Le journaliste nigérien Moussa Kaka, directeur général du groupe de presse Saraounia et ancien correspondant de Radio France internationale (RFI) au Niger, est introuvable depuis le lundi 31 août 2026 au soir. Son entourage a alerté sur sa disparition, suscitant une vive inquiétude au sein de la profession.
Selon les informations recueillies auprès de ses proches, Moussa Kaka aurait quitté les locaux de son média vers 19 heures pour rejoindre son domicile à Niamey. Il ne serait cependant jamais arrivé à destination. Depuis, il demeure injoignable et sa famille est sans nouvelles de lui.
Des sources concordantes évoquent l’hypothèse d’une interception du journaliste sur le trajet le menant chez lui, avant son transfert vers un lieu resté inconnu à ce jour. Son véhicule reste également introuvable.
À ce stade, aucune communication officielle n’a été faite par les autorités nigériennes sur cette affaire.
Cette disparition survient dans un climat particulièrement tendu au Niger, quelques jours seulement après une tentative de mutinerie déjouée à Niamey les 28 et 29 août 2026. Reporters sans frontières (RSF) a souligné, par la voix de Sadibou Marong, directeur de son bureau Afrique subsaharienne, que cette disparition intervenait alors que le pays traverse une nouvelle période de fortes tensions politiques et sécuritaires.
L’ONG s’est dite « préoccupée » par la situation dans un communiqué publié le mercredi 2 septembre, et a appelé les autorités nigériennes à ouvrir sans délai une enquête afin de retrouver le journaliste et d’établir les circonstances de sa disparition.
À noter que cette disparition coïncide également avec l’interpellation, le 2 septembre à Dakoro (région de Maradi), de l’ancien ministre de la Défense nationale, Kalla Moutari deux affaires dont l’évolution est suivie avec attention par l’opinion nigérienne.
Figure du paysage médiatique nigérien depuis plus de trente ans, reconnu pour sa couverture de l’actualité politique, sécuritaire et sociale du pays, Moussa Kaka a été correspondant de RFI au Niger jusqu’à la suspension de la diffusion de la radio dans le pays, il y a plus de deux ans. Son parcours professionnel a été jalonné de procédures judiciaires et d’actes d’intimidation :
– Août 2002 : il est arrêté et interrogé par la gendarmerie nationale après avoir couvert des mutineries dans des garnisons militaires de l’est du pays, les autorités lui reprochant d’avoir diffusé des informations jugées sensibles pour la défense nationale.
– Septembre 2007 : sous la présidence de Mamadou Tandja, il est arrêté puis inculpé de « complicité d’atteinte à l’autorité de l’État », après la diffusion d’enregistrements d’échanges avec des responsables du Mouvement des Nigériens pour la justice (MNJ). Il passera plus de 380 jours en détention avant sa libération provisoire en octobre 2008.
– Février 2021 : son domicile à Niamey est attaqué, saccagé puis incendié par des manifestants, dans le contexte des violences ayant suivi le second tour de l’élection présidentielle.
– Novembre 2025 : il figure, avec cinq autres journalistes, parmi les personnes inculpées pour « complicité de diffusion de document de nature à troubler l’ordre public », une affaire dénoncée par Article 19 et Transparency International Niger comme une atteinte à la liberté de la presse.
Il était présent, le 28 août dernier, à la sortie de prison de son confrère Ibro Chaibou, libéré après près de dix mois de détention pour la même affaire.
Les proches de Moussa Kaka demandent que toute la lumière soit faite sur sa disparition et espèrent une clarification rapide de sa situation. Son sort reste, à l’heure actuelle, entièrement incertain.
La rédaction









