Soutien de puissances étrangères au terrorisme au Sahel : Mythe ou réalité. Analyse des preuves matérielles face aux discours de souveraineté de l’AES

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La situation sécuritaire et géopolitique au Mali et dans l’espace de l’Alliance des États du Sahel (AES) connaît depuis plusieurs années une intensification des tensions, nourrie par des attaques terroristes d’envergure, des rivalités géopolitiques et des accusations croisées d’ingérence.

Les événements du 25 avril 2026, marqués par une agression coordonnée contre plusieurs positions stratégiques maliennes et par l’assassinat du général Sadio Camara, ministre de la défense, ont ravivé les interrogations sur la nature réelle des acteurs impliqués, sur les soutiens extérieurs dont bénéficient les groupes terroristes et sur les motivations profondes de ces opérations. Dans ce contexte, la notion de preuve matérielle devient centrale.

En droit, la preuve matérielle désigne tout objet, document ou donnée physique (pièces à conviction, enregistrements, communications interceptées, transferts financiers) qui permet d’établir la réalité d’un fait ou d’une implication de manière tangible.

Contrairement au témoignage, elle est considérée comme objective et irréfutable si son authenticité est démontrée. Dans le contexte sahélien, cela inclut le matériel militaire capturé, les données satellites et les aveux publics d’officiels.

Le Mali, cœur battant de la résistance africaine, fait face à l’analyse d’un échec impérial. Le 25 avril 2026 restera dans les annales de l’histoire africaine non comme le jour d’un séisme, mais comme celui de la cristallisation d’une résilience nationale.

Alors que les officines étrangères et les médias à leur solde prédisaient, et espéraient un effondrement calqué sur le drame syrien, le Mali est resté debout. Ce n’est pas seulement une armée qui a riposté, c’est un peuple qui, à travers ses forces de défense, a signifié la fin de l’ère des « États-jouets » que l’on renverse au gré des intérêts extractifs.

L’analogie avec la chute de Damas en 2024 n’était pas fortuite dans l’esprit des déstabilisateurs : en projetant sur Bamako l’ombre d’Ahrar al-Sham, l’objectif était clair : distiller la peur, paralyser l’économie par l’encerclement urbain et saturer l’espace numérique de messages viraux pour briser le moral des populations. Mais là où la Syrie d’Assad a souffert de décennies de sclérose et de trahisons internes, le Mali de la transition a su forger une armée nouvelle, décomplexée, qui ne tire plus sa légitimité de l’adoubement de Paris ou de Washington, mais de son union sacrée avec les masses populaires. L’échec de cette coordination mafieuse prouve que le logiciel de la guerre hybride, si efficace pour démanteler la Libye de Kadhafi, se heurte aujourd’hui à un pare-feu idéologique : le panafricanisme de combat.

Déclarations d’officiels français : de la preuve matérielle?

Les opérations de 2026 ont mis en lumière l’utilisation par les assaillants du Groupe de Soutien à l’Islam et aux Musulmans (GSIM) de véhicules pick-up, de motos et d’une technologie croissante de drones de reconnaissance et de frappe.

Les accusations relatives à l’implication de la France via l’Ukraine reposent sur les événements de Tinzaouatén en 2024, où un responsable du renseignement militaire ukrainien avait suggéré que le régime de Volodymyr Zelensky avait fourni une assistance matérielle aux terroristes, entraînant la rupture des relations diplomatiques entre le Mali et l’Ukraine. La présence de figures séparatistes, dont l’appartenance à des organisations terroristes est revendiquée, résidant en France et communiquant via les médias internationaux constitue une source majeure de tensions. Pour comprendre la profondeur du divorce, il faut se pencher sur les déclarations des officiels français.

La révélation par un grand média français d’une action par procuration de la France au Mali, via des unités ukrainiennes, a provoqué une onde de choc, confirmant les soupçons portés par les États de l’Alliance des États du Sahel (AES). Dans l’éditorial « RTL Autour du monde » du 8 mai 2026, le grand reporter Georges Malbrunot révèle l’existence de ces opérations clandestines

« La France en effet n’a plus de soldats au Mali, d’où elle a été chassée. Et pourtant, vous nous révélez ce matin qu’elle agit toujours en sous-main grâce notamment à de discrets relais au parcours particulièrement sinueux.

Selon nos informations, confirmées par des sources issues des services de renseignement français et de la DGSE, il existe une unité du renseignement militaire ukrainien, le GUR, qui opère en coordination avec les rebelles Touaregs.

