Désormais député, François Hollande s’est confié au journal Marianne sur son désir de concourir à la présidentielle de 2027. « Je n’entretiens pas de relation passionnelle avec le pouvoir, mais avec la France », jure-t-il.
François Hollande est dans les starting-blocks pour la prochaine présidentielle qui doit avoir lieu en 2027. « Je me prépare », assure l’ancien président de la République dans une interview fleuve à Marianne, mercredi 15 avril. « J’ai une différence avec les autres : j’ai déjà été président et je n’ai pas été candidat à ma propre succession en 2017. Je n’entretiens pas de relation passionnelle avec le pouvoir, mais avec la France. Comment être utile aujourd’hui ? En me préparant », précise l’ancien chef de l’Etat.
Jean-Luc Mélenchon incapable de rassembler la gauche
Alors que le leader de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, serait sur le point de se déclarer candidat pour le prochain scrutin présidentiel, pour François Hollande, ce dernier n’est pas en mesure de pouvoir accéder à l’Élysée. Expliquant que le chef de file des Insoumis a trahi la gauche, l’ancien chef d’État a toujours réaffirmé haut et fort qu’il n’y aura pas d’alliance avec LFI. « Mélenchon s’est mis dans une telle position qu’il ne peut ni rassembler la gauche ni gagner la présidentielle. Tout le monde le sait, lui compris. La gauche que je représente veut gagner et gouverner », a-t-il expliqué.
Quant à la participation à une primaire défendue par plusieurs ténors de la gauche à l’instar d’Olivier Faure ou de François Ruffin, François Hollande est catégorique : celle-ci n’a « aucun sens ». « Il faut partager la même ligne, le même projet. François Ruffin, par exemple, fait partie de ceux qui estiment que le tournant de 1983 est la grande erreur sur laquelle il faut revenir. Il est favorable à la sortie de l’Otan ». Et d’ajouter : « Certes nous pouvons en débattre, mais ce sont des différences sérieuses pour partager un candidat commun. »
« La cristallisation cette fois-ci va arriver tard »
Pour François Hollande, alors que les candidats putatifs sont légion, la question n’est pas d’être le mieux placé, mais plutôt celle de « réussir à être élu président ». Le socialiste peut-il faire mentir les sondages ? Pour l’heure, il recueille 8,5 % des intentions de vote au premier tour, selon un sondage Elabe réalisé entre le 25 et 27 mars.
Pour la présidentielle de 2027, « la cristallisation cette fois-ci va arriver tard », estime François Hollande dans Marianne. L’ancien président de la République mise ainsi sur une remontada. Réussira-t-il en douze mois à convaincre les Français ? Il lui faudra aussi outrepasser les anathèmes à gauche. « La gauche de gouvernement devient suspecte dès qu’elle accède aux responsabilités, et son destin est de toujours être accusée de trahison.
Il n’y a pas d’exemple d’une gauche au pouvoir qui n’ait été sous la pression des procureurs de l’alternative », confiait alors François Hollande, à l’automne 2016, dans la revue le Débat. Une déclaration faite seulement quelques semaines avant de faire savoir qu’il ne se représenterait pas.