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Assainissement de la fonction publique en Guinée : 6 678 agents licenciés pour irrégularités

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À la suite d’un audit numérique et administratif sans précédent, le ministère de la Modernisation de l’Administration et de la Fonction Publique a annoncé la radiation massive de plus de 6 600 fonctionnaires. Entre abandons de poste et fraudes au décès, le gouvernement tape du poing sur la table dans le cadre de la refondation de l’État.

Le couperet est tombé ce mardi 30 juin 2026 à Conakry. Par le biais d’un communiqué officiel (N°000003/MMAFP/SG/2026), le ministre de la Modernisation de l’Administration et de la Fonction Publique, Monsieur Faya François Bourouno, a acté le licenciement collectif de 6 678 agents de l’État. Cette mesure d’envergure nationale fait suite à une vérification exhaustive visant à rationaliser les effectifs des services publics guinéens.

Cette opération d’assainissement s’inscrit en droite ligne avec les réformes structurelles impulsées par le Président de la République, le Général Mamadi Doumbouya, pour restructurer les fondations institutionnelles du pays. Selon les autorités, ce grand nettoyage vise avant tout à restaurer la transparence, l’efficacité, mais surtout la moralité au sein d’une administration publique souvent décriée pour ses lourdeurs et ses dérives budgétaires.

Le succès de ce coup de balai repose sur le déploiement récent d’un nouveau système modernisé de gestion automatisée. Cet outil numérique de pointe permet désormais le suivi en temps réel du statut et de la position administrative de chaque fonctionnaire. Grâce à ce croisement de données, le ministère a pu identifier avec précision des milliers d’anomalies que les contrôles physiques traditionnels peinaient à mettre en lumière.

Les vérifications ont révélé une multitude de situations irrégulières : abandons de poste injustifiés, absences prolongées, non-déclaration de décès d’agents (permettant le maintien de « fonctionnaires fantômes ») et diverses autres situations incompatibles avec le maintien des intéressés au sein des effectifs de l’État.

L’enjeu est également financier. En traquant ces postes fictifs et les rémunérations indues, l’État guinéen compte reprendre le contrôle de sa masse salariale. Les économies ainsi réalisées devraient être réinjectées dans la revalorisation des carrières des agents actifs et dans la modernisation des infrastructures publiques.

Au-delà des chiffres, la démarche du ministre Faya François Bourouno revêt une dimension profondément éthique et managériale. Le ministère réaffirme sa volonté de rétablir une équité stricte entre les agents : il devenait intenable pour l’État de traiter de la même manière les fonctionnaires dévoués à leur poste et ceux qui brillaient par leur absence chronique.

« L’objectif est de bâtir une administration moderne, efficace, intègre et résolument tournée vers le service des citoyens, tout en mettant fin aux pratiques contraires à l’éthique », rappelle l’instance ministérielle.

En conclusion, le ministère appelle l’ensemble des agents de l’État à faire preuve de responsabilité et de professionnalisme. Pour dissuader toute tentative de réplique ou de fraude documentaire face à cette décision administrative historique, le pouvoir rappelle la sévérité des lois en vigueur : l’article 613 du code pénal guinéen prévoit des peines allant de 5 à 10 ans d’emprisonnement ferme et de lourdes amendes pour toute falsification ou contrefaçon.

Sékou Sylla 

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