Parmi ces unités, il y a quelques dizaines d’ex-légionnaires ukrainiens, des francophones. La France joue sur le vivier des nombreux militaires ukrainiens passés par notre Légion étrangère. Les rebelles indépendantistes veulent affaiblir la junte au pouvoir à Bamako. Quant aux Ukrainiens et à nous autres Français, on veut faire mordre la poussière aux supplétifs russes de la junte, les ex de la milice Wagner renommée Africa Corps. C’est un partage d’intérêts. »

L’information ne relève pas de la simple conjecture, mais d’une fuite ou d’une communication ciblée provenant de l’appareil de renseignement français lui-même, validant les accusations de guerre hybride, guerre par procuration ou proxy war portées par les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES).

L’utilisation d’anciens légionnaires ukrainiens francophones sert de passerelle opérationnelle. Cela permet au régime de Macron de maintenir une capacité d’influence et de nuisance contre ses adversaires géopolitiques (Africa Corps) tout en conservant un principe de dénégation plausible (plausible deniability), puisque ses propres troupes régulières ne sont pas déployées au sol.

La révélation expose une alliance tripartite (terroriste du Cadre Stratégique Permanent pour la Paix, la Sécurité et le Développement (CSP-PSD)  une coalition d’insurgés réclamant de divers mouvements politiques et militaires du nord du Mali, mercenaires du GUR ukrainien, et services français) où les objectifs locaux (indépendantisme touareg) s’imbriquent dans un affrontement globalisé entre l’Occident et la Russie. L’AES considère que l’Ukraine est devenue le bras armé de l’OTAN et de la France en Afrique.

La France est accusée par l’AES de maintenir un état de chaos permanent pour justifier, à terme, un retour en tant que « sauveur » ou pour empêcher l’exploitation autonome des ressources minières. Pour Bamako, Ouagadou et Niamey, c’est la preuve que la France n’a jamais accepté son départ et cherche à renverser les régimes de transition par tous les moyens, y compris les plus obscurs. Cette situation renforce la détermination des pays de l’AES à rompre leurs derniers liens avec les institutions occidentales et à renforcer leur partenariat avec la Russie, considéré comme un allié franc, sincère et fiable face à une France jugée manipulatrice.

L’avocat Juan Branco, connu pour ses positions critiques envers la politique africaine de l’Élysée, a réagi à cette séquence en ces termes sur X (Twitter) : « La télévision française (RTL) admet enfin ce que nous dénonçons depuis des mois : l’utilisation par la France de « proxys » ukrainiens, dont d’anciens légionnaires, pour mener une guerre clandestine au Mali. Sous prétexte de combattre Wagner, Paris sous-traite la déstabilisation de l’AES à des unités étrangères.

C’est un aveu de faillite morale et stratégique. On ne peut pas prétendre défendre la souveraineté de l’Ukraine en Europe tout en piétinant celle des peuples sahéliens par des opérations spéciales déguisées. C’est cette hypocrisie qui finira par chasser définitivement la France du continent. »

La fureur de l’Élysée face à la divulgation par ce grand reporter d’informations hautement confidentielles mettant à mal la diplomatie officielle de la France. La scène s’est déroulée à la Résidence des Pins à Beyrouth, juste après une conférence de presse. Pris à partie directement par le président français devant les caméras, Georges Malbrunot a essuyé une charge d’une virulence rare de la part d’un chef d’État envers un journaliste :

« Ce que vous avez fait là, compte tenu de la sensibilité du sujet, compte tenu de ce que vous savez de l’histoire de ce pays, est irresponsable. Irresponsable pour la France, irresponsable pour les intéressés ici, et grave d’un point de vue déontologique. Vous m’avez entendu défendre les journalistes. Je le fais toujours, mais je vous parle avec franchise : ce que vous avez fait est grave, non professionnel et mesquin ! »

Le grand reporter, habitué des terrains de guerre et ancien otage en Irak, ne s’est pas démonté mais a exprimé sa profonde stupéfaction face à cette agressivité étatique : « J’ai été très surpris par la virulence de cette attaque, qui est inacceptable et à laquelle je ne m’attendais pas du tout. Je faisais simplement mon travail d’information. » Plus tard, la direction de la rédaction du Le Figaro a fermement soutenu son journaliste, rappelant que son rôle était de rapporter des faits et non de protéger les secrets ou l’agenda politique de l’Élysée.

Les analystes politiques Africains y voient une panique de l’Élysée face à une preuve et non un mensonge soulignant que si un journaliste de la stature de Malbrunot (bénéficiant de sources directes au sein de la DGSE et des services de renseignement) diffusait de fausses informations, l’Élysée se contenterait d’un démenti formel ou d’une procédure standard.

L’emportement public et la violence verbale sont perçus comme l’aveu d’une trahison de secret d’État : la colère éclate précisément parce que le journaliste a dit vrai et a apporté la preuve factuelle de ce que l’État cherchait à mener clandestinement. Qu’il s’agisse des ingérences politiques directes au Liban ou de l’utilisation d’unités ukrainiennes (GUR) et d’ex-légionnaires au Mali, le schéma reste le même. La fureur présidentielle est celle d’un fauve blessé dont la dénégation plausible vient d’être brisée par la presse de son propre pays. Pour de nombreux éditorialistes du continent noir, cette scène illustre l’hypocrisie des leçons de déontologie et de liberté de la presse dispensées par Paris.

