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Nominations aux postes clés de l’État : plaidoyer pour une nouvelle gouvernance des compétences en Guinée

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NOMINATION PAR DECRETS ET ARRÊTÉS EN GUINÉE:

​ » ET SI LE PRÉSIDENT GMD REMPLAÇAIT L’OUTIL ACTUEL PAR UNE NOUVELLE APPROCHE RECTIFICATIVE DE NOMINATIONS PAR DÉCRETS ET ARRÊTÉS AUX POSTES CLÉS DE LA RÉPUBLIQUE (NARN/DAPCR)? ».

En décidant dès son retour de ses congés annuels du côté de la Grèce de prendre en main l’outil de gestion des décrets et des arrêtés de nomination, le general president Mamadi DOUMBOUYA sonne la fin de la récréation.

Cependant pour des experts en administration publique qui avons regulierement dénoncé une gestion deliquescente des competences , il s’agit bien d’un séisme politicoadministratif majeur qui resulte d’un constat personnel d’un jeune président de la République hautement visionnaire qui est entrain de franchir avec sérénité et expertise la phase II de la revolution qu’il a déclenché le 21 Septembre 2021.

Comme nous l’avons analysé dans les publications précédentes, la fin de cette première phase de la Révolution  » DOUMBOUSSIENNNE » qui a atteindre ses grands résultats en matiere d’i frastructures et de lega projets a lettre en route, place désormais à la IIe phase de cette revolution qui mettra l’accent dur la moralisation de l’Etat.

L’on peut dire abreuvoir à la malgouvernance institutionnelle, au clientélisme, au favoritisme, à la corruption a grande échelle, à la courtisanberie, à la démagogie et toute autre deviance institutionnelle qui gagrene notre Etat.
La IIIe phase de cette revolution dans quelques années correspondra a la création de grande richesse et au partage équitable dans une Guinee absolument émergente qui régnera sur toit de l’Afruque au Sud du SAHARA.

Avec cette décision qui était du moins très attendue par les experts guinéens le Général president Mamadi DOUMBOUYA force encore une fois mon admiration d’expert pour avoir long temps dénoncé les risques systemiques de cette derive institutionnelle qui compromettait deja kes efforts colossaux de cette premiere phase de la Revolution guineenne.
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Ce geste, perçu par les observateurs comme un acte de salut public, traduit une prise de conscience lucide au plus haut sommet de l’État car tout le monde le sait que depuis des decennies « l’appareil administratif guinéen souffre d’un mal profond qui entrave sa modernisation et fragilise la mise en œuvre des grandes politiques publiques. ».

En effet, ​une analyse sociologique rigoureuse de l’actuel Outil de Gestion des Décrets et Arrêtés de Nomination en Guinée (OGDANG) révèle une réalité préoccupante.

Depuis plusieurs décennies et à travers les régimes successifs, cet outil s’est dégradé en un mécanisme de capture de rentes institutionnelles.

Autour des chefs s’agitent des cercles d’intérêts et d’influences structurés, fonctionnant comme des syndicats de coterie.

Ces réseaux d’acteurs de l’ombre ont progressivement et depuis des decennies avec les regimes successifs, confisqué la chaîne de décision pour se partager les postes clés de la République.

​Ce système clientéliste, fondé sur la cooptation, le copinage et l’alignement ethnique ou géopolitique informel, étouffe les vrais talents nationalistes.

Il crée un sentiment d’injustice généralisé tout en maintenant le Chef de l’État dans une forme d’asymétrie d’information:  » les propositions qui lui sont soumises sont trop souvent calibrées pour servir des agendas factionnels plutôt que l’intérêt général. ».

​■ I- LA MAL-GOUVERNANCE TECHNOCRATIQUE, QUAND LE PLUS SOUVENT LE DIPLÔME TECHNIQUE MASQUE L’INCOMPÉTENCE MANAGÉRIALE.

​Au-delà des dérives clientélistes, l’administration publique guinéenne fait face à une erreur conceptuelle dramatique, c’est: « la confusion systématique entre le titre académique et l’aptitude managériale. ».

​Historiquement, les nominations aux postes d’encadrement stratégique (Secrétaires Généraux, Directeurs Nationaux, Directeurs Généraux, Chefs de Division et de Section) se font sur la base de diplômes universitaires ou de parcours techniques sectoriels.

Or, être un médecin émérite, un juriste hors pair ou un ingénieur de talent ne confère aucunement, de manière innée, les compétences requises pour piloter des hommes, gérer des budgets publics complexes, fixer des indicateurs de performance ou conduire une transformation organisationnelle.

​Cette inadéquation structurelle entre le profil normatif et le poste occupé génère des effets multiplicateurs dévastateurs sur la performance globale de l’État:

● Une paralysie décisionnelle, faute de culture managériale, de nombreux promus gèrent leurs départements par l’empirisme, l’hésitation ou l’autoritarisme. ».
● ​Une démotivation du capital humainavec des cadres de carrière performants qui sont subordonnés à des managers improvisés, entraînant la fuite des cerveaux internes et l’inertie des services.
● ​Le gaspillage des ressources publiques par l’absence de maîtrise des outils de planification stratégique et d’évaluation financière qui conduit à une inefficacité chronique des programmes gouvernementaux.

