Accueil ECONOMIE Hôpital ANAIM-Kamsar : Un scanner en panne depuis 5 mois et des...

Hôpital ANAIM-Kamsar : Un scanner en panne depuis 5 mois et des projets d’infrastructure au point mort

0
21
Entre défaillances sanitaires intolérables, promesses non tenues et chantiers totalement abandonnés, l’Agence Nationale d’Aménagement des Infrastructures Minières (ANAIM) s’enfonce dans une crise d’immobilité alarmante.
Dans une enquête vidéo sans concession menée sur le terrain, nos confrères de presseinvestigation.com lèvent le voile sur la réalité révoltante qui prévaut à Kamsar, au cœur du poumon industriel de la Guinée.

Au sein de l’hôpital ANAIM de Kamsar, le constat est accablant. Depuis cinq longs mois, le scanner de l’établissement est complètement hors service, plongeant les malades dans une détresse absolue et les contraignant à des parcours du combattant pour espérer se faire soigner. Une paralysie inacceptable pour une structure hospitalière de cette envergure.

À ce naufrage technique s’ajoute une gestion des ressources humaines frappée de léthargie. Des sources locales fondées à Kamsar ont alerté la rédaction sur le blocage incompréhensible des résultats du test de recrutement organisé depuis la fin du mois de janvier 2026 pour des postes d’infirmiers, de sages-femmes et de techniciens de laboratoire.

Le plus scandaleux ? La prise en charge financière de ces agents de santé avait pourtant été formellement validée dès le budget 2025 par le conseil d’administration de l’ANAIM.

Face à ce mutisme, l’équipe de presseinvestigation.com a parcouru près de 300 kilomètres depuis Conakry jusqu’à Kamsar. Sur place, ce mardi 13 octobre 2026, les responsables locaux de l’hôpital se sont réfugiés derrière un mutisme frileux, refusant toute déclaration sous prétexte qu’ils n’en avaient pas l’autorisation.

Le séjour d’investigation à Kamsar a également permis de constater l’échec cuisant de la politique foncière dans la cité. En 2023, sous la direction de l’ancien directeur général Mohamed Bangoura, 40 hectares de terres ont été déguerpis au nom de la politique de récupération des domaines de l’État prônée par le CNRD. On promettait alors la construction rapide de logements modernes pour les travailleurs des compagnies minières, notamment de la CBG.

Aujourd’hui, le constat sur le terrain est affligeant : à la date de publication de ce reportage, aucune fondation n’a été coulée sur ces 40 hectares. Quatre ans après ces évictions traumatisantes, le terrain vague laissé à l’abandon témoigne de la passivité flagrante des décideurs.

Le dossier du port en eau profonde de Gonzales, à Boké, illustre tout autant cette culture des promesses sans lendemain. Pensé pour accueillir des navires minéraliers, commerciaux et pétroliers de forte capacité afin de désengorger Conakry, ce projet stratégique stagne dans un coma artificiel.

Pourtant, des preuves attestent qu’en 2023, la direction générale d’alors et des membres du conseil d’administration s’étaient déplacés en grande pompe au Maroc pour signer un protocole d’accord de co-réalisation avec des investisseurs. Toutes les études environnementales, géotechniques et économiques ont été réalisées et payées. Malgré cela, le chantier est au point mort absolu.

Notre rédaction a joint par voie téléphonique M. Katy, chargé de communication de la direction générale de l’ANAIM à Conakry, qui a réagi aux révélations de ce reportage pour apporter la version officielle de l’institution :

« La meilleure des choses aurait été de venir nous voir au préalable pour un recoupement d’informations : “M. Katy, j’ai appris tel sujet, je voudrais la version des faits.” Il n’y a aucun problème à cela. Concernant le scanner, c’est un appareil médical. S’il est tombé en panne, c’est parce qu’il fonctionne et travaille ! C’est une machine qui était là depuis 2017, ce n’est pas un équipement récent. Sait-on seulement dans quel état cette direction a hérité de la situation et sait-on combien de personnes ce scanner consulte par jour ? Nous vous invitons à passer au bureau pour tout détailler point par point. S’agissant des domaines fonciers à la cité de Kamsar, nous sommes en pleine discussion avec des partenaires et investisseurs intéressés. Ce n’est pas parce que nous avons assaini la cité et dégagé ce qui était occupé anarchiquement que le site est abandonné. Aujourd’hui, grâce à la vigilance du conseil et des autorités, tout le domaine récupéré est intact, rien n’a été revendu. Nous n’avons rien à cacher, nos portes sont grandement ouvertes à la presse. »

Malgré ces explications fournies depuis Conakry, une interrogation majeure demeure sur le terrain : jusqu’à quand l’ANAIM laissera-t-elle ses infrastructures et ses projets stratégiques sombrer dans l’abandon et l’inaction ?

Le lien de l’enquête

https://www.facebook.com/share/v/1D1ntjJdME/

Minkael BARRY 

Collectif des Journalistes Contre l’Impunité 

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici