CRIEF : L’interrogatoire de Kassory Fofana interrompu après une irrégularité documentaire

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La justice guinéenne a franchi ce lundi un pas inédit dans le dossier qui secoue l’ancien Premier ministre Ibrahima Kassory Fofana. La Chambre des appels de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) s’est transportée au sein de l’établissement hospitalier où est hospitalisé l’ex-chef du gouvernement, poursuivi pour détournement de deniers publics, enrichissement illicite et blanchiment de capitaux.

La séance a tourné court dès les premières heures. Alors que le ministère public s’apprêtait à soumettre Kassory Fofana à un nouvel interrogatoire, la défense a soulevé une irrégularité de taille : une pièce invoquée par l’accusation n’aurait, selon elle, jamais été officiellement versée au dossier de la procédure.

L’ancien Premier ministre lui-même a tenu à le signaler devant les magistrats, contraignant la Cour à suspendre immédiatement les débats.

Soucieuse de préserver les droits de toutes les parties et de garantir le respect du principe du contradictoire, la juridiction a décidé de renvoyer l’affaire afin que le document litigieux soit régulièrement communiqué à la défense, à la partie civile et au parquet, avant toute reprise des interrogatoires.

Pour le conseil de l’ancien Premier ministre, cette audience revêt une double portée symbolique et juridique.

L’avocat a tenu à souligner le caractère exemplaire de la démarche des magistrats, qui ont choisi de se déplacer plutôt que de contraindre un prévenu dont l’état de santé ne lui permet pas de comparaître dans les conditions ordinaires.

Au-delà du geste, la défense y voit surtout l’occasion de remettre à plat l’ensemble du dossier.

Plusieurs pièces  dont certains éléments du rapport d’audit  n’auraient, selon elle, jamais fait l’objet d’un débat contradictoire. Le renvoi de l’affaire ouvrirait ainsi la voie à une procédure plus transparente, permettant aux avocats d’examiner l’intégralité des éléments à charge avant de prendre position.

Sans se prononcer sur le fond ni sur la teneur des déclarations de l’ancien Premier ministre, la partie civile a pour sa part insisté sur la nécessité d’une communication préalable et complète du document controversé.

L’un de ses représentants a néanmoins reconnu que le déplacement de la Cour constitue un acte utile, susceptible d’offrir aux juges une meilleure appréciation des faits et de favoriser un jugement rendu en pleine connaissance de cause.

Ce n’est pas la première fois que ce dossier est renvoyé à une date ultérieure. Lors de la précédente audience, tenue le 7 mai, la Cour avait déjà reporté les débats au jeudi 14 mai prochain. À cette échéance, les magistrats devraient arrêter un nouveau calendrier pour la poursuite de l’interrogatoire de l’ancien chef du gouvernement, dont l’affaire continue de tenir en haleine l’opinion judiciaire guinéenne.

Sékou Sylla 

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