Devoir de mémoire: un juriste guinéen rend hommage à Cheick Anta Diop (L’IMPÉRATIF D’ENSEIGNER SES OEUVRES À L’UNIVERSITÉ)

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IMPÉRATIF D’ENSEIGNER CHEICK ANTA DIOP À L’ÉCOLE, DU PRIMAIRE À L’UNIVERSITÉ! 
Le 7 février 1986, l’Afrique perdait le plus illustre représentant de sa conscience culturelle. Il n’est aucunement exagéré de postuler d’entrée de jeu, qu’à la lumière de ses réalisations au niveau scientifique, sa contribution à la manifestation de la vérité sur l’histoire de l’Égypte antique et de ses habitants, Cheick Anta Diop est incontestablement le plus crédible et le plus célèbre des égyptologues que la planète ait connues. Le savant Sénégalais est également le vainqueur du plus grand événement scientifique de l’Histoire de l’humanité : le colloque du Caire.
Le présent exposé se penche sur cet événement scientifique, en hommage au professeur Diop. Du 28 janvier au 3 février 1974, l’UNESCO dépêche au Caire, les meilleurs égyptologues dont dispose la communauté scientifique, majoritairement des savants venus de l’Occident, à savoir entre-autres, l’américaine Gordon-Jacket, les français Nicolas Blanc, Jean Devisse, Jean Leclant, Serge Sauneron, l’allemand Werner Kaiser, le suédois Torgny Säve-Söderbergh, dont la plupart était viscéralement opposée aux thèses défendues par Cheick Anta Diop, de l’Université de Dakar et Théophile Obenga, de l’Université Mariem N’Gouabi de Brazzaville.
Le nombre des participants se résume en vingt spécialistes, cinq observateurs et deux représentants de l’UNESCO, originaires de quatorze pays différents. Cheick Anta Diop propose qu’en cas de victoire de sa thèse, que les manuels d’enseignement soient revus, corrigés, sinon changés carrément, afin de coller le passé de l’Égypte à la réalité historique et historiographique. Cette quête de réforme revenait à exiger des égyptologues, une rétractation de leurs hérésies eurocentriques et/ou ethnocentriques, perçue par beaucoup d’entre-eux, comme une sollicitation à un suicide intellectuel et moral pour l’intelligentsia occidentale.
Intitulé du colloque : Le Peuplement de l’Égypte ancienne et le déchiffrement de l’écriture méroïtique
L’UNESCO invite les savants à inventorier les souches anthropologique, l’examen des restes humains laissés dans les tombes afin de déterminer par les méthodes scientifiques les plus pointues connues, le type ethnique auquel appartenaient les égyptiens.
Il leur ait soumis de réfléchir sur les souches iconographiques, à savoir la façon dont les égyptiens eux-mêmes se représentent dans les tombeaux et sur les monuments, ce qui est comparés avec leurs contemporains, ainsi que les souches culturelles, c’est-à-dire, l’anthropologie culturelle, qui va des caractéristique totémiques, royales sacrées, matriarcales, des caractéristiques irréductibles et singulières qu’ont en commun les Africains et leurs ancêtres égyptiens, et que les sémites, les berbères, les indo-européens n’ont pas.
Très solennel et professoral, Cheick Anta Diop, imbu de l’autorité factuelle et de nombreux éléments de preuves, enseigne à ses pairs, ce qui suit :
« Je me suis livré personnellement à l’anthropologie physique des Égyptiens, et voici ma contribution personnelle, dans ce domaine. Une légende tenace a fait croire que les procédés de momification qui sont à base de sel, souvent, et qui contiennent aussi de butine, sont des produits qui détruisent l’épiderme; à tel enseigne qu’il ne reste plus rien. Qu’il n’est plus possible scientifiquement, d’étudier la peau des momies, pour en déduire leur ethnie. Ce point de vue est absolument erroné. Je l’affirme sur la base de mes propres investigations.
J’ai étudié les momies égyptiennes qui se trouvent au laboratoire d’anthropologie physique du musée de l’homme à Paris, qui viennent des fouilles de Mariette.
J’ai fait monter des préparations par notre laboratoire, du département des vertébrés et de physiologie de la faculté des sciences de Dakar. J’ai les préparations ici, que je mets à la disposition des participants du colloque, pour qu’on les observe au microscope et nous pouvons absolument voir le taux de mélanine sous la peau des anciens Égyptiens. Il en reste suffisamment, malgré la destruction partielle de l’épiderme; dans la région qui sépare le derme et l’épiderme, il y a des inclusions des bases des cellules des mélanocytes en quantité suffisante pour révéler un taux de mélanine absolument absent chez les races leucodermes.
