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Pita : à la veille de l’installation des maires élus, la société civile fixe ses conditions

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 À quelques heures de l’installation officielle des maires et conseillers communaux issus des élections locales du 31 mai 2026, la Maison des Associations et ONG de Guinée (MAOG), plateforme fédératrice de la société civile dans la Préfecture de Pita, est montée au créneau. Par la voix de son coordinateur préfectoral, Mamadou Dioulde Sow, également président de l’ADC-Pita, l’organisation a adressé ses félicitations aux futurs élus tout en leur remettant un cahier de charges citoyen jugé « clair et exigeant ».

Ce jeudi 2 juillet 2026, les communes urbaines et rurales de la Préfecture de Pita installeront officiellement leurs nouveaux maires et conseillers, élus le 31 mai dernier, mettant ainsi fin à la période des délégations spéciales. Pour la MAOG, ce moment constitue un « retour attendu à la légitimité élective ». La plateforme dit s’en réjouir, tout en précisant d’emblée les termes de sa relation avec les nouvelles autorités locales : une collaboration constructive, mais assortie d’une vigilance citoyenne permanente.

« Votre élection traduit la confiance que les populations de nos communes ont placée en vous. C’est un honneur, certes, mais surtout une responsabilité immense », a déclaré Mamadou Dioulde Sow. Le coordinateur préfectoral a prévenu que son organisation accompagnera les élus de bonne foi, mais se posera en vigie face à ceux qui trahiraient le mandat populaire.

Avant même la cérémonie d’installation, la MAOG appelle les futurs conseils communaux à exercer leur mandat dans le strict respect du Code des collectivités locales. Elle réclame la tenue régulière des sessions du conseil, la publication des délibérations, ainsi que l’organisation d’espaces de dialogue avec les populations.

Sur le volet financier, la plateforme exige une gestion rigoureuse et transparente des dotations de l’Agence nationale de financement des collectivités locales (ANAFIC), avertissant que « tout détournement ou mauvaise gestion de fonds publics sera dénoncé avec la plus grande fermeté ».

La MAOG identifie trois urgences pour les nouveaux conseils communaux dès leur prise de fonctions.

L’état civil, en premier lieu. Des milliers d’habitants de la préfecture restent aujourd’hui sans pièces d’identité, une situation qui les prive d’accès à l’école, à la santé et à d’autres services essentiels. L’organisation réclame le lancement, dès les premiers mois du mandat, de campagnes mobiles d’établissement d’actes de naissance dans les zones reculées.

L’assainissement, ensuite. L’insalubrité des marchés, l’absence de gestion des déchets et le manque de latrines publiques représentent, selon la MAOG, une menace directe pour la santé des communautés. Elle demande l’élaboration de plans locaux d’assainissement, en partenariat avec les ONG actives dans la préfecture.

La jeunesse, enfin. Face à la montée de la délinquance juvénile et au chômage structurel qui touche cette catégorie, la plateforme appelle à des politiques locales ambitieuses articulées autour de l’emploi des jeunes, de leur encadrement civique et de leur implication dans la vie communale.

Consciente des tensions que peut engendrer une période post-électorale, la MAOG a rappelé aux futurs élus leur rôle de rassembleurs. « La commune appartient à tous ses habitants, qu’ils aient voté pour vous ou non », a insisté Mamadou Dioulde Sow, pour qui la paix sociale doit constituer un axe transversal de tout mandat local.

En publiant ce cahier de charges la veille même de l’installation des élus, la MAOG entend afficher une société civile préfectorale organisée et mobilisée. « La société civile n’est pas un faire-valoir. Elle est un contre-pouvoir légitime, une force de proposition, et, lorsque la situation l’exige, une voix de dénonciation », a martelé son coordinateur, assurant que la plateforme accompagnera les élus « à chaque étape » de leur mandat  pour les soutenir dans leurs actions en faveur de l’intérêt général, comme pour les interpeller lorsque les droits des citoyens seront en jeu.

La Rédaction

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