Accueil POLITIQUE Minkailou Barry, nouveau président de l’UPLG : 44 voix contre 14

Minkailou Barry, nouveau président de l’UPLG : 44 voix contre 14

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Minkailou Barry, directeur de publication de leverificateur.net est le nouveau président de l’UPLG. Réunis en congrès électif ce samedi, les membres de l’Union de la Presse Libre de Guinée l’ont élu par un score écrasant, avec 30 voix d’avance sur son challenger, Mohamed Cissé.

La grande salle de la Maison de la Presse de Guinée était pleine. Journalistes venus d’horizons divers, directeurs de publication et acteurs des médias avaient fait le déplacement pour ce congrès, vécu comme un exercice démocratique majeur pour l’association. Dans une ambiance attentive, le vote s’est déroulé de façon transparente, face à deux candidats issus de la même maison.

Sur 59 bulletins, Minkailou Barry en a recueilli 44, soit près de trois voix sur quatre. Son challenger, Mohamed Cissé, directeur de publication du site avenirguinee.org, en a obtenu 14. Un bulletin a été déclaré nul. Le vainqueur a donc réuni plus de trois fois les suffrages de son adversaire, un écart qui ne laisse place à aucune contestation.

Me Amadou Soumah, huissier de justice, a proclamé officiellement les résultats. Cette annonce a scellé la légitimité du nouveau président pour conduire l’UPLG. Il succède à Grégoire Ankou, président sortant.

Cette victoire nette consacre le leadership de Minkailou Barry au sein de l’UPLG. Secrétaire général sortant, il avait déjà porté la voix de l’union dans de nombreuses activités et missions officielles. Les congressistes lui ont renouvelé leur confiance à une très large majorité, et l’ont investi de la mission de conduire l’organisation pour la suite. Son discours, prononcé juste après la proclamation, a montré un responsable à l’aise dans l’exercice de la parole publique, soucieux de rassembler et clair sur ses priorités.

Le nouveau président a d’abord exprimé sa gratitude aux membres : « Je tiens à exprimer ma profonde et sincère gratitude à l’ensemble des membres de l’UPLG pour la confiance majeure que vous venez de placer en ma personne et en l’équipe du bureau exécutif qui m’accompagne. »

Il a ensuite eu des mots particuliers pour les confrères qui n’étaient pas dans la salle : ceux installés à l’intérieur du pays, en particulier à Kankan, et ceux qui vivent à l’étranger.

« Votre mobilisation à distance, votre attachement constant et votre fidélité à notre idéal commun prouvent que la famille de l’UPLG dépasse toutes les distances géographiques », a-t-il souligné.

Il avait d’ailleurs ouvert son propos sur une formule saluant l’esprit de la journée : « En ce jour mémorable, l’Union de la Presse Libre de Guinée vient de donner une leçon d’unité, de maturité démocratique et de grandeur. »

Minkailou Barry a invité l’assemblée à se tourner vers ceux qui ont fondé l’association. « Inclinons-nous avec respect devant la vision des pionniers », a-t-il lancé, rendant « un hommage vibrant aux fondateurs de cette association, ces hommes visionnaires qui ont su poser la première pierre d’un édifice qui fait aujourd’hui notre fierté collective ». Il a cité des figures majeures, l’Honorable Bahfisher et Ibrahima Koné.

Le président élu s’est ensuite adressé à son prédécesseur, qu’il a appelé « mon cher confrère et ami de combat ». Il a tenu à rendre justice à son action : « Lorsqu’il prenait la tête de notre organisation en 2019, nous n’étions qu’une dizaine d’organes de presse. Aujourd’hui, grâce à son leadership éclairé, nous tendons vers la centaine de médias membres. »

Il a souligné la méthode du président sortant, qui a, selon lui, cultivé « une gouvernance véritablement inclusive et participative ». Pour preuve, a-t-il ajouté, les deux candidats du jour travaillaient étroitement à ses côtés et ont tous deux représenté l’UPLG lors de multiples activités et missions officielles. « Cher Grégoire, au nom de toute la famille de la presse de notre organisation, merci pour le service rendu », a-t-il conclu sous les applaudissements.

Minkailou Barry n’a pas oublié celui qu’il venait de battre. « Cette élection opposait deux candidats, deux visions au service d’une même cause. À mon cher challenger, je veux dire toute ma considération : ton engagement honore notre démocratie interne », a-t-il déclaré, saluant la démarche de Mohamed Cissé.

C’est sans doute le moment fort de son intervention. Le nouveau président a voulu fermer d’emblée la porte à toute lecture partisane du scrutin : « Qu’il n’y ait aucune ambiguïté, ni aujourd’hui ni demain : il n’y a pas d’UPLG du candidat A, ni d’UPLG du candidat B. L’UPLG est une et indivisible. »

Il a ajouté un avertissement ferme : « Nous n’admettrons jamais la moindre tentative de division. Nous sommes un seul bloc, une seule voix, une seule famille professionnelle. » Un appel à l’unité qui vise à souder l’association au lendemain d’une compétition disputée.

Minkailou Barry a dressé le constat des difficultés qui guettent la presse guinéenne : « la précarité économique de nos rédactions, la sécurité des journalistes ou les mutations technologiques ». Pour y répondre, il a posé deux piliers : « la solidarité sera notre bouclier et la formation notre fer de lance ».

Le président élu a fait de la formation la première priorité de son mandat. « Notre priorité absolue sera de renforcer les compétences de nos équipes face aux enjeux du numérique et de la déontologie », a-t-il annoncé.

Il a insisté sur le contexte actuel : « À l’ère de l’intelligence artificielle, des réseaux sociaux et de la désinformation galopante, la formation continue n’est plus un luxe, c’est une exigence de survie et de crédibilité. »

Concrètement, l’UPLG entend multiplier « les ateliers, les séminaires et les programmes de perfectionnement » pour doter journalistes, éditeurs et techniciens « des outils numériques les plus avancés ». Cette montée en compétences s’accompagnera d’une réaffirmation du « respect strict des règles d’éthique et de déontologie qui font la noblesse de notre métier ». Sa conviction tient en une phrase : « Une presse formée, rigoureuse et technologiquement outillée est une presse inattaquable et respectée. »

Entouré d’un bureau exécutif de 11 membres, Minkailou Barry a promis une équipe tournée vers le terrain. « Aucun média membre ne sera laissé au bord du chemin », a-t-il assuré. Le bureau sera, selon ses mots, « une direction de combat et de proximité », présente « dans l’adversité comme dans la réussite ».

Ses missions : défendre la liberté du métier, renforcer les capacités des membres et bâtir des partenariats solides pour la viabilité des entreprises de presse. L’ambition est de faire de l’UPLG un bouclier juridique et moral pour l’ensemble des directeurs de publication et journalistes, à Conakry, à l’intérieur du pays comme à l’étranger.

Le nouveau président a refermé son discours sur un appel à la mobilisation collective : « Chers confrères, l’heure est à l’action. Main dans la main, faisons de l’UPLG une association fortifiée, respectée et utile pour chacun de ses membres. Travaillons ensemble, sans exclusion, pour honorer la confiance que vous nous accordez aujourd’hui. »

Il a clos son intervention par ces mots, accueillis par l’assemblée : « Que Dieu bénisse la presse guinéenne ! Que vive l’UPLG ! »

Sékou Sylla 

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