■ II- ​LA LEÇON DES DRAGONS D’ASIE ET L’EXEMPLE INCONTOURNABLE DE SINGAPOUR.

​Pour sortir de cette impasse, la Guinée doit porter son regard vers les modèles qui ont réussi la transformation fulgurante de leur administration publique .

Les « Dragons d’acier » asiatiques notamment la Chine, la Corée du Sud et tout particulièrement le Singapour qui ont fondé leur essor économique sur la création d’un État méritocratique, hyper-performant et rigoureusement normé.

​À Singapour, l’accès aux fonctions de direction publique ne repose ni sur le patronage politique, ni sur la simple détention d’un diplôme académique.

La règle y est d’une simplicité absolue:  » nul ne peut occuper une position managériale dans l’appareil d’État sans détenir une certification formelle en management public. ».

​Cette exigence s’applique de manière universelle du sommet de la hiérarchie (Top Managers, Secrétaires Généraux, Directeurs Généraux…) jusqu’aux échelons intermédiaires (Chefs de Division et Chefs de Section…).

​Lorsqu’un cadre technique est pressenti pour un poste de direction en raison de son expertise métier, sa prise de fonction effective est subordonnée à la validation préalable de sa certification managériale.

​C’est cette démarche d’évaluation scientifique et continue qui a permis à Singapour de garantir une égalité d’accès aux charges publiques, de préserver l’équilibre social et de bâtir l’une des administrations les plus efficaces de la planète.

​■ III- LA TRAJECTOIRE DE LA RUPTURE ET INSTAURATION DE LA NOUVELLE APPROCHE RECTIFICATIVE DE NOMINATIONS PAR DÉCRETS ET ARRÊTÉS AUX POSTES CLÉS DE LA RÉPUBLIQUE (NARN/DAPCR). »

​Pour concrétiser la volonté du Général Mamadi Doumbouya de réinventer le processus décisionnel, il est impératif d’abandonner définitivement L’Outil actuel de Gestion des Décrets et Arrêtés de Nomination (OGDAN) et d’instaurer la Nouvelle Approche Rectificative de Nominations par Décrets et Arrêtés aux Postes Clés de la République (NARN/DAPCR).

​La NARN/DAPCR pourrait reposer sur une architecture rénovée articulée autour de trois piliers fondamentaux :
●- ​1. La Standardisation des Fiches de Postes et Critères d’Éligibilité ( SFPCE) en faisant en sorte que chaque poste clé de la République fasse l’objet d’une cartographie stricte détaillant les compétences techniques, les aptitudes managériales et l’expérience minimale requises.

●- ​2. Le Parcours Obligatoire de Certification Managériale( POCM). Ce sera a l’instar du modèle singapourien où, la nomination à un poste de responsabilité publique exige le passage par un cycle d’évaluation et de formation managériale intensif, sanctionné par un brevet d’État.

●- ​3. Le Fichier Électronique National des Compétences (FENAC-Guinée).Ce sera le cœur technologique de la NARN/DAPCR.

Ce fichier électronique moderne regroupera l’ensemble des profils certifiés de la Guinée (de l’intérieur comme de la diaspora).

​Grâce à cette interface digitale sécurisée, le Président de la République peut, en un clic, vérifier en temps réel :
▪︎ ​L’adéquation exacte entre le profil proposé et les exigences du poste.
▪︎ ​La validité des certifications du candidat.
▪︎ ​L’absence de conflits d’intérêts et l’historique d’évaluation du cadre.
▪︎ ​L’équilibre régional et l’inclusion des compétences sur l’ensemble du territoire national.

​Cet outil remet le Chef de l’État au centre du jeu décisionnel en neutralisant définitivement la capacité de nuisance des cercles d’intérêts et d’influence.

​■- IV : SAUVER L’ÉTAT PAR L’INGÉNIERIE DES COMPÉTENCES.

​La dénonciation des dérives de l’appareil de nomination par le Chef de l’État lui même est une opportunité historique qu’il ne faut pas laisser s’évaporer.

Le constat est posé ; la solution exige une audace institutionnelle car, en remplaçant l’OGDANG par la NARN/DAPCR, la Guinée poserait les fondations d’un État moderne, débarrassé du poison du clientélisme, du népotisme et de l’improvisation managériale.

Il ne s’agit plus seulement de nommer des hommes et des femmes à des fonctions, mais d’adapter l’ingénierie d’État aux exigences du XXIᵉ siècle.

​C’est à ce prix, et à ce prix seulement, que le mérite redeviendra l’unique ascenseur social au sein de l’administration, garantissant à la Guinée une gouvernance à la hauteur de ses ambitions de développement et de souveraineté avec l’ambitieux programle SIMANDOU 2040 .

Aimé Stéphane MANSARÉ
Sociologue.
Expert-Consultant en Sciences Sociales du Développement.
Directeur Général du CERFOP
Président du Conseil d’Administration de l’IPCJ-Guinée

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