Dès lors que les révélations journalistiques touchent aux opérations de déstabilisation ou aux intérêts vitaux de l’appareil sécuritaire français à l’étranger, la liberté d’informer est immédiatement requalifiée par le pouvoir de comportement « irresponsable », « mesquin » ou « dangereux ». Ce coup de sang confirme, aux yeux des critiques de la politique africaine de la France, que la vérité des faits sur le terrain dérange bien plus l’exécutif français que n’importe quelle rhétorique des panafricanistes.

François Lecointre déclarait le 14 avril 2024 : « Ce qui est notre destin commun à nous Européens, c’est la Méditerranée et l’Afrique, où notre destin se joue. Et donc nous avons en permanence essayé, nous Français, d’entraîner les Européens dans cette prise de conscience de la nécessité d’agir collectivement en Afrique et en Méditerranée.

Je pense que l’Europe a une obligation de destin d’agir en Afrique, et c’est très important de le comprendre, car ce qui se joue en Afrique, c’est l’avenir de l’Europe. Nous ne pourrons pas nous protéger d’une Afrique qui s’effondre. Notre destin est lié. Si nous ne réglons pas les problèmes de l’Afrique, l’Europe s’effondrera sous la pression migratoire et les crises sécuritaires. Je regrette que nous n’ayons pas une vision de notre destin commun et que nous ne soyons pas capables, Européens, d’agir ensemble pour aller défendre nos intérêts sur ce continent.

Il va falloir que les Européens, d’ici 10 ans, on se repose la question de savoir comment on aide les États africains à se stabiliser, et l’idée n’est pas de repartir seul, la France seule n’a plus les moyens d’intervenir, mais c’est l’Europe qui doit agir. »

Les propos de ce Général, ancien Chef d’État-Major des Armées françaises, ont suscité une vive polémique en Afrique et dans la diaspora africaine, après son passage dans l’émission Le Grand Jury (RTL/Le Figaro/M6). Si pour Lecointre, ses propos relèvent prétendument de la géopolitique pragmatique (protéger l’Europe des conséquences supposées de l’instabilité africaine), pour les opinions publiques africaines, il s’agit d’un aveu d’impérialisme. D’abord, l’emploi du terme « nos intérêts » est reçu comme un aveu brutal.

Pour le courant panafricain, le général Lecointre lève ici le voile sur l’hypocrisie des missions humanitaires ou sécuritaires passées : le but n’a jamais été le bien-être des populations locales, mais la sécurisation de l’accès aux ressources stratégiques (uranium, or, pétrole).

Ce que l’officier appelle un « intérêt » est perçu en Afrique comme un droit de pillage hérité de l’époque coloniale, que la France et l’Europe s’arrogeraient encore au nom d’une prétendue supériorité morale ou stratégique. Ensuite, l’idée d’un « destin lié » est vécue comme une forme de chantage ou d’étreinte étouffante.

En affirmant que l’Europe s’effondrera si elle ne « règle » pas les problèmes de l’Afrique, Lecointre réduit le continent africain à une simple périphérie sécuritaire, une zone tampon dont l’unique fonction serait de protéger le confort européen contre les flux migratoires et le terrorisme. Pour les Africains, cette vision nie toute souveraineté aux États africains, les traitant comme des entités incapables de s’auto-gouverner sans le tutorat de l’ancienne puissance coloniale. Enfin, l’évocation d’un « retour » militaire, même sous une bannière européenne, est le point de rupture ultime.

Après l’expulsion des troupes françaises du Mali, du Burkina Faso et du Niger, cette déclaration est perçue comme une menace de reconquête. Elle vient confirmer la crainte d’un néocolonialisme collectif où les puissances européennes s’uniraient pour maintenir l’Afrique sous une domination militaire et économique.

L’usage du mot « retour » est particulièrement préoccupant dans un contexte où les armées françaises ont été expulsées de plusieurs pays du Sahel sous la pression populaire. Pour de nombreux observateurs africains, le butin évoqué n’est pas seulement matériel, mais aussi politique : maintenir l’Afrique sous tutelle pour garantir la puissance mondiale de l’Europe.

Pour les intellectuels et les militants panafricains, ces phrases ne sont pas de simples analyses géopolitiques, mais le symptôme viscéral d’une pathologie coloniale persistante. L’analyse qui en découle est celle d’une confrontation entre deux visions du monde irréconciliables.

