RDC : Décès à Kinshasa de la chanteuse Tshala Muana

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Triste nouvelle que celle qui vient heurter la sensibilité des mélomanes africains friands de la chanson congolaise. Une Reine s’est éteinte. Tshala Muana, artiste ayant marqué son temps dans les annés 1980, est morte.

L’information est confirmée par ses proches, l’artiste musicienne Tshala Muana est décédée à Kinshasa ce samedi 10 décembre.

Dans un post Facebook publié dans les premières heures de ce samedi, Claude Mashala, compagnon de longues dates de Tshala Muana, a officiellement annoncé le décès de celle qui a fait danser toute la République pendant plus de trois décennies. L’artiste est décédée à 64 ans.

 

« Aux petites heures de ce matin, le bon Dieu a pris la décision de reprendre la Mamu nationale Tshala Muana. Que le bon Dieu soit glorifié pour tous les bons moments qu’elle nous aura fait passer sur cette terre. Adieu Mamu de moi ».

Qui est Tshala Muana ?

De son vrai nom Élisabeth Tshala Muana Muidikayi, la chanteuse Tshala Muana dite « Mamu nationale », est née le 13 mai 1958 dans la ville de Lubumbashi actuellement située dans la province du Haut-Katanga.

Chanteuse, productrice, actrice, danseuse et femme politique, Tshala Muana est surtout reconnue dans la culture populaire comme étant l’une des figures emblématiques de la modernisation du folklore des peuples Luba du Kasaï à travers le célèbre « Mutuashi ».

Tshala Muana, c’était aussi et surtout une bête de scène. Une beauté envoutante aux déhanchements captivants. Devant des chefs d’Etat dont Houphouët-Boigny, elle n’hésitait pas à se contorsionner pour endiabler son public. Ses jeux de reins ont fait sa réputation et était sollicitée pour animer les grandes soirées de la haute classe africaine de l’époque.

Tshala Muana, c’est aussi une riche discographie composée de plusieurs albums et chansons ayant fait vibrer l’ensemble du territoire national pendant plusieurs décennies. Sa riche discographie regorge des albums et chansons tels que Mbanda matière sorti en 1984, The best of Tshala Muana sorti en 1989, Yombo, Elako, Ntambue sortis successivement entre 1992 et 1994, Mutuashi sorti en 1996, Malu sorti en 2003, Mamu Nationale sorti en deux volumes en 2006, Enkor et Toujours sorti en 2007, Sikila, son album commun avec son ex-protégée MJ 30, sorti en 2009, Vundula sorti en 2013, ainsi que Don de Dieu, en featuring avec Mbilia Bel sorti en 2018.

 

Par ailleurs, dès 2008, Tshala Muana est devenue productrice de plusieurs jeunes artistes montants de la musique congolaise, à l’exemple de Jos Diena, ancien de Cultur’A de Félix Wazekwa et MJ 30.

 

Militante kabiliste pendant 25 ans

Aidée par l’ex-Président de la République Laurent-Désiré Kabila, Tshala Muana fait son entrée en politique après la prise de pouvoir de ce dernier en mai 1997 et crée l’association des regroupements des femmes congolaises (REFECO) dans le but de se faire un poids politique. Ce qui lui permettra d’ailleurs de siéger entre 2000 et 2002, dans l’Assemblée nationale transitoire de l’époque, en qualité de députée.

 

Après l’assassinat de Laurent-Désiré Kabila le 16 janvier 2001, Tshala Muana s’est rangée derrière son successeur et fils, Joseph Kabila. A cette occasion, elle occupera pendant près de 20 ans, la fonction de présidente de la ligue des femmes du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD).

Candidate malheureuse à la circonscription de Kananga dans la province de Kasaï-Central lors des élections législatives de 2011, Tshala Muana faisait également partie, à cause de sa proximité et son soutien à Joseph Kabila, des musiciens congolais bannis et interdits de prester en Europe par les combattants anti-Kabila.

gocod