Le magistrat Algassimou Diallo, personnalité marquante de la justice guinéenne, fait l’objet depuis ce mercredi 19 août 2026 d’une interdiction de sortie du territoire national.

La mesure a été ordonnée par le Procureur général près la Cour d’Appel de Conakry, Fallou Doumbouya, dans une correspondance adressée au Directeur Général de la Police Nationale. Le document, consulté par notre rédaction, exige une exécution « sans délai » et une surveillance stricte de l’ensemble des points de contrôle frontaliers terrestres, aériens et maritimes. Le communiqué ne précise à ce stade aucun motif justifiant cette décision.

Le nom d’Algassimou Diallo n’est pas anodin dans le paysage judiciaire guinéen. C’est en tant que procureur de la République près le tribunal de première instance de Dixinn qu’il s’est fait connaître du grand public, en portant l’accusation contre Moussa Dadis Camara et ses co-accusés dans le procès du massacre du 28 septembre 2009. Un dossier judiciaire sans précédent en Afrique, suivi de près par la Communauté internationale et la Cour Pénale Internationale.
Réputé pour sa rigueur et sa fermeté dans ses réquisitions il avait notamment requis la réclusion criminelle à perpétuité contre plusieurs des principaux accusés le magistrat s’est imposé comme l’un des visages les plus emblématiques de ce procès fleuve, aux côtés du juge Ibrahima Sory II Tounkara.
Après la clôture du procès, sa carrière a connu une trajectoire particulièrement mouvementée :1er novembre 2025 : promu Procureur général près la Cour d’appel de Kankan ;
– 18 décembre 2025, soit à peine un mois et demi plus tard : rétrogradé au poste de Procureur de la République près le tribunal de première instance de N’Zérékoré ;
– 3 février 2026 : nommé Avocat général près la Cour suprême, la plus haute juridiction du pays.
Ce parcours en dents de scie, entre promotions rapides et rétrogradation surprise, avait déjà suscité des interrogations dans les milieux judiciaires et médiatiques guinéens quant aux logiques présidant à ces mouvements au sein de la magistrature.
L’interdiction de sortie du territoire visant un magistrat de ce rang et ancien acteur central d’un procès salué comme une avancée pour l’État de droit en Guinée ne manquera pas d’alimenter les commentaires.
Sékou Sylla