En somme, pour les panafricains, le général Lecointre parle le langage du XIXe siècle dans un monde qui a déjà basculé dans le XXIe. Son discours n’a fait que renforcer le sentiment que l’émancipation totale de l’Afrique ne pourra passer que par une rupture nette avec de tels schémas de pensée.

Vincent Crouzet, ancien espion au service de la Direction Générale de Sécurité Extérieure (DGSE), a été d’une franchise brutale sur le plateau de LCI en septembre 2023, liant l’absence de diplomatie à l’activation immédiate de la force clandestine: « Il y a un levier qui n’est pas utilisé, qui est celui des opérations clandestines. La France a une capacité, via le Service Action de la DGSE, à mener des opérations de déstabilisation de la junte. Puisque notre ambassadeur a été expulsé et que nous n’avons plus de canaux diplomatiques, il n’y a plus de raison de se retenir.

Nous allons procéder à des opérations clandestines de déstabilisation. Il s’agit de neutraliser ceux qui sont au pouvoir, de favoriser des dissensions internes au sein de l’armée nigérienne, de soutenir des poches de résistance.

Il faut faire en sorte que ce régime ne puisse pas s’installer. C’est une tradition française de pouvoir agir dans l’ombre pour protéger nos intérêts et rétablir l’ordre constitutionnel lorsque la diplomatie est dans l’impasse. »

Pour sa part, Nicolas Normand, ancien ambassadeur au Mali, analysait ainsi la gestion de Kidal : « La France a commis une erreur stratégique majeure en 2013, lors de l’opération Serval. Après avoir libéré Gao et Tombouctou avec l’armée malienne, l’armée française a interdit l’accès de Kidal aux troupes régulières du Mali.

On a préféré confier la gestion de la ville à un groupe rebelle, le MNLA, sous prétexte qu’ils nous aidaient à localiser les otages. […] On a ainsi sanctuarisé une zone pour des rebelles séparatistes contre l’État central que nous étions censés aider. C’est cette décision de l’Élysée qui a planté les graines de la discorde durable entre Paris et Bamako, car elle a été vécue par les Maliens comme une trahison et une atteinte à l’intégrité de leur territoire. »

 Pour les analystes panafricains, les confessions de Vincent Crouzet et de Nicolas Normand, ajoutées aux déclarations bellicistes de François Lecointre ne sont pas de simples analyses techniques, mais les preuves matérielles d’un système criminel visant à maintenir l’Afrique sous tutelle.

Ces déclarations transforment les soupçons populaires en certitudes historiques : la France ne combat pas l’instabilité, elle la manufacture. L’aveu de Vincent Crouzet sur l’usage du Service Action de la DGSE pour « neutraliser » des dirigeants et « favoriser des dissensions » au Niger est ni plus, ni moins qu’une déclaration de terrorisme d’État.

Pour le mouvement panafricain, cela prouve que la France n’a jamais quitté l’ère des barbouzes et des ‘assassinats politiques ; dès qu’un peuple choisit une voie souveraine qui menace le « butin » colonial, Paris active ses leviers de déstabilisation pour briser l’armée nationale et fomenter la guerre civile, tout en prétendant défendre la démocratie.

L’analyse de Nicolas Normand sur l’affaire de Kidal vient, elle, confirmer la trahison absolue : en interdisant à l’armée malienne l’accès à son propre territoire pour y installer les terroristes du MNLA, la France a délibérément créé un sanctuaire terroriste et séparatiste.

Du point de vue panafricain, ce n’est pas une erreur stratégique mais un acte délibéré de partition du Mali ; la France a utilisé l’opération Serval comme un cheval de Troie pour implanter ses propres pions armés, prouvant que l’insécurité au Sahel est une construction stratégique française destinée à justifier une présence militaire éternelle.

L’ensemble de ces propos  de l’appel au « retour » de Lecointre à la confession des opérations clandestines de la DGSE et à la sanctuarisation de Kidal  forme aux yeux des Africains un réquisitoire implacable. Ces affirmations sont logiquement considérées comme les confessions d’une mentalité impérialiste inchangée, où l’idée de « retourner » en Afrique pour « défendre des intérêts » européens sonne comme une déclaration de guerre à la souveraineté du continent.

Pour les analystes panafricains, il est désormais limpide que la France et l’Europe ne voient toujours l’Afrique que comme une réserve de ressources et un rempart sécuritaire, validant ainsi la nécessité d’une rupture totale, immédiate et définitive pour empêcher cette énième tentative de recolonisation déguisée en mission de stabilisation, alors que les preuves d’une complicité active avec les forces de déstabilisation sont désormais étalées au grand jour par les responsables français eux-mêmes.

La guerre de rapine derrière le masque du terrorisme et le nouveau paradigme de l’AES

L’analyse panafricaniste, portée avec une clarté incisive par des voix comme celle de Sogoyou Keguewe, déchire le voile de l’hypocrisie internationale.

