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Mariama Ciré Sylla à l’Assemblée : « un budget au service du peuple guinéen »

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La ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Mariama Ciré Sylla, a présenté le Projet de Loi de Finances Rectificative (PLFR) 2026 à l’Assemblée nationale. Elle a pris la parole pour la première fois devant la dixième législature. Elle a tenu le cap avec assurance. Son message est clair : protéger les ménages sans sacrifier les ambitions sociales de l’État.

Le ton est solennel dès l’entame. La ministre félicite les élus de la première Assemblée nationale de la Cinquième République. Elle leur tend la main. Son département se tient disponible pour expliquer les choix budgétaires. Elle parle d’un « devoir commun » : servir la Guinée et répondre aux attentes du peuple par des résultats tangibles.

Elle rend hommage au président de la République, le général Mamadi Doumbouya, pour l’impulsion donnée à la refondation de l’État. Elle salue aussi le Premier ministre, Amadou Oury Bah, qui coordonne l’action gouvernementale.

La cheffe des Finances explique sa démarche. Plusieurs facteurs sont intervenus depuis l’adoption de la Loi de Finances Initiale 2026. Le contexte économique, social et financier a changé. Les priorités du Gouvernement aussi. Une actualisation s’imposait pour préserver les équilibres macroéconomiques.

Elle rappelle les acquis de la loi initiale. Une ligne budgétaire est dédiée, pour la première fois, aux centres et postes de santé. Le fonctionnement de 455 centres de santé et de 2 514 postes de santé est pris en charge. Les centres d’hémodialyse sont opérationnalisés. Les hôpitaux régionaux reçoivent des mammographes. Un fonds d’urgence est prévu contre les épidémies.

Les territoires ne sont pas oubliés. Les crédits de fonctionnement des sous-préfectures augmentent de près de 50 %. Les transferts aux communes rurales progressent de 110 %. 1 600 points d’eau sont financés dans les localités de l’intérieur.

Mariama Ciré Sylla place le programme Simandou 2040 au cœur de son plaidoyer. Pour elle, il dépasse l’exploitation d’un gisement. Son succès se mesurera en emplois créés, en entreprises guinéennes développées et en infrastructures utiles. Les tonnes de minerai exportées ne suffiront pas.

Elle prend un engagement devant les élus. Le Gouvernement rendra compte des retombées. Recettes publiques, services essentiels, investissements structurants : tout sera suivi sous le contrôle du Parlement. Elle défend la maturité des projets plutôt que l’accumulation d’annonces.

La croissance a atteint 5,4 % en 2024, puis 7,1 % en 2025. Elle devrait grimper à 8,6 % en 2026, selon le cadrage actualisé. La production minière, Simandou et les investissements associés la portent.

La Guinée gagne aussi en crédibilité. Standard & Poor’s a confirmé en 2026 la note B+ et relevé sa perspective à positive. Les investissements directs étrangers ont atteint environ 7,8 milliards de dollars en 2025, selon les données du Gouvernement. La ministre refuse pourtant de s’en contenter. Ces signaux encourageants ne dispensent pas de poursuivre les réformes.

Le contexte international reste sombre. Les tensions au Moyen-Orient pèsent. La guerre russo-ukrainienne se prolonge. Les circuits d’approvisionnement sont perturbés. Les prix de l’énergie deviennent volatils. Pour un pays importateur de produits pétroliers, le défi est majeur.

Face à ces chocs, la ministre défend un choix de solidarité nationale. L’État maintient le prix des produits pétroliers à 12 000 francs guinéens le litre. L’objectif est d’amortir la hausse des coûts de transport et de protéger le panier de la ménagère.

Le PLFR retrace 4 576,7 milliards GNF de recettes auxquelles l’État renonce. S’ajoute une provision de 913 milliards GNF pour le mécanisme de stabilisation des prix. L’effort global atteint 5 489,7 milliards GNF. Cela représente près de 10 % des recettes fiscales prévues.

La ministre précise un point. Ces montants ne s’additionnent pas une seconde fois : ils composent le total. Elle appelle aussi à plus de transparence, de ciblage et de suivi. Le mécanisme doit rester soutenable pour préserver la santé, l’éducation et les investissements productifs.

Un accord au niveau des services a été conclu en août 2026 avec le Fonds monétaire international. Il porte sur un programme de 41 mois, appuyé par la Facilité élargie de crédit. Le montant s’élève à 310,59 millions de droits de tirage spéciaux, soit environ 425 millions de dollars.

La ministre fait preuve de rigueur. Elle rappelle que l’accord reste soumis à l’approbation des instances du FMI. Il ne saurait être présenté comme un programme déjà approuvé.

Le Gouvernement prépare aussi, avec la Banque mondiale et la Banque africaine de développement, des opérations d’appui budgétaire. Elles sont encore en cours de préparation.

Au 15 octobre 2026, les recettes liquides mobilisées s’élevaient à 44 225,37 milliards GNF. Cela représente 85 % des prévisions. Les engagements de dépenses atteignaient 29 982,15 milliards GNF, soit 54 %.

Le projet de loi comporte plusieurs ajustements :

– la croissance est révisée à la baisse de 0,9 point, à 8,6 % ;

– le PIB nominal recule de 2,5 % ;

– l’inflation moyenne annuelle passe à 5,2 %, contre 3,5 % initialement ;

– les charges financières de la dette sont revues à la baisse de 648,1 milliards GNF ;

– les primes de performance de la Direction Générale des Impôts augmentent de 259 milliards GNF.

Les recettes progressent de 4 206,4 milliards GNF, soit 7,5 %. La ministre est transparente sur l’origine de cette hausse. Elle vient surtout de la prise en compte des exonérations sur les produits pétroliers. Les recettes fiscales gagnent 8 %. La pression fiscale monte à 14,2 % du PIB, contre 12,9 % prévu. Les recettes minières reculent de 9,5 %, touchées par la crise au Moyen-Orient.

Les dépenses augmentent de 5,8 %. La subvention aux produits pétroliers explique l’essentiel de cette hausse. Les dépenses d’investissement baissent de 2 729,1 milliards GNF. La revue des projets du programme Simandou 2040 en est la cause. Le déficit s’établit à 2,01 % du PIB, contre 2,07 % initialement. Il est entièrement couvert par des ressources de financement identifiées.

Mariama Ciré Sylla annonce la poursuite du budget-programmes dans onze ministères pilotes. Elle évoque le nouveau Plan stratégique de réforme des finances publiques 2026-2030. Elle cite la plateforme TELEMO pour les marchés publics. Elle mentionne la digitalisation des administrations fiscales et douanières.

Sa ligne est constante. Chaque franc dû à l’État doit être mobilisé. Chaque dépense doit servir les citoyens.

La ministre conclut en invitant les députés à interroger les hypothèses du Gouvernement. Elle les invite à demander des comptes. Elle promet un dialogue budgétaire régulier et une reddition rigoureuse des comptes.

Son discours s’achève sur une prière pour l’unité et la paix. Il se clôt sur un vibrant « Vive la République de Guinée ! ».

Minkael BARRY 

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