La grève générale illimitée des travailleurs de l’ANAIM à Kamsar a débuté ce mardi 27 octobre 2026. La tension a franchi un seuil critique dans la zone minière. Les travailleurs de l’Agence Nationale d’Aménagement des Infrastructures Minières ont mis leur menace à exécution. Le débrayage frappe de plein fouet des services vitaux. L’hôpital de l’ANAIM est paralysé. La coordination locale de l’agence l’est aussi.


Le secrétaire général du syndicat des travailleurs de l’ANAIM à Kamsar, Ibrahima Sy, désigne un seul et unique responsable : la direction générale. Il dénonce le non-respect répété de ses engagements. Ces accords avaient pourtant été formellement consignés dans un procès-verbal signé le 9 septembre 2026. Ce document est resté lettre morte.
Les avertissements n’ont pas manqué. Dès le 21 octobre, la section syndicale avait adressé un avis de grève sans équivoque au Directeur Général, Aly Damalaye Condé. Elle sommait de traiter ces dossiers en urgence. Cet avis est resté sans réponse satisfaisante.
Quatre revendications majeures sont au cœur de ce bras de fer. Les employés exigent la clarification urgente du régime d’épargne. Ils réclament le paiement intégral et sans délai des pensions des agents partis à la retraite en 2025. Ils demandent la régularisation de leurs droits auprès de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS). Ils veulent enfin la résolution du dossier de la retraite complémentaire gérée par la compagnie ACTIVA.


Les grévistes agissent dans un cadre légal. Les représentants des travailleurs invoquent l’article 20 de la Convention collective des mines et carrières, industries chimiques et assimilées de Guinée. Ils s’appuient sur ce texte pour suspendre leurs activités.
Selon nos sources, la fracture est désormais béante entre la base syndicale et le sommet de l’institution. Plusieurs agents rapportent un climat de travail profondément dégradé. Ils pointent la détérioration des services et l’accumulation des promesses non tenues.
Toujours selon nos sources, l’exaspération du personnel est d’autant plus vive que cette crise survient dans un contexte déjà lourd. Des médias d’investigation ont récemment alerté sur des chantiers inachevés. Ils ont aussi dénoncé l’abandon d’infrastructures phares de la région.
Face à cette paralysie, le Directeur Général Aly Damalaye Condé reste muet. Ce silence persiste malgré la gravité de la situation. Il persiste aussi malgré les dénonciations répétées de la presse. Il alimente la colère des grévistes.
Plus grave encore, des structures d’intérêt public sont à l’arrêt. Les patients et les populations de Kamsar en subissent les conséquences.

À cette heure, aucune négociation n’est engagée. Aucune perspective de dénouement ne se dessine à Kamsar.
Collectif des Journalistes contre l’Impunité









