Le Salon des étudiants entrepreneurs (SEE) a lancé, le 14 octobre 2025, son Programme national SEES 2025-2027. Son président, M’bemba Mamoudou Youla, y a appelé à une mobilisation collective pour faire de l’entrepreneuriat étudiant un moteur de création d’emplois.
Pouvoirs publics, entreprises, établissements de formation, partenaires financiers et médias étaient réunis pour l’occasion. Le message du président de l’ONG porteuse du projet tenait en une phrase : aucun jeune talent ne devrait rester sans soutien.
« Que devient le potentiel d’un jeune Guinéen lorsque personne ne lui donne les moyens de le transformer en entreprise ? » a lancé M’bemba Mamoudou Youla. Selon lui, l’enjeu dépasse la simple promotion de l’entrepreneuriat.
Il faut bâtir un environnement qui convertit les compétences acquises à l’école ou à l’université en activités économiques durables.
En cinq ans de terrain, de Conakry à N’Zérékoré, l’organisation dit avoir découvert une jeunesse inventive. Parmi les projets repérés figurent des pavés fabriqués à partir de déchets plastiques, des drones et des robots destinés à l’agriculture, ainsi que des vêtements confectionnés avec des tissus locaux. Ces initiatives répondent à des besoins réels.
Le recyclage du plastique contribue à l’assainissement et crée des revenus. Les outils technologiques peuvent améliorer le suivi des cultures. Les textiles locaux ouvrent des débouchés aux artisans et aux couturiers.
Pour le président, le vrai obstacle n’est pas le manque de talent. Beaucoup de porteurs de projets n’ont pas de modèle économique solide. D’autres n’ont ni équipements, ni conseils, ni premiers clients. Il pointe aussi un déficit de coordination dans l’écosystème. « L’ennemi commun, ce n’est pas un acteur. C’est la rupture entre ceux qui ont du potentiel et ceux qui pourraient leur permettre de le concrétiser », a-t-il affirmé.
Les organisateurs ont présenté le bilan des cinq premières éditions. Au total, 420 projets ont été accompagnés et 25 ont obtenu un financement.
Dix étudiants ont décroché une bourse d’études grâce au partenariat avec Keyce Academy. Les projets participants auraient par ailleurs généré plus de 400 millions de francs guinéens de chiffre d’affaires pendant quinze jours cumulés de salons.
M’bemba Mamoudou Youla a toutefois nuancé ces résultats. Un projet accompagné n’est pas forcément une entreprise solide. Un financement de départ ne garantit pas non plus la survie d’une activité.
Le programme affiche une ambition de taille : contribuer, avec l’ensemble des acteurs de l’écosystème, à la création de 10 000 à 20 000 emplois par an.
Le président l’a répété, il ne s’agit pas d’une promesse que le programme peut tenir seul. L’objectif dépendra de la viabilité des entreprises créées, de leur accès aux marchés, de la disponibilité de financements adaptés et d’un suivi rigoureux des emplois réellement générés.
Les entreprises ont été sollicitées en première ligne. Elles sont invitées à accueillir des étudiants en immersion, à leur offrir du mentorat et à leur passer leurs premières commandes. Les organisateurs souhaitent les voir devenir clientes, partenaires ou accompagnatrices techniques.
La Confédération générale des entreprises de Guinée (CGE-GUI), marraine de l’initiative, est appelée à jouer un rôle accru.
Les établissements de formation devront resserrer les liens entre enseignement et réalités du marché. L’État, les partenaires techniques et financiers et les structures d’appui sont, eux, priés d’unir leurs efforts pour faciliter l’accès aux ressources.
Aux journalistes, le président a demandé de valoriser la jeunesse tout en suivant, avec un regard critique, les engagements pris. Cela suppose de documenter aussi les échecs, les besoins de financement et les blocages d’accès au marché.
Les étudiants entrepreneurs, eux, restent responsables du développement de leurs projets.
Le défi du SEES 2025-2027 sera désormais de prouver qu’il peut consolider durablement les entreprises nées dans les écoles et universités. Accompagnement, financement, débouchés et suivi des emplois serviront de baromètres.
M’bemba Mamoudou Youla a conclu par un appel : ne plus laisser les jeunes chercher seuls des ressources qui existent parfois déjà dans l’écosystème national. Le potentiel est là, selon les organisateurs. Reste à bâtir la coopération qui lui permettra de produire des entreprises, et des emplois.
Sékou Sylla









