Sommet de l’UA : João Lourenço fustige le « blanchiment » des putschistes par les urnes

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Dans un discours mémorable marquant la fin de sa présidence à la tête de l’Union africaine (UA), le chef de l’État angolais, João Lourenço, a lancé une charge virulente contre les auteurs de coups d’État cherchant à se légitimer par des processus électoraux contestables.

Réunis dans la capitale éthiopienne pour le 39ème sommet de l’organisation panafricaine, les dirigeants du continent ont été témoins d’une prise de position ferme de la part du président sortant. João Lourenço a dénoncé avec force une tendance qu’il qualifie de « blanchiment d’un acte illégitime ».

Pour le dirigeant angolais, organiser des élections après avoir renversé un ordre constitutionnel ne peut être une issue acceptable. Selon lui, cette stratégie fragilise les fondements démocratiques du continent :

 « Cela ne peut pas devenir un nouveau moyen normal d’accéder au pouvoir, car cela reviendrait indirectement à encourager à faire des coups d’État pour, ensuite, se blanchir et rester tranquillement au pouvoir ».

Ces déclarations interviennent dans un contexte sécuritaire et politique tendu, marqué par une recrudescence des changements anticonstitutionnels en Afrique ces dernières années. Lourenço a exhorté le Conseil de Paix et de Sécurité de l’UA à ne pas faiblir face à ces manœuvres.

Le président angolais, dont le mandat à la tête de l’UA en 2025 a été focalisé sur la médiation et la paix, a réitéré le principe de « tolérance zéro » de l’institution face aux ruptures démocratiques.

Ce sommet d’Addis-Abeba a également marqué une transition institutionnelle majeure. L’Angola a officiellement passé le relais de la présidence tournante de l’Union africaine au Burundi, qui devra assumer la direction de l’organisation pour l’année 2026.

Alors que le nouveau président de l’UA prend ses fonctions, les paroles de João Lourenço résonnent comme un avertissement pour les régimes de transition sur le continent : le suffrage universel ne doit pas servir de vernis à l’usurpation du pouvoir par la force.

Ibrahima Cissoko, depuis Dakar