Malgré une pluie battante qui s’est abattue sur la capitale guinéenne ce vendredi, la Maison de la Presse a fait salle comble pour le grand oral de la startup CheepChat. Devant un parterre de journalistes, de proches et d’anciens camarades d’études, le PDG Alhassane Diallo et son équipe dirigeante ont officiellement lancé leur campagne de soutien international. L’ambition affichée est claire : propulser cette innovation née en Guinée au rang de référence technologique mondiale.

L’ambiance était électrique ce vendredi à la Maison de la Presse. Ni les intempéries majeures ni les difficultés de circulation n’ont découragé le public : professionnels des médias, parents, alliés de la première heure et étudiants se sont massés pour écouter la direction de CheepChat développer son thème stratégique : « CheepChat : bâtir une nouvelle génération de réseau social mondial, où l’attention, la communauté et l’innovation créent davantage de valeur pour les utilisateurs. »
Devant une assistance particulièrement attentive, le jeune président-directeur général, M. Alhassane Diallo, a retracé la trajectoire hors norme de sa plateforme, dont l’aventure a débuté sur les bancs de l’école, en classe de 12ème année.
« C’est lui qui a proposé de créer un réseau social réunissant les meilleures fonctionnalités des technologies d’aujourd’hui. J’ai immédiatement accepté cette vision », a rappelé le conférencier, rendant un hommage appuyé à son frère jumeau présent dans la salle.
L’ingéniosité des deux frères a rapidement été consolidée par une cellule familiale solide. Le jeune patron a tenu à saluer le soutien de leur père, qui leur a « toujours appris l’autonomie depuis le collège » en mettant à leur disposition les outils de base : une moto et un ordinateur. Pendant ce temps, le frère jumeau « achetait régulièrement la connexion Internet » pour permettre la recherche et le codage. Le premier grand déclic grand public s’est produit en classe de Terminale, à la suite d’un message audacieux envoyé au créateur de contenu Sopralpha, qui a accepté de placer le projet sous les projecteurs de son émission.
Le baccalauréat en poche, face à une orientation universitaire qui ne correspondait pas à ses aspirations, le fondateur fait un choix stratégique fort : suspendre ses études pendant un an pour finaliser la plateforme. S’en est suivie une chaîne de solidarité locale remarquable. Un média, l’Université de Labé via Monsieur Abdoulaye, puis le ministère des Postes, des Télécommunications et de l’Économie Numérique qui lui a offert un ordinateur lors d’un déplacement à Fria ont successivement propulsé la jeune pousse. Plus récemment, c’est la structure Nimba Hub qui a structuré le projet grâce à des programmes de formation intensifs.
Après un départ pour la France en décembre dernier, les étapes se sont accélérées : lancement de la version bêta, suivi en janvier de la version commerciale. Le succès est immédiat.
« Aujourd’hui, CheepChat rassemble plus de 130 000 utilisateurs. Ce chiffre ne représente pas seulement une communauté. Il représente des milliers de personnes qui ont cru en un projet né d’un rêve de lycéen, construit avec très peu de moyens, mais avec énormément de détermination », s’est félicité le conférencier sous les applaudissements nourris de l’assistance.
Au-delà de l’historique de l’application, cette conférence de presse a donné lieu à des moments de partage intimes et techniques, mettant en lumière l’équipe de l’ombre. Prenant la parole pour présenter ses collaborateurs, M. Alhassane Diallo a fait une vibrante déclaration sur l’ADN technique de son entreprise, basée sur la passion plutôt que sur les parcours académiques imposés :
« Souvent, dans mon équipe, on n’est que des autodidactes. Pourquoi des autodidactes ? Parce que moi je me dis, les autodidactes, ce sont les passionnés. Ce ne sont pas des gens ici qui ont été orientés dans une filière et se retrouvent dans un environnement juste parce qu’ils n’ont pas le choix, maintenant ils sont obligés d’étudier. Donc les autodidactes, ils sont partis d’une passion pour… voilà, pour réaliser leur rêve. »
Joignant le geste à la parole, le PDG a invité sur scène l’un de ses développeurs clés, M. Baldé Mohamed Moctar. Ce dernier, témoignant de son intégration, a confirmé cette synergie de longue date : « Ça fait longtemps qu’on s’entraînait avant même d’intégrer l’équipe de CheepChat, parce qu’à la base, moi aussi, je suis passionné par l’informatique en gros. (…) Finalement, il m’a invité à rejoindre CheepChat. »
Cette culture de la ténacité a également été saluée par les proches du fondateur présents dans la salle. Un intervenant de la première heure a rappelé l’audace initiale du projet, à une époque où l’idée semblait surréaliste : « C’est comme si, un beau matin, quelqu’un vous disait qu’il allait caresser le ciel pour vous, sans explication. » Il a salué un chef d’entreprise « acharné » qui « a bossé dur pour être là », qualifiant cette réussite de « fierté pour la Guinée, une fierté pour l’Afrique ».
Pour l’équipe dirigeante, cette croissance exponentielle implique désormais des défis techniques colossaux. Gérer la maintenance, sécuriser les données mondiales et stabiliser les serveurs d’une telle communauté exige des investissements majeurs. C’est tout le sens de la campagne officielle de soutien financier lancée ce vendredi.
En conclusion de son intervention, M. Alhassane Diallo a réaffirmé sa foi dans le génie technologique du continent :
« Nous croyons profondément que les plus grandes innovations peuvent naître ici, en Afrique, et rayonner dans le monde entier. En soutenant CheepChat, vous ne financez pas seulement une application. Vous participez à la construction d’un projet porté par sa communauté. »
Après avoir chaleureusement remercié le public pour son attention, le pool managérial s’est prêté au traditionnel jeu des questions-réponses avec les nombreux journalistes présents, bien décidés à scruter les prochaines étapes de ce nouveau géant en devenir, dont l’histoire retiendra « qu’un jeune Guinéen a mis en place un réseau social qui a fait la concurrence dans le monde entier ».
Minkael BARRY









