Poursuivi pour un présumé détournement de 78 milliards de francs guinéens, l’ancien Directeur Général de l’Office guinéen de publicité (OGP), Mandian Sidibé, s’est défendu ce vendredi devant la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF).
Devant les juges, l’ancien dirigeant a rejeté l’ensemble des accusations portées contre lui. Il a dénoncé une cabale politique et a mis en cause la gestion du Conseil d’Administration.
À la barre, Mandian Sidibé a qualifié d’« inventé » le montant de 78 milliards de francs guinéens retenu par l’accusation. Il a rappelé que sa gestion a généré 108 milliards de francs guinéens de recettes entre 2022 et 2024. Selon lui, les inspecteurs n’avaient identifié que 22 milliards de francs guinéens à justifier.
L’ancien responsable a aussi justifié ses difficultés à fournir des preuves comptables. Il a expliqué que le siège de l’OGP a été endommagé lors de l’explosion du dépôt d’hydrocarbures de Kaloum.
Après son limogeage en décembre 2025, son successeur a déplacé les dossiers et le serveur informatique. Depuis cet épisode, la quasi-totalité des archives demeure introuvable.
Interrogé sur ses revenus, Mandian Sidibé a confirmé qu’il percevait un salaire de 75 millions de francs guinéens. Il recevait aussi 30 millions pour le carburant et une enveloppe forfaitaire de 100 millions. Il a précisé que ces avantages avaient été validés par le Conseil d’Administration.
L’ex-directeur est également revenu sur la pratique des « fonds de caisse ». Il affirme avoir remboursé les 100 millions perçus à son arrivée avant d’exiger l’arrêt de cette prime.
Selon ses propos, le président du Conseil d’Administration a refusé de supprimer cet avantage pour les membres, réduisant seulement le montant à 50 millions de francs guinéens. Enfin, il a accusé le conseil d’avoir falsifié le rapport final de l’Inspection Générale d’État.
Le moment fort de l’audience a concerné la hausse des effectifs au sein de l’entreprise. Mandian Sidibé a publiquement mis en cause le Président du Conseil d’Administration (PCA), Thierno Mamadou Bah. Il a dénoncé le double jeu de sa hiérarchie sur la question des embauches.
« Au moment où le président du conseil d’administration déclarait publiquement que les recrutements étaient interdits, en privé, il m’imposait des recrutements. Il n’était pas le seul, les autres membres en faisaient autant », a affirmé l’ancien Directeur Général.
Mandian Sidibé a conclu sa déposition en se disant victime de la jalousie de ses détracteurs. Les débats se poursuivent à la CRIEF avec les questions du tribunal, du ministère public et des avocats.