J’ai voulu dès l’an dernier, appliquer cette étude aux momies royales de Ramsès II, de Séthi 1er et de Thoutmosis III. Depuis un an, j’écris au conservateur du musée du Caire, car il ne me faut pas plus d’un millimètre carré de peau, mais pris toujours dans la même région. Je n’ai pas eu ces échantillons. Par conséquent, c’est une étude facile, très facile, accessible, qu’on peut faire; voici des lames, il suffit de le mettre sous l’objectif du microscope pour voir le taux de mélanine.
Sur la base donc de mes propres investigations, jusqu’à ce que d’autres investigations viennent les contredire, j’affirme que le taux de mélanine qui est révélé au microscope, qui est la quantité résiduelle sous la peau des anciens Égyptiens est absolument incompatible avec l’idée d’une race leucoderme. Voilà un fait.
Ensuite, j’en arrive aux mensurations ostéologiques. Ce n’est pas pour rien que l’égyptologie l’a évité, bien que disposant souvent de squelettes entiers de par les ostéologies. Mais, il y a un grand savant allemand, du siècle dernier, Karl Richard Lepsius, qui avait étudié les Égyptiens sous cet angle, qui avait carrelé les Égyptiens. Ce qu’on appelle le canon de Lepsius, que tous les égyptologues connaissent.
Le Canon de Lepsius, justement, dit que l’Égyptien parfait est un négroïde. Le Canon de Lepsius qui donne les proportions du corps de l’Égyptien parfait, a les bras courts et négroïde ou négricien. Pour ceux qui parlaient donc du terme négricien, voilà l’expression de Lepsius, qui fait la mensuration ostéologique et qui trouve à être le caractère le plus permanent, justement, quand on veut distinguer un noir d’un blanc. Vous avez bien vu que les mensurations craniologiques ne permettent de distinguer tout.
Les éléments que je vous ai montrés ici, si on les étudiait sous cet angle-là, si cet individu-là n’est pas vivant, parce que, quand il est en cher et en os, on n’ose pas en faire un blanc, mais, mort, le crâne de cet individu sortirait blanchi de mensuration craniométrique. Voilà les inconvénients de la craniométrie. C’est que lorsque l’individu est vivant, vous n’osez pas en faire autre chose qu’un noir, mais, dès l’instant qu’il est mort, vous en faites un blanc. Voila les erreurs voulues de la craniométrie. Donc, c’est l’ostéologie seulement qui permet dans le meilleur des cas de distinguer un noir d’un blanc. Et, c’est ainsi surtout que l’on a distingué l’homme de Grimaldi du Cro-Magnon, qui est venu après.
Ill existe bel et bien un procédé anthropométrique touchant à l’ostéologie qui permet de distinguer le noir du blanc, et ce critère, Lepsius l’a appliqué au peuplement égyptien pharaonique et il a trouvé que les Égyptiens étaient des noirs, des négroïdes ou des négriciens. C’est la raison pour laquelle, peut-être, l’égyptologie a souvent tue les mensurations ostéologiques.
Enfin le groupe sanguin.
Les groupes sanguins, même sur les cadavres de la protohistoire, on peut encore déterminer le groupe sanguin. Par conséquent, ici, il serait extrêmement intéressant, toutes les races qui ont été étudiés, tous les restes humains qui ont été étudiés peuvent être repris sous cet angle-là, sous l’étude du groupe sanguin.
Parce que nous savons justement que le groupe sanguin A2, est celui-là qui est vraiment caractéristique du blanc, avant tout métissage. Les américains ont fait des travaux très poussés dans ce domaine-là. Alors, il faudra rechercher le groupe sanguin A2 en Égypte, parce que en attendant, l’Égypte appartient absolument, et toute l’Égypte jusqu’au Delta, l’Égypte appartient au groupe B, qui est encore le groupe de l’Afrique Occidentale.
Il y a encore un autre faisceau de preuves sur lequel il faut insister, et qu’on ne peut pas minimiser non plus. Les ancêtres des européens actuels, les latins et les grecs, qui étaient arrivés au stade de la lucidité et de la maturité, les philosophes et les savants de l’antiquité, ont tous déposé dans le même sens.