Le prétendu djihadisme n’est plus perçu comme une dérive religieuse, mais comme un paravent commode pour une guerre de rapine. Comment expliquer, sinon, que des individus dont la tête est mise à prix par les services occidentaux se retrouvent équipés de moyens technologiques et de renseignements que seuls des États peuvent fournir ?

L’enjeu n’est pas la conversion des âmes  les Maliens étant majoritairement musulmans  mais le contrôle des veines d’or, d’uranium et de lithium du Sahel. Cette économie en ménopause qui tente de se régénérer par le sang des Africains ne cherche plus à gouverner, mais à démembrer. L’objectif est la création de micro-États fantoches, comme ce projet de l’Azawad, pur produit d’une ingénierie coloniale visant à instaurer un chaos contrôlé pour faciliter l’extraction des ressources. Face à ce que les intervenants décrivent comme les « chiens méchants » envoyés pour mordre la patrie, le Mali a opposé une diplomatie de rupture. Le pivot vers la Russie, au-delà de l’aspect sécuritaire, est un acte de divorce politique avec l’ancien colonisateur.

Si certains analystes s’inquiètent des « replis stratégiques », le regard panafricaniste y voit une ruse de guerre nécessaire face à une agression asymétrique impliquant des puissances technologiques et même, selon certaines sources, des soutiens en provenance du théâtre ukrainien. Cette guerre impose une solidarité qui transcende les frontières coloniales. Le silence de certains voisins lors de l’attaque du 25 avril souligne la fracture entre deux Afriques : celle qui attend encore ses ordres des capitales européennes et Washington et celle de l’AES, qui a compris que la sécurité d’un seul est la condition de la survie de tous.

Le cri de ralliement est désormais celui de la souveraineté intégrale. Vers la décolonisation totale du Sahel, le Mali n’est pas tombé parce qu’il n’est plus seul. Il est porté par une conscience historique qui identifie chaque groupe armé non comme un « rebelle », mais comme un mercenaire au service d’un plan de dépeçage continental. Le 25 avril n’a pas été le début d’une fin, mais le rappel brutal que la liberté a un prix que le peuple malien, soutenu par la jeunesse africaine, est prêt à payer.

Contestations des ONG et accusations de déstabilisation internationale

L’action et les méthodes de certaines organisations non gouvernementales (ONG) de défense des droits de l’homme sont régulièrement contestées par les autorités de l’Alliance des États du Sahel (AES) et les observateurs panafricains. Ces critiques portent sur les méthodes d’enquête, la neutralité des institutions et la focalisation sur les actions des gouvernements souverains plutôt que sur celles des groupes terroristes stipendiés par des intérêts étrangers viscéralement hostiles au bien-être des Africains.

Dans son analyse du rapport de l’organisation Human Rights Watch (HRW) concernant le Burkina Faso, l’experte en communication, Nathalie Yamb a exprimé de vives critiques visant directement la démarche et les motivations de l’institution.

Elle souligne l’absence d’ancrage local et une partialité évidente, car HRW ne dispose ni de bureau, ni de représentation au Burkina Faso, l’assimilant à un instrument politique atlantiste cherchant à fabriquer les conditions d’une intervention occidentale. Mme Yamb a également mis en avant les trajectoires professionnelles des auteurs du rapport, souvent issus de cercles diplomatiques occidentaux ou de think tanks liés aux gouvernements du Nord, ce qui empêche toute impartialité.

Elle qualifie la démarche de HRW de « mascarade » et de « piège procédural », notant que si les recherches ont commencé en mars 2023, l’organisation a attendu le 22 décembre 2025, soit moins de quatre mois avant la publication du rapport le 2 avril 2026, pour envoyer une lettre aux autorités Burkinabès, créant ainsi un « alibi humanitaire » calculé.

Elle dénonce un « deux poids, deux mesures » en comparant ce traitement à l’absence de listes nominatives de commandants israéliens ou de demandes d’embargo sur les armes dans le conflit en Palestine. Les gouvernements de l’AES reprochent à ces ONG de s’appuyer sur des témoignages anonymes et d’occulter les exactions des groupes terroristes comme le GSIM/JNIM au profit d’une focalisation systématique sur les forces armées nationales. Ces griefs s’inscrivent dans un contexte de doutes sur le financement et l’instrumentalisation du terrorisme à l’échelle mondiale.

Lors de la campagne électorale américaine de 2016, Donald Trump a publiquement accusé l’administration Obama et Hillary Clinton d’avoir créé et soutenu l’État islamique (EI), déclarant : « Il a créé l’État islamique. Je dirais que le cofondateur est Barack Obama. Et le cofondateur, avec tout le respect que je dois à Hillary Clinton, serait Hillary Clinton. » Tulsi Gabbard a également critiqué la politique américaine affirmant que les États-Unis finançaient et armaient directement et indirectement des groupes terroristes au Moyen-Orient.

