Pas un mot, mais un geste. Ce vendredi 2 octobre, jour du 68e anniversaire de l’indépendance guinéenne, le général Mamadi Doumbouya s’est rendu à la Place des Martyrs, dans la capitale, pour rendre hommage à ceux qui sont tombés pour la souveraineté du pays. Le chef de l’État n’a prononcé aucune déclaration publique.
Pas un mot, mais un geste. Ce vendredi 2 octobre, à l’occasion du 68e anniversaire de l’indépendance de la Guinée, le général Mamadi Doumbouya s’est rendu à la Place des Martyrs pour rendre hommage à ceux qui sont tombés pour la souveraineté du pays. Le chef de l’État n’a prononcé aucune déclaration publique.
Habillé de blanc, le président est arrivé à l’aube de la matinée sur les lieux, en compagnie de la première dame et de plusieurs membres de l’exécutif. Au pied du monument, il a déposé une gerbe, puis observé un instant de recueillement, la tête inclinée. La séquence achevée, il a repris le chemin de sa résidence officielle, sans s’adresser à la presse ni à l’assistance.
Cette sobriété tranche avec le caractère habituellement solennel d’une journée nationale, souvent ponctuée d’allocutions. Elle confère à la commémoration une tonalité résolument mémorielle, centrée sur le recueillement plutôt que sur le discours.
La date renvoie à l’un des épisodes majeurs de l’histoire de la décolonisation africaine. Le 2 octobre 1958, la Guinée rejetait par référendum le projet de Communauté française défendu par le général de Gaulle, et proclamait dans la foulée son indépendance.
Elle devenait ainsi la première colonie française d’Afrique subsaharienne à rompre immédiatement avec la tutelle de Paris, à une époque où la plupart des territoires voisins privilégiaient une autonomie progressive au sein de l’ensemble français.
Soixante-huit ans après, les autorités continuent de faire de cet événement un marqueur de l’identité nationale. En honorant les martyrs, elles réaffirment leur attachement aux valeurs de liberté, d’unité et de dignité associées à ce « Non » historique.
Le rituel du dépôt de gerbe, reconduit chaque année, s’inscrit dans cette continuité. Cette fois, il s’est déroulé dans le silence, laissant au seul symbole le soin de parler.
Oumou Baillo Diallo