Et, ils nous ont presque unanimement tous dit que les anciens Égyptiens étaient des noirs. Et les grecs, à l’apogée de leur civilisation, qui n’avaient aucun intérêt au Vème siècle, au moment où l’Égypte avait déjà perdue son indépendance, sous les Perses, parce que c’est à cette époque que Hérodote a visité l’Égypte; les grecs n’avaient aucune raison particulière de nous dire que les Égyptiens étaient des noirs et que ce sont ces noirs qui leur ont donné tous les éléments de la civilisation.
Nous sommes pratiquement au bout du métissage égyptien. Cela faisait 3 000 ans de l’histoire, pendant lesquels les Égyptiens se métissaient, mais, malgré ce métissage intense, le peuple égyptiens était plus au moins comparable au peuple antillais. Les constances raciales n’étaient pas bouleversées. On n’avait pas l’impression d’avoir un blanc devant soi, parce que tous les témoignages de l’antiquité sont unanimes.
J’en arrive à l’époque moderne, en plein époque de l’esclavage, quand un savant français de bonne foi a visité l’Égypte. Il n’a pas pu s’empêcher de pousser un cri. Il s’agit de Constantin-François Chasseboeuf de la Giraudais, dit comte de Volney, qui a visité l’Égypte entre 1783 et 1785. Volney décrit les Coptes : (tous ont le visage bouffi, l’œil gonflé, le nez écrasé, la lèvre grosse, en un mot, un vrai visage de mulâtre.
J’étais tenté de l’attribuer au climat, lorsque ayant été visité le Sphinx, son aspect me donna le mot de l’énigme. En voyant cette tête caractérisée de noire dans tous ses traits. Je me rappelai ce passage remarquable d’Hérodote, où il dit : pour moi, j’estime que les coptes sont une colonie des égyptiens, parce qu’ils ont la peau noire et les cheveux crépus. Quel sujet de méditation que de voir la barbarie et l’ignorance actuelle des coptes, issus de l’alliance du génie profond des Égyptiens et de l’esprit brillant des grecs, de penser que cette race d’homme noir, aujourd’hui notre esclave et l’objet de nos mépris est celle-là même à qui nous devons nos arts, nos sciences jusqu’à l’usage de la parole).
Je veux insister sur le fait que l’idée que les Égyptiens étaient des noirs était une banalité jusqu’au déchiffrement des hiéroglyphes. C’est en ce moment-là, avec l’apogée de l’impérialisme, qu’il était devenu inadmissible de continuer à penser ainsi, et l’égyptologie est née au même moment. Elle a fourni en même temps qu’elle naquit, un effort de négation, pour gommer, en quelque sorte, effacer l’origine négroïde de l’Égypte. Je n’en veux pour preuve que le témoignage du frère de Jean-François Champollion-le-jeune, qui lui était un savant de bonne foi. Par contre, Jacques-Joseph Champollion-Figeac, fait partie de ces savants qui ont falsifié sciemment l’histoire, et qui ont écrit des choses qu’un vrai savant n’écrit pas.
Voici la déposition de Champollion-Figeac : (la peau noire et les cheveux crépus, ces deux qualités physiques ne suffisent pas pour caractériser la race noire et la conclusion de Volney relative à l’origine noire de l’ancienne population égyptienne est évidemment forcée et inadmissible. La science devient normative).
Qu’est-ce qui est inadmissible en science? En science, tout ce qui est prouvable est acceptable et admissible. Voici désormais ce qui existe, ce point de vue normatif, qui devient implicite, à la base de conclusions qu’il fallait. Comme si on avait honte de cette origine noire des Égyptiens, en pleine période impérialiste, il fallait la gommer. Tous les égyptologues, sur l’origine des Égyptiens n’ont jamais donné autre chose satisfaisante; je pense à Gaston Maspero, à James Henry Breasted, à toute l’égyptologie actuelle, qui élude complètement le problème.
J’en arrive aux Égyptiens vus par eux-mêmes.
On a dit que les Égyptiens ne connaissaient pas leur origine, je ne suis pas d’accord. Et voici ma raison. Les Égyptiens connaissaient parfaitement leurs origines. Ils l’ont exprimé dans leur langue, d’une façon explicite. Ainsi, (Kempf), veut dire noir, en égyptien ancien. (Kempte), veut dire le pays noir. C’est là que vous faites la confusion, parce que Kempte, ça veut dire étymologiquement la noire, absolument. Mais, les égyptologues avaient l’habitude de dire, puisque le déterminatif qui suit, c’est le déterminatif du pays, alors noir, la noire doit s’appliquer à la terre et non pas aux hommes.