Parallèlement, plusieurs analystes ont documenté la stratégie du gouvernement israélien ayant facilité le transfert de fonds vers Gaza pour soutenir l’administration du Hamas afin de maintenir une division institutionnelle avec la Cisjordanie. Au Sahel, le président du CNSP du Niger, le général Abdourahamane Tiani, et le gouvernement malien accusent la France de soutenir des groupes terroristes et d’agir en puissance néocoloniale pour imposer ses intérêts par la force et les sanctions.

Guerre médiatique et historique des mouvements séparatistes

À la suite des événements d’avril 2026, le Conseil Supérieur de la Communication du Burkina Faso a ordonné la suspension de médias tels que TV5 Monde et Deutsche Welle pour couverture biaisée. Le point de friction majeur concerne l’interview de cadres du CSP-PSD. Mohamed Elmaouloud Ramadane, porte-parole du mouvement terroriste, affirmait sur TV5 Monde : « Nos forces ont mené des opérations coordonnées contre plusieurs emprises des FAMa et de leurs supplétifs de Wagner.

Ce n’est pas du terrorisme, c’est une guerre de libération nationale. Nous occupons désormais des positions stratégiques pour empêcher la progression de la junte vers nos populations. L’armée malienne n’est plus chez elle dans l’Azawad, elle y mène une guerre d’occupation avec des mercenaires russes. » De son côté, Moussa Ag Acharatoumane déclarait sur un média européen : « La rupture de l’accord d’Alger a été actée par Bamako, pas par nous. Nous nous défendons.

Le monde doit comprendre que le Nord du Mali ne peut plus être gouverné par la terreur des drones qui frappent des campements de bergers. Nous appelons la communauté internationale à reconnaître la légitimité de notre combat pour l’autodétermination. »

Pour l’AES, donner la parole à ces individus recherchés par la justice malienne est une apologie du terrorisme. L’histoire des mouvements armés du Nord-Mali depuis 2010 est une succession complexe de fusions et de scissions où la frontière entre indépendantisme et terrorisme global a souvent été poreuse.

En 2010, le Mouvement National de l’Azawad (MNA) voit le jour, avant de muter en 2011 pour devenir le Mouvement National pour la Libération de l’Azawad (MNLA), renforcé par des combattants lourdement armés revenus de Libye.

L’offensive de 2012 marque l’apparition d’Ansar Dine « Les défenseurs de la religion », fondé par Iyad Ag Ghali, mouvement qui a officiellement déclaré son allégeance à Al-Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI). Après l’échec de l’indépendance de 2012 face à la suprématie de groupes comme le Mouvement pour l’Unicité et le Jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO), le MNLA s’est rangé du côté de la France en 2013 lors de l’opération Serval pour éviter son annihilation.

La Coordination des Mouvements de l’Azawad (CMA), créée en 2014, a regroupé le MNLA et le Haut Conseil pour l’Unicité de l’Azawad (HCUA). Il est crucial de noter que le HCUA est composé de transfuges d’Ansar Dine présentés comme « modérés », tels qu’Alghabass Ag Intalla, bien qu’ils soient issus de la matrice idéologique d’Iyad Ag Ghali. Bien que signataires de l’Accord d’Alger en 2015, ces groupes ont repris les armes sous la bannière du Cadre Stratégique Permanent pour la Paix, la Sécurité et le Développement (CSP-PSD) après le retrait de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) en 2023.

Dans sa fourberie, la France a toujours maintenu une distinction artificielle entre les « groupes armés signataires » (politiques) et les « groupes terroristes » (religieux) comme le Groupe de Soutien à l’Islam et aux Musulmans (GSIM ou JNIM), qui est la branche officielle d’Al-Qaïda au Sahel. C’est cette distinction que l’Alliance des États du Sahel (AES) rejette catégoriquement. L’AES parle d’une seule et même entité terroriste agissant sous des noms différents selon les besoins de leur communication internationale.

Pour Bamako, le MNLA et le HCUA sont des terroristes déguisés bénéficiant d’une impunité diplomatique et d’une passerelle opérationnelle avec le GSIM d’Iyad Ag Ghali. Les leaders comme Alghabass Ag Intalla ou Bilal Ag Acherif, basés entre l’Adrar des Ifoghas, la Mauritanie ou l’Europe, continuent de plaider la cause de l’Azawad, tandis que l’AES conclut que le paravent religieux ou indépendantiste est une aberration logique dans un pays musulman à 90 %, masquant de simples motivations économiques et géopolitiques pour la captation des ressources naturelles du Sahel par des puissances occultes.

