L’Église anglicane de Guinée est en deuil. Monseigneur Albert David Guillaume Gomez, évêque émérite, s’est éteint dans la nuit de dimanche à lundi à Dakar, au Sénégal, où il était soigné pour une maladie. Il avait dépassé les 90 ans.
La nouvelle du décès a été confirmée par Édouard Sagno, chef de cabinet du Secrétariat général des Affaires religieuses, qui précise avoir été informé directement par le successeur de l’évêque à la tête du diocèse. La Cathédrale Toussaint de Conakry a de son côté relayé l’annonce auprès des fidèles.
Au-delà de son ministère religieux, Monseigneur Gomez restera dans l’histoire institutionnelle guinéenne comme l’un des artisans de la sortie de crise de la fin des années 2000.
En 2007, il s’était engagé aux côtés d’autres personnalités dans la médiation du conflit social qui opposait le pouvoir du général Lansana Conté aux syndicats, mouvement alors porté par Dr Ibrahima Fofana et Hadja Rabiatou Sérah Diallo, tous deux aujourd’hui disparus.
Cette implication lui avait valu d’être appelé, quelques années plus tard, à occuper les fonctions de premier vice-président du Conseil national de la transition (CNT), organe dirigé par le général Sékouba Konaté et chargé de conduire le pays vers un retour à l’ordre constitutionnel, jusqu’à l’installation de la nouvelle Assemblée nationale sous la présidence d’Alpha Condé.
À ce poste, il avait pris part aux travaux ayant abouti à la Constitution de 2010, présentée à l’époque comme l’aboutissement de larges concertations politiques et sociales et comme l’un des acquis majeurs de la transition.
« Le Secrétariat général des Affaires religieuses et l’Église anglicane vont mutualiser leurs efforts afin d’organiser les obsèques de l’illustre disparu », a indiqué Édouard Sagno, précisant que des cérémonies d’hommage seraient prochainement organisées à Conakry pour permettre aux fidèles comme aux personnalités publiques de lui rendre un dernier hommage.
Avec sa disparition, c’est une trajectoire singulière, mêlant autorité spirituelle et engagement civique, qui s’achève celle d’un homme dont le rôle de médiateur et de rassembleur prend une résonance particulière alors que la Guinée traverse à nouveau une phase de transition politique.
Sékou Sylla