Mais, ils ne discutaient pas pour savoir pourquoi si Kempte signifie étymologiquement noir ou pas. Donc, Kempte signifie étymologiquement noir; c’est le terme le plus fort qui existe en égyptien ancien pour dire le mot noir. Les égyptologues disaient qu’il faut l’appliquer à la terre noire, et non pas aux hommes, à cause du déterminatif. Aujourd’hui par exemple, quand nous disons Afrique noire et Afrique blanche, nous parlons bien des hommes.
La position des égyptologues n’est plus défendable, lorsque le même Kempte est suivi d’un déterminatif, composé de l’homme, de la femme et des trois traits du pluriel, en ce moment-là, si on est conséquent avec soi-même, on est obligé de dire que cette fois-ci, noir s’applique nécessairement aux hommes. Si le déterminatif est le pays, je veux bien que noir s’applique au pays, mais, si le déterminatif, ce sont les hommes, c’est l’ensemble du peuple d’Égypte qui est symbolisé par l’homme et la femme. Si on raisonne selon les mêmes critères, il faut avoir le courage intellectuel de dire que ce sont des noirs. Cette racine (Kempte), a proliféré dans les langues africaines.
Kempte veut dire noir en wolof. Le mot (hum) veut dire charbonnais. Le mot (kembu), en peulh, veut dire charbon. La parenté entre l’égyptien ancien et les langues africaines est d’une évidence que l’érudition moderne n’a pas la possibilité d’écarter. Ce n’est pas une hypothèse de travail, c’est un fait, parce que c’est une parenté de caractère généalogique. J’affirme, et à vous de le vérifier, que le mot (Kef) veut dire en égyptien ancien, capturer, saisir sa proie; le même mot (Kef) veut dire en wolof, saisir sa proie, capturer.
Je crois que nous sommes-là, pour aider justement à l’émergence d’une nouvelle conception des choses. Je crois qu’en raison de l’éducation qu’on a reçu pendant ces derniers siècles, les uns et les autres, tous ceux qui ont vécu dans cette idéologie de l’époque industrielle, ne pouvaient plus se faire à l’idée d’un noir responsable d’une création. Voilà la difficulté. Elle est psychologique, elle est dans l’esprit. C’est donc au niveau de la perception. Dès qu’une race est responsable d’une civilisation, même si elle est noire de la tête aux pieds, elle ne peut plus être perçue, (occidentalement parlant), comme étant noire. Le noir, c’est un être qui n’existe nulle part. C’est un être qui n’a pas créé de civilisation. Mais dès qu’on a créé une civilisation, on doit sortir de cette catégorie, même si on est noir de la tête aux pieds.
Je crois que c’est cette image-là, cette fuite de la réalité palpable qui veut trouver à tous prix une interprétation, autre. L’image la plus correcte, la plus adéquate, pour décrire cette réalité, c’est la lampe philosophique. La négation de la race égyptienne, en dépit de toutes ces réalités palpables que je mets sous les yeux des plus grands spécialistes, résulte de cette éducation (…) ».
DEUX THÈSES AUX CONCLUSIONS ABSOLUES S’AFFRONTENT
Au Caire, deux thèses aux conclusions diamétralement opposées se sont affrontées. Celles des savants de la falsification de l’histoire, se trahit par ses propres énoncés, très peu convaincants. Elle estime en substance que la population primitive de l’Égypte, de la vallée du Nil, du prédynastique ancien jusqu’à la fin des dynasties indigènes, appartenait à une race brune, méditerranéenne et euro-africaines; proprement appelée (Amite), ou (Shamite) ou Khamite.
Cette population serait leucoderme, donc blanche, même si sa pigmentation est foncée, allant jusqu’au noir. En d’autres mots, les prétendus égyptologues, (de mauvaises foi), affirment, sans preuves, que les égyptiens étaient des blancs à peau noire. Cette gymnastique intellectuelle n’est défendable que lorsqu’on est profondément ethnocentrique, maladivement négrophobe et incurablement adepte de l’aveuglement volontaire, qui méprise la vérité qui jaillit des traces laissées par les Égyptiens.
CONCLUSION GÉNÉRALE
La thèse des savants Africains, les professeurs Cheick Anta Diop et Théophile Obenga, soutient pour sa part que l’Égypte pharaonique, par l’ethnie de ses habitants, la langue parlée par ceux-ci, des balbutiements néolithiques jusqu’à la fin des dynasties indigènes appartient en totalité au passé humain des noirs d’Afrique.
