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Concours des auditeurs de justice : Sékou Keïta face à de lourdes réquisitions

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Affaire de fraude présumée au concours national des auditeurs de la justice, le procès s’est poursuivi devant le tribunal correctionnel de Dixinn avec un réquisitoire particulièrement sévère du procureur de la République, Elhadj Sidiki Camara, à l’encontre de deux prévenus.

Le ministère public a estimé que les faits reprochés à Sékou Keïta, conseiller en communication au ministère de la Justice, et à la candidate Maciré Camara, étaient établis.

Selon le procureur, le conseiller aurait cherché à favoriser frauduleusement la candidate. Il retient contre lui la complicité de fraude. Maciré Camara, elle, est poursuivie pour fraude au concours.

Le procureur a rappelé un épisode antérieur, survenu lors du concours de recrutement des greffiers. Sékou Keïta y aurait déjà eu, selon lui, un comportement similaire.

« Il fallait donc le surveiller pour éviter toute fraude à un examen national », a-t-il affirmé devant le tribunal.

D’après le parquet, Maciré Camara fréquentait régulièrement le bureau du conseiller. C’est dans ce contexte que Sékou Keïta aurait quitté le centre d’examen, se serait procuré le sujet, puis l’aurait dissimulé dans un sac en plastique avant de regagner la salle.

Sa manœuvre aurait toutefois été déjouée. Lanssana Doukouré, superviseur chargé de renforcer la surveillance du concours, l’aurait suivi et aurait récupéré le document.

« Pour nous, les faits sont donc établis », a insisté le procureur.

Le ministère public a demandé au tribunal de déclarer les deux prévenus coupables. Au-delà de la sanction pénale, le procureur a exigé l’éviction pure et simple de Sékou Keïta de l’administration judiciaire.

« Ce Monsieur Sékou Keïta doit être extirpé des rangs du département de la Justice ! », a-t-il lancé, jugeant son comportement incompatible avec ses fonctions.

Le procureur est également revenu sur la réaction du ministre d’État en charge de la Justice, présenté comme profondément affecté par l’implication de son propre conseiller dans cette affaire.

« Cela a assombri le cœur de Monsieur le Ministre d’État. Il était tellement estomaqué, tellement meurtri dans l’âme, Monsieur le Président, qu’il a pris sa voiture et est parti », a-t-il rapporté.

Le parquet a conclu à la responsabilité pleine et entière des deux prévenus, invitant le tribunal à tirer toutes les conséquences judiciaires de cette affaire qui a ébranlé la crédibilité du concours.

Sékou Sylla 

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