui prévaut à l’assemblee nationale, le Dr Dansa Kourouma se trouve à un carrefour symbolique.

Soit il accepte le confort des applaudissements faciles et laisse les courtisans désigner les ennemis, ce qui l’enfermerait dans une posture de politicien de circonstance.

Soit il choisit la discipline de l’homme d’État, ce qui suppose de protéger les cadres compétents, d’écarter les faiseurs de haine et d’installer une culture de contradiction utile.

 

● La première urgence est donc de rétablir la bonne définition de la loyauté:  » non pas flatter le chef, mais servir l’institution. »

 

● La deuxième urgence est de sanctuariser l’évaluation par les résultats, non par la visibilité sur les réseaux sociaux.

 

● La troisième urgence est de créer autour de lui un cercle de conseillers expérimentés capables de dire non avec respect, parce que le pouvoir sans vérité devient très vite un pouvoir sans avenir.

En dépit de tout ce qui précède, la courtisanerie n’élève jamais un leader ; elle le rapetisse en l’enfermant dans les applaudissements de ceux qui vivent de sa faiblesse.

Un homme d’État se reconnaît à sa capacité de résister au bruit des flatteurs pour entendre la voix plus rare, mais plus féconde, de la vérité .

En Guinée comme ailleurs, la grandeur politique commence le jour où le chef comprend que son véritable allié n’est pas celui qui l’encense, mais celui qui l’aide à ne pas se tromper.

Aimé Stéphane MANSARÉ 

SOCIOLOGUE 

Expert- consultant en Sciences sociales du développement. 

PCA Ipcjguinee Guineecoaching.

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