Le professeur Jean-Charles Coovi Gomez, explique que la conclusion générale rédigée par un égyptologue français, Jean Devisse, hostile et détracteur des thèses de Cheick Anta Diop, dénote des conditions d’objectivité du document final. Le rapport décrète ce qui suit :
« La très minutieuse préparation des interventions des professeurs Cheick Anta Diop et Théophile Obenga n’a pas eu, malgré les précisions contenues dans le document de travail préparatoire, envoyé par l’UNESCO, une contrepartie toujours égale. Il s’en est donc suivi un réel déséquilibre dans les discussions ».
En clair, le rapport pointe, contre toute attente, un déséquilibre en faveur des thèses défendues par deux scientifiques africains, victorieux du reste de brochette des érudits du reste du monde.
POURQUOI LE PLUS GRAND ÉVÉNEMENT SCIENTIFIQUE DE L’HISTOIRE DE L’HUMANITÉ ?
Au cours des cinq derniers siècles, la civilisation de l’Europe de l’Ouest a émergé et triomphé parmi ses rivales. Le faisant, elle a nié au reste de la planète tout faisceaux de civilisation. L’Europe n’a particulièrement pas été tendre envers l’Afrique. Ayant assujettis les Africains à l’esclavage et à la colonisation, l’eurocentrisme devait justifier la chosification de l’homme noir par la négation de sa contribution à l’histoire de l’humanité et la civilisation humaine.
La civilisation européenne ne jure que par la Grèce antique, à qui il est attribué la paternité de la démocratie, la philosophie, les mathématiques, l’astrologie, la physique, bref la science, tout cours.
Au Caire, preuve à l’appui, tel qu’expliqué ci-haut, Cheick Anta Diop bat en brèche les mythologies scientifiques et les légendes de la gloire de la civilisation grecque. Diop démontre, en s’appuyant sur des preuves factuelles, anthropologiques, iconographiques irréfutables, que les Égyptiens étaient noirs, et que les théorèmes attribués aux grecs étaient connus de ces noirs d’Égypte, au moins 1500 ans avant la naissance des philosophes grecs qui les revendiquent.
Au-delà des douleurs de l’histoire et du tort causé par l’Europe aux peuples qu’elle a dominé, le continent européen est aussi porteur de progrès scientifiques, techniques et technologiques, dont ses descendants doivent être absolument fiers. Du chemin de fer et ses trains à vapeur et au charbon, jusqu’à la voiture, de l’électricité au téléphone, de la bicyclette à l’avion et aux navettes spatiales, jusqu’au voyage sur la lune, du bateau à voile aux sous-marins, de la radio à la télévision, du ventilateur au climatiseur, sans oublier les révolutions dans le domaine médical et la recherche pharmaceutique, l’Europe a façonné l’histoire de l’humanité des cinq derniers siècles. Pour ces progrès, nous estimons qu’elle mérite reconnaissance et gratitude.
Au Caire, Diop explique que les plus célèbres des scientifiques grecs : Hérodote, Platon, Archimède ont tous étudié chez pharaon noir. On découvre que même la circoncision que pratique encore aujourd’hui les juifs, vient de l’Égypte noire. L’Égypte étant véritablement une civilisation noire, les progrès réalisés par l’Europe au cours des cinq siècles passés, résultant d’une science empruntée à cette Afrique noire, il va de soi, par voie de conséquence, que l’Afrique noire est la véritable matrice de tous ces progrès. Cette civilisation découverte par le professeur Cheick Anta Diop, doit être enseignée aux Africains et au reste du monde.
PARAPHRASER LE FILM AMISTAD
La vérité s’est vu mépriser dans l’histoire du peuple noir d’Égypte. Elle s’est vue fouetter, chasser, malgré qu’elle se tînt dresser devant les savants, haute et fière, comme une montagne. Non pas par perspicacité scientifique de ses adversaires et détracteurs, mais grâce au bras long et puissant du profond et abyssal déséquilibre des rapports de force entre l’Occident et l’Afrique.
Si le prof Cheick Anta Diop avait été un scientifique blanc, il ne comparaitrait pas devant le colloque du Caire pour défendre son honneur. Il n’aurait pu se tenir debout, à cause du poids des médailles, des prix et des honneurs qu’on n’aurait pas manquer de lui décerner.
On aurait écrit des chansons sur lui. Les grands auteurs de notre temps rempliraient des livres sur lui. Son histoire serait racontée dans nos salles de classes. Nos enfants, parce que nous ferions tout pour en être sûr, connaitront son nom aussi bien que celui de Victor Hugo.

Par Goïkoya Kolié, juriste