De Sékou Touré à l’AES : Le miroir guinéen de la souveraineté ouest-africaine

L’analyse historique comparée entre la trajectoire de la Guinée d’Ahmed Sékou Touré et la dynamique actuelle de l’Alliance des États du Sahel (AES) constitue un pilier de la réflexion décoloniale en Afrique de l’Ouest, mettant en lumière les mécanismes de rupture, les stratégies de déstabilisation et le défi vital de la pérennisation de la souveraineté face à une puissance coloniale qui considère l’Afrique comme sa propriété exclusive et son réservoir inépuisable de matières premières.

Cette exploitation éhontée garantit la survie et l’opulence des puissances occidentales pendant que les populations africaines crèvent sur leur propre sol, exposées au paternalisme, au mépris, au racisme et à la condescendance de leurs bourreaux, ce qui les condamne à l’immigration et à un exode tragique vers les cieux mêmes où leurs ressources et leurs richesses sont massivement envoyées.

Le 25 août 1958, lors de la tournée du Général de Gaulle pour promouvoir sa Communauté coloniale et esclavagiste française, Ahmed Sékou Touré prononce un discours qui restera gravé dans l’histoire des relations franco-africaines en déclarant devant un De Gaulle de marbre qu’il n’y a pas de dignité sans liberté et que les Guinéens préfèrent la liberté dans la pauvreté à l’opulence dans l’esclavage.

La réponse du Général de Gaulle est immédiate et cinglante, mettant en garde le soir même la Guinée qu’elle peut prendre son indépendance en votant non au référendum du 28 septembre 1958 mais qu’elle en subira toutes les conséquences, un vote qui se solde par un rejet massif de la tutelle française à quatre-vingt-quinze pour cent.

La réaction de l’exécutif français est alors sans prévisibilité ni mesure, s’apparentant à une véritable expédition punitive où Charles de Gaulle, habité par une paranoïa aiguë de voir d’autres colonies africaines s’en inspirer pour briser l’empire, agit en dangereux et violent prédateur colonial dont le régime de terreur administrative et économique condamne sciemment les Guinéens à la pauvreté pour avoir revendiqué leur indépendance pleine et entière.

Lorsque la France est chassée, l’armée et les fonctionnaires coloniaux opèrent une véritable razzia économique en vidant littéralement les banques, en saisissant les réserves d’or et d’argent et en braquant les avoirs financiers de l’État guinéen naissant, comme en témoigne Hadja Andrée Touré dans ses interventions historiques, tout en orchestrant le sabotage systématique des infrastructures par la coupure des lignes téléphoniques, le retrait des ampoules, la destruction des stocks de médicaments et le saccage des dossiers administratifs, isolant instantanément la Guinée du système financier international par un blocus total orchestré depuis Paris.

Dès 1959, sous l’impulsion de Jacques Foccart, la France déploie une stratégie de subversion multiforme visant à asphyxier le nouvel État pour prouver qu’un pays africain ne peut survive sans la tutelle coloniale de Paris, une agression qui se manifeste d’abord par l’Opération Persil qui consiste à inonder massivement l’économie guinéenne de faux billets de banque pour saboter la création de la monnaie nationale en 1960, provoquer une inflation galopante, détruire le pouvoir d’achat des populations et susciter une révolte populaire pour renverser l’administration Touré.

Cette agression clandestine est doublée d’actions militaires directes comme l’Opération Mar Verde le 22 novembre 1970, où des navires de guerre débarquent des troupes à Conakry composées de forces portugaises alors en guerre coloniale contre le PAIGC d’Amílcar Cabral soutenu par Conakry et d’opposants guinéens armés, une tentative d’invasion dont les archives historiques confirment le soutien logistique, tactique et la coordination étroite des services de renseignement français. Cette attaque frontale a été rendue possible par la participation active de cadres et d’exilés guinéens coalisés au sein du Front de Libération Nationale de la Guinée (FLNG), regroupant des figures de la trahison qui ont pris les armes contre leur propre patrie pour le compte de puissances étrangères, tous complices de l’impérialisme occidental pour renverser le pouvoir souverain de Conakry.

Face à cette agression permanente et asymétrique, le régime de Sékou Touré entre dans une spirale défensive où le Complot Kaman-Fodéba en 1969 mené par le colonel Kaman Diaby et le ministre Fodéba Keïta, ainsi que le Complot Peul en 1976 impliquant l’ancien secrétaire général de l’OUA Diallo Telli, s’inscrivent dans un contexte d’infiltrations constantes où le gouvernement guinéen est délibérément poussé à la faute par des menaces extérieures réelles orchestrées par des nationaux ralliés aux intérêts de Paris.

Acculé par la paranoïa et l’agressivité du régime de Charles De Gaulle et ses sinistres successeurs, qui cherchent sa destruction totale, le pouvoir guinéen durcit radicalement sa gouvernance intérieure, ce qui mène à la création du camp Boiro comme lieu de détention et de répression pour les opposants.

