La Guinée dispose désormais de sa première raffinerie d’or. Le président Mamadi Doumbouya l’a inaugurée dimanche 1er novembre 2026. Baptisée Nimba Gold Refinery (NGR), elle est installée à la Cité de l’Air, dans la commune de Gbessia. Cette inauguration intervient quelques mois après l’annonce de l’interdiction d’exporter l’or brut.

L’entrée en service de la raffinerie avait été annoncée en juin. À cette date, le chef de l’État avait posé deux règles. L’exportation d’or brut est interdite. Le raffinage doit se faire sur le territoire national.
Le ministre des Mines et de la Géologie, Bouna Sylla, a rappelé le contexte. Pendant des siècles, la Guinée a vendu son or sans le transformer. Selon lui, le pays ne profitait donc que d’une partie de la richesse. « Cette époque est révolue », a-t-il affirmé.
Moussa Magassouba a parlé au nom de la direction et du personnel de la NGR. Il a donné les chiffres de l’installation. Sa capacité de raffinage atteint 733 tonnes par an. À 50 % de cette capacité, elle pourrait générer 4,5 milliards de dollars américains par an.
Le projet repose sur le Code minier. Les articles 22, 30 et 78 ont conduit l’État à lancer un appel d’offres ouvert et international. « Il n’y a pas de développement économique sans industrialisation », a déclaré M. Magassouba.
La direction affiche plusieurs ambitions :
– créer des emplois qualifiés et durables ;
– former les jeunes Guinéens aux métiers techniques ;
– améliorer la traçabilité de l’or ;
– nouer des partenariats sur le marché international.
La Guinée a produit environ 70 tonnes d’or l’an dernier. Les mines industrielles et semi-industrielles en ont fourni 20 tonnes. Les 50 tonnes restantes viennent de l’orpaillage artisanal informel.
Le gouvernement veut raffiner localement 30 % de la production nationale. Le ministre souhaite aussi réduire la part de l’artisanal. Il veut favoriser les exploitations industrielles et semi-industrielles.
Mais le contrôle reste un défi. Selon Oumar Totiya Barry, de l’Observatoire guinéen des mines et des métaux, une partie de l’or artisanal sort du pays. Elle passe notamment par le Mali avant d’être exportée.
L’État a prévu une autre mesure. Conformément au Code minier, il peut acheter en francs guinéens jusqu’à 30 % de la production des sociétés aurifères industrielles et semi-industrielles. Selon le ministre, cela doit renforcer les réserves en devises de la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG). Il doit aussi soutenir la stabilité macroéconomique.
La NGR est présentée comme la première d’une série. D’autres infrastructures du même type doivent voir le jour dans les prochains mois. Trois projets de raffineries d’alumine sont déjà en construction.
Cette politique s’inscrit dans le programme Simandou 2040. Il place la transformation locale au cœur du développement économique. Le Burkina Faso a suivi la même voie en septembre avec sa propre raffinerie.
La Guinée est aussi l’un des principaux producteurs mondiaux de bauxite. Son sous-sol contient également du fer, des diamants et de l’uranium. Les autorités veulent en faire un pôle régional de transformation des ressources minières.
Oumou Baillo Diallo









