La dépouille de Robert Kabera, ancien militaire de l’armée rwandaise devenu une figure critique du pouvoir de Kigali, a été découverte le week-end du 17-18 octobre dans la localité de Luwala, dans le district de Mpigi, à environ 45 kilomètres au sud-ouest de Kampala. La sauvagerie du meurtre et la disparition de la tête de la victime provoquent une vive onde de choc au sein de la communauté des exilés politiques rwandais.
Selon les éléments communiqués par la police ougandaise ce lundi 19 octobre, le corps de la victime, âgée de 50 ans, a été découvert par des riverains. L’examen légiste indique que le crime aurait été perpétré entre la nuit du 16 et la matinée du 17 octobre.
Les constatations révèlent un acte barbare :
Décapitation et mutilation : Le corps de Robert Kabera a été retrouvé séparé de sa tête, cette dernière n’ayant toujours pas été localisée par les enquêteurs à ce stade.
Chantier de construction : D’après ses proches, l’ancien sergent-major s’était rendu dans la région pour inspecter un chantier immobilier avant d’être pris dans un piège.
La police d’État ougandaise a ouvert une enquête pour homicide, mais aucune arrestation n’a encore été annoncée.
Ancien sergent-major au sein des Forces rwandaises de défense (RDF), Robert Kabera — dit « Major Robert » — avait fui le Rwanda en novembre 2020 après avoir été visé par des poursuites judiciaires qu’il rejetait en dénonçant une cabale politique. Réfugié en Ouganda sous le statut de demandeur d’asile, il s’était fait connaître par sa chaîne YouTube, suivie par plus de 144 000 abonnés, où il critiquait ouvertement la gestion du président Paul Kagame et appelait aux déserteurs au sein de l’armée.
Ce meurtre s’inscrit dans un contexte de menaces persistantes. En octobre 2023, l’opposant avait déjà réchappé à une violente agression menée par trois hommes à Kampala. Ses proches déclarent qu’il se savait traqué en raison de ses prises de parole en ligne.
L’annonce de son décès a provoqué une vive émotion et un sentiment d’insécurité parmi la diaspora rwandaise. Interrogée par la presse internationale, sa veuve, Jeanne d’Arc Rwigema Uwizeye, a expressed son désarroi et sa crainte pour la vie de ses enfants.
Le Congrès National Rwandais (RNC), mouvement d’opposition en exil, a vivement réagi en dénonçant le climat d’insécurité auquel font face les dissidents politiques à l’étranger. De leur côté, les autorités rwandaises n’ont émis aucun commentaire officiel concernant cette affaire.
Avec agences (AFP, Reuters, BBC).