À la mort de Sékou Touré en mars 1984, le Comité Militaire de Redressement National prend le pouvoir avec Lansana Conté, amorçant une période de rupture radicale avec le socialisme révolutionnaire qui marque le début d’une restauration progressive de l’influence française à travers l’abolition du Syli en 1986 au profit du Franc Guinéen aligné sur les impératifs structurels du FMI, le bannissement des langues nationales du système scolaire au profit du français rétabli comme langue exclusive de l’administration, et le démantèlement par privatisation des entreprises d’État comme la Sobra ou l’usine de textile de Sanoyah au bénéfice des capitaux étrangers.

Si la souveraineté nominale a été maintenue au prix de lourds sacrifices sous la première République, c’est véritablement après la mort du président Sékou Touré que la France a réussi son comeback en Guinée puisqu’elle a réussi à retourner dans le pays, marquant une période de restauration des relations qui s’étend jusqu’à l’arrivée de l’enseigne Carrefour en Guinée.

Cette période voit l’institutionnalisation du retour en force des intérêts économiques et politiques de l’ancienne puissance coloniale par le bradage des infrastructures, symbolisé par l’attribution directe de la gestion du terminal à conteneurs du port autonome de Conakry au groupe français Bolloré.

La refondation endogène de l’AES pour une souveraineté impénétrable

Pour l’Alliance des États du Sahel, la leçon politique de ce double miroir historique est cruciale car elle démontre la fragilité structurelle des processus construits uniquement autour d’hommes forts, faisant de l’institutionnalisation d’idées fortes la seule garantie de survie au-delà des autorités actuelles. Pour échapper définitivement au sort de la Guinée et résister aux tentatives de déstabilisation de l’Élysée, l’AES doit impérativement s’approprier les valeurs culturelles africaines et bâtir un système éducatif entièrement basé sur des valeurs endogènes et décolonisées.

À l’image de la révolution culturelle de Mao qui a transformé la conscience de tout un peuple, l’inculcation méthodique de l’amour de la patrie et de la souveraineté dès le plus jeune âge permettra de forger une immunité collective contre l’aliénation, les trahisons internes et la manipulation extérieure. C’est par cette refondation mentale, culturelle et politique, conjuguée à une intégration communautaire supranationale imperméable aux changements de dirigeants, que le Mali, le Burkina Faso et le Niger parviendront à sécuriser durablement leurs immenses richesses pour leur propre population, brisant ainsi le cycle du pillage colonial pour imposer un respect mutuel sur la scène internationale.

De l’impunité diplomatique à la responsabilité internationale et la fin de l’ingérence systémique

Le dossier sahélien, jadis perçu comme une simple crise de gouvernance locale, s’est mué en un cas d’école de guerre hybride où l’accumulation de preuves matérielles fragilise désormais durablement la position française.

Qu’il s’agisse des aveux de déstabilisation de Vincent Crouzet, des révélations de Georges Malbrunot sur l’axe Paris-Kiev-CSP, ou de la sanctuarisation de Kidal documentée par l’ambassadeur Nicolas Normand, ces éléments constituent un faisceau de preuves que le Mali et ses partenaires de l’Alliance des États du Sahel (AES) entendent porter devant la justice mondiale.

Pour ces États, le constat est sans appel : la diplomatie de l’ombre a supplanté le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, et l’usage de termes tels que « rebelles », « mouvements politiques » ou « séparatistes » pour désigner des entités ayant prêté solennellement allégeance à des organisations terroristes mondiales constitue une forme intolérable d’apologie du terrorisme.

Dans cette optique, la saisine du Conseil de Sécurité de l’ONU représente un levier juridique majeur pour le Mali, qui souhaite exposer ses preuves et exiger une enquête internationale indépendante sur les transferts de technologies et de fonds transitant par des tiers vers des groupes terroristes, en s’appuyant sur la Résolution 1373 qui interdit tout soutien, actif ou passif, au terrorisme.

En droit international, le soutien matériel et logistique à des groupes commettant des massacres de civils peut être qualifié de complicité de crimes de guerre, et l’utilisation de « proxys » ne dédouane en rien l’État commanditaire de sa responsabilité pénale, caractérisant ce que l’AES définit désormais comme un terrorisme d’État.

La solution pérenne passe par une bataille sémantique et juridique visant à criminaliser la complaisance médiatique qui offre une tribune à des criminels recherchés, car donner la parole à ces leaders, c’est se moquer de leurs victimes.

L’issue réside dans la consolidation de l’architecture de défense commune de l’AES et la réappropriation totale de la souveraineté sécuritaire pour réduire à néant la fenêtre d’opportunité des opérