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Areeba Guinée : le nouveau directeur général face au défi du redressement

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Un changement de direction, en pleine bataille pour la survie. Par décret rendu public le 26 octobre, le chef de l’État, Mamadi Doumbouya, a placé Mamy Diaby à la tête d’Areeba Guinée. Mohamed Diallo l’accompagnera comme directeur général adjoint.

Le tandem hérite d’une société dont l’État est aujourd’hui l’unique propriétaire et dont la position commerciale s’est fortement dégradée en moins de deux ans.

Tout commence en décembre 2024. Conakry met la main sur la participation détenue par le sud-africain MTN, puis complète son contrôle douze mois plus tard pour atteindre la totalité du capital. L’opérateur, qui affronte principalement Orange et Cellcom, change alors de statut sans que sa situation s’améliore.

Les textes publiés par la presse locale restent muets sur la feuille de route confiée aux nouveaux dirigeants. Le contexte permet toutefois d’en deviner les contours : un audit financier mené par le cabinet EY a conclu à une situation proche de l’insolvabilité, ce qui a conduit les autorités à lancer un plan de redressement afin de sauver l’activité et les emplois.

Le chantier financier s’articule autour de trois axes : éponger les pertes cumulées, reconstituer les fonds propres et alléger les dettes. Une première étape a été franchie en juillet 2025, lorsque les actionnaires ont validé un « coup d’accordéon ». Cette technique consiste à réduire le capital pour absorber les pertes, puis à le relever en transformant en actions des créances de l’État, afin de remettre les capitaux propres au niveau exigé par la réglementation.

Des négociations sont par ailleurs ouvertes avec les principaux créanciers publics, parmi lesquels l’administration fiscale et le régulateur des télécoms, l’ARPT. Elles portent sur un effacement de dettes assorti d’une clause dite de « retour à meilleure fortune » : les créanciers pourraient récupérer tout ou partie des montants abandonnés si les comptes de l’opérateur se redressaient.

Le volet technique n’est pas moins exigeant. Selon les pistes évoquées, la nouvelle équipe devra étendre la couverture 4G, augmenter la capacité des infrastructures pour suivre la hausse du trafic et améliorer la qualité de service. L’installation de nouvelles stations de base et le renouvellement du matériel permettraient de résorber les zones mal desservies et d’améliorer l’expérience des clients.

Les statistiques du régulateur dessinent pourtant un net recul. Fin 2024, Areeba comptait 22,6 % d’un parc de 13,6 millions d’abonnés mobiles, face à 74,8 % pour Orange et 2,6 % pour Cellcom. Au 30 juin 2026, sa part n’était plus que de 13,4 % sur 13,2 millions d’abonnés, tandis qu’Orange atteignait 85,4 % et Cellcom 1,2 %.

Le décrochage est encore plus net sur les autres segments. Orange capte 99 % du trafic voix. Sur l’Internet mobile, la part d’Areeba est passée de 20,4 % à 8,5 % entre fin 2024 et juin 2026, alors que celle de son rival bondissait de 77,5 % à 90,9 % : le marché est passé de 7,88 à 11,59 millions d’abonnés, mais sans profiter à l’opérateur public. Même constat pour le mobile money, où Areeba a reculé de 11 % à 6 % pendant qu’Orange progressait de 89 % à 94 %.

La sanction est visible dans les comptes. Au deuxième trimestre 2026, Areeba affiche 101 milliards de francs guinéens de chiffre d’affaires (environ 11,5 millions de dollars), contre 208 milliards un an plus tôt, soit un repli de 51,4 %. Sur la même période, Orange est passé de 2 086 à 2 573 milliards de francs guinéens, en hausse de 23,4 %.

Pour Mamy Diaby et Mohamed Diallo, la tâche est double : stabiliser une situation financière fragile et regagner des clients au profit d’un concurrent désormais ultradominant.

Oumou Baillo Diallo 

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