ACCIDENTS DE LA CIRCULATION : les véhicules sont-ils assurés ? Où sont les assureurs ?

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Notre pays est encore endeuillé par l’irresponsabilité de certains des nôtres. Cet après-midi de dimanche 6 novembre, 24 personnes sont tuées et plusieurs blessés graves (des étudiants pour la plupart).
L’année 2022 est vraiment meurtrière :
1) le 28 avril à Kankan : 5 morts et 21 blessés.
2) 11 juin à Dubréka : 10 morts et 22 blessés.
3) 13 juin à Boké : 7 morts et plusieurs blessés.
4) 16 septembre à Dabola : 15 morts et 5 blessés.
5) ce jour à Kindia : 24 morts et plusieurs blessés.
La liste serait interminable, si on ajoutait les autres cas.
Les statistiques officielles des accidents de la circulation en Guinée indiquent les chiffres suivants sur les 5 dernières années :
21 890 accidents, faisant :
2 781 morts, et
13 711 blessés.
Soit une moyenne annuelle de :
4 378 accidents
556 morts et
2 742 blessés.
Voici deux choses qui m’agacent lorsqu’il y a des accidents de la circulation en Guinée :
1) Personne ne cherche à s’informer si les véhicules impliqués sont couverts par un contrat d’assurance : ni les médias ni les autorités.
Pourtant, l’assurance des véhicules terrestres est une obligation sur le territoire guinéen. (Voir Loi 034 portant Code des assurances).
L’existence de cette Loi est-elle connue des médias et des autorités ?
Cette Loi est-elle appliquée ?
Pourtant, elle est instituée depuis 1978, adaptée à l’évolution, pour que les dommages causés par les automobilistes, les motocyclistes et autres engins, soient réparés ou remboursés par les assureurs.
L’esprit de cette Loi est (entre autres) que toutes les personnes victimes d’accidents de la circulation soient prises en charge, même si le véhicule auteur de l’accident n’est pas assuré.
2) les Autorités à tous les niveaux expriment leurs volontés de prendre les blessés en charge.
Ce n’est pas leurs rôles.
C’est le rôle des Assureurs !
Malheureusement, si elle a lieu, cette prise en charge du gouvernement et de ses structures déconcentrées s’est souvent limitée aux frais d’urgence des blessés.
Les lendemains, ceux-ci sont abandonnés à leurs sorts.
Est-ce que le Chef de l’Etat et les membres du Gouvernement savent que toutes les victimes de ces accidents douvent être absolument prises en charge par le secteur de l’assurance, à travers les sociétés d’assurances ou le Fonds de garantie automobile ?
Est-ce qu’ils savent que c’est un devoir légal, réglementaire et contractuel des assureurs ?
L’Etat n’est même pas obligé d’intervenir si l’accident n’a pas un caractère de catastrophe.
C’est le devoir du secteur de l’assurance.
Des milliers de nos compatriotes blessés lors des accidents sont restés abandonnés à leurs sorts !
Des milliers de veuves et d’orphelins vivent dans la précarité sans leurs droits d’indemnisation !
Nos médias et nos autorités doivent le savoir.
Nos autorités doivent être regardantes sur les droits et devoirs de chaque entité concernée par les accidents de la route : les conducteurs et les propriétaires d’engins, les services de la sécurité routière, les services de l’entretien routier, les assureurs,…
Le cas du secteur de l’assurance doit particulièrement retenir l’attention du pouvoir public et de l’Autorite de tutelle (la BCRG) pour lui permettre de jouer sa partition.
Les accidents de la route se produiront toujours sur les voies publiques, tant que les engins y circulent.
C’est parce qu’ils se produiront toujours que les Législateurs de tous les pays ont rendu l’assurance obligatoire pour tous les véhicules terrestres à moteur, y compris les motos.
Des milliers de Guinéens sont handicapés à vie sans prise en charge ni indemnisation, d’autres milliers d’orphelins vivent dans la précarité, parce que nous ne faisons pas respecter notre Loi à cet effet.
Toutes les fois qu’il y a eu de graves accidents, je me suis permis de rappeler ces principes. Encore une fois, tous les blessés de ces accidents de la circulation doivent être pris en charge par le secteur de l’assurance, jusqu’à la consolidation complète des lésions.
Les Autorités doivent le savoir et sévir à cet effet.
Les victimes et leurs proches doivent le savoir pour réclamer leurs droits.
Les propriétaires des véhicules et les conducteurs doivent savoir qu’un véhicule qui n’est pas assuré n’a pas sa place sur la voie publique.
Que DIEU réserve le PARADIS à toutes les victimes décédées.
Prompt rétablissement aux victimes blessées.
Que chaque structure s’assume pour mieux jouer sa partition dans la symphonie de la République.
Ibrahima Jair KEITA pour JMI