La légère secousse perçue ce mardi 13 octobre dans plusieurs quartiers de la capitale guinéenne trouve désormais une explication officielle. Dans une note adressée à l’ensemble de ses agents, le ministère des Mines et de la Géologie indique qu’elle provient d’un tremblement de terre de magnitude 6,9, survenu en plein océan Atlantique.
Le séisme de magnitude 6,9 à Conakry ressenti ce mardi 13 octobre dans plusieurs quartiers de la capitale guinéenne, dont Coléah et Téminètaye, trouve désormais une explication officielle. Dans une note adressée à l’ensemble de ses agents, le ministère des Mines et de la Géologie précise que la secousse provient d’un tremblement de terre survenu en plein océan Atlantique, sur la dorsale médio-atlantique, à plus de 1 000 kilomètres des côtes guinéennes.
Selon le document, le séisme s’est produit à 12h23 UTC, au niveau de la crête médio-atlantique centrale, aux coordonnées approximatives de 0,3° de latitude sud et 19,3° de longitude ouest. L’épicentre se situe ainsi à environ 1 195 kilomètres au sud-sud-ouest de Conakry. Son foyer a été localisé à une profondeur de 10 kilomètres. Le ministère précise que certaines sources ont, par la suite, ramené la magnitude à 6,7.
Les autorités se veulent rassurantes. Aucune alerte au tsunami n’a été émise, et le risque de dégâts est jugé extrêmement faible, compte tenu de l’éloignement de la zone touchée par rapport aux régions habitées. Pour établir ce constat, le Centre de Géophysique et de Sismologie du département s’est appuyé sur les données de l’United States Geological Survey (USGS) et du Centre sismologique euro-méditerranéen (CSEM).
Aucun dommage n’a été enregistré à ce stade, bien que le ministère reconnaisse que ces informations pourraient évoluer. Il souligne en outre que les secousses affectant cette dorsale sont fréquentes et n’ont, la plupart du temps, aucune conséquence.
La note met également en avant les efforts engagés par l’État pour renforcer la surveillance sismique du pays. Grâce à un financement de la Banque mondiale, le Centre de Géophysique et de Sismologie a fait construire un réseau de trois stations, implantées à Nafaya (Boffa), Kamélé (Gaoual) et Saourou (Dabola), auxquelles s’ajoute une salle de réception installée à Conakry.
Les infrastructures sont aujourd’hui achevées, et la mise en place des équipements est prévue dans les mois à venir.
Pour permettre à chacun de mesurer la portée d’un tel phénomène, le document reproduit un tableau reliant l’échelle d’intensité de Mercalli, graduée de I à XII, à l’échelle de Richter, qui s’étend de 2 à 9. Au bas de l’échelle, les secousses ne sont ressenties que par quelques personnes et détectées par des instruments très sensibles.
Autour du degré IV, correspondant à une magnitude de 4, la plupart des occupants des bâtiments les perçoivent. Plus haut, vers le degré VII (magnitude 6), la population panique et sort des habitations, avec des dommages possibles sur les constructions de mauvaise qualité.
Au sommet de l’échelle, le degré XII, associé à la magnitude 9, désigne une destruction quasi totale et des ondulations visibles à la surface du sol.
Signé et cacheté par le secrétaire général du ministère, le document rappelle enfin que toute falsification ou contrefaçon est punie de cinq à dix ans d’emprisonnement et d’une amende de 50 à 150 millions de francs guinéens, en vertu de l’article 613 du Code pénal guinéen.
Ces précisions viennent éclairer l’épisode vécu par les habitants de Coléah et de Téminètaye, qui avaient senti le sol vibrer quelques secondes seulement. Si l’origine du phénomène est désormais connue, les services techniques promettent de suivre l’évolution de la situation.
Minkael BARRY









