Au lendemain des élections législatives et communales du 31 mai 2026, l’heure est aux premiers bilans. Réunie ce lundi 1er juin à la Maison de la Presse de Guinée, la Mission d’Observation Internationale des Experts Électoraux de la zone CEMAC a présenté sa déclaration préliminaire. Devant les médias, le porte-parole de la mission, M. Cyrille Nguiegang, a dressé un tableau globalement positif du déroulement du scrutin, tout en pointant du doigt plusieurs axes d’amélioration pour les échéances futures.
Déployée à l’invitation des autorités guinéennes, cette mission transafricaine a mobilisé un large panel d’experts – universitaires, juristes, spécialistes électoraux et acteurs de la société civile – issus de treize pays du continent, du Sénégal au Gabon, en passant par le Mali et la République démocratique du Congo. Leurs équipes ont sillonné les principales régions du pays, notamment Conakry, Kindia, Boké, Mamou, Labé, Faranah, Kankan et N’Zérékoré, afin de suivre de près la fin de la campagne, les opérations de vote, le dépouillement et le début de la compilation des résultats.
Selon les conclusions des observateurs, le vote s’est déroulé dans une atmosphère généralement calme et ordonnée sur la majeure partie du territoire national. La mission a notamment salué la bonne maîtrise technique du personnel électoral, l’ouverture globale des bureaux dans les délais impartis et la forte mobilisation des électeurs. Une présence notable des femmes a été enregistrée, tant parmi les votants que parmi le personnel des bureaux, tandis que des dispositions concrètes ont été observées pour faciliter le vote des personnes âgées et des citoyens en situation de handicap. M. Cyrille Nguiegang a d’ailleurs tenu à féliciter le peuple guinéen pour son civisme et à saluer les efforts conjoints des autorités et des forces de sécurité.
Si le bilan d’ensemble reste largement positif, la mission CEMAC n’a pas manqué de relever plusieurs zones d’ombre. Ces insuffisances, qualifiées de ponctuelles et limitées, n’ont cependant pas compromis la sincérité du suffrage selon les experts. Parmi les dysfonctionnements signalés figurent des retards d’ouverture et des problèmes d’aménagement dans certains centres, des difficultés d’identification d’électeurs ainsi que de légers retards de livraison du matériel en zone rurale éloignée. Sur le plan politique, les observateurs ont fait état de préoccupations concernant le fichier électoral, de ratés dans la distribution des cartes d’électeur, de disparités dans l’accès aux moyens de communication, ainsi que de quelques allégations de campagne précoce et d’utilisation des ressources publiques.
En vue de consolider les acquis démocratiques en Guinée, la mission d’observation a formulé une série de recommandations. Elle demande au gouvernement de poursuivre les réformes de la gouvernance électorale et de maintenir un dialogue politique inclusif. L’administration électorale est, quant à elle, invitée à optimiser la distribution des cartes d’électeur, à renforcer la formation pratique de ses agents et à améliorer l’accessibilité des centres de vote. Enfin, le porte-parole a exhorté les partis politiques à privilégier la voie légale et le dialogue en cas de contentieux post-électoral, tout en appelant la société civile à intensifier l’éducation civique.
M. Nguiegang a conclu en rappelant que cette déclaration demeure préliminaire et se limite aux zones couvertes par les équipes. Un rapport final détaillé, intégrant des analyses techniques approfondies, sera rendu public à l’issue de la phase postélectorale et de la proclamation définitive des résultats.
Sékou Sylla









