Animateur, maître de cérémonie et ancien responsable de la communication chez Cellcom Guinée, Aboubacar Diallo, dit Séné Diallo, s’est éteint ce lundi vers 1 heure du matin, des suites d’une courte maladie de quatre jours.
La presse et le monde culturel guinéens sont en deuil. Figure familière des ondes et des grandes cérémonies du pays, Séné Diallo laisse un vide immense dans les médias comme dans la culture guinéenne.
Journaliste reporter à l’époque, je l’ai connu bien avant l’arrivée des radios privées en Guinée. Nous étions en décembre 2005, à la veille des élections communales et communautaires, un scrutin marqué par une innovation majeure : l’introduction des urnes transparentes et du bulletin unique, en rupture totale avec les anciennes caisses en bois et les multiples bulletins par candidat.
Il fallait expliquer cette réforme aux populations, de Conakry jusqu’à Coyah. Ma rédaction m’avait désigné pour couvrir cette tournée pédagogique à travers les cinq communes de la capitale et la préfecture de Coyah. Partout où nous sommes passés, Séné Diallo assurait la présentation. Pas à pas, il guidait les citoyens dans l’apprentissage de ce nouveau mode de vote.
C’est là que j’ai découvert un géant du micro. Il maniait la langue de Molière avec une aisance remarquable, sans le moindre tâtonnement, et savait captiver son auditoire comme imposer naturellement sa voix.
Ce qui m’a frappé tout autant, c’est sa joie de vivre. Durant toute cette tournée, à aucun moment l’homme ne s’est départi de sa bonne humeur. Il rigolait, plaisantait, faisait de l’humour et n’hésitait pas à se moquer, gentiment, de ceux qui l’entouraient. Sa verve et son rire contagieux rendaient les longues journées de terrain plus légères, et mettaient les populations à l’aise face à un exercice pourtant nouveau pour elles.
Quand les premières radios privées ont vu le jour en 2006, j’ai eu le plaisir de retrouver cette même voix sur les ondes de Nostalgie Guinée.
Pendant plus de deux décennies, Séné Diallo a marqué la presse guinéenne de son timbre puissant et captivant.
Au-delà du professionnel, ceux qui l’ont côtoyé retiennent un homme qui incarnait la joie de vivre, d’une sympathie contagieuse. Sa bonne humeur et son sens du contact faisaient de lui un compagnon apprécié, dans les studios comme sur les scènes de cérémonie.
La rédaction de leverificateur.net adresse ses condoléances les plus émues à sa famille biologique, à ses proches et à toute la grande famille de la presse guinéenne.
Minkael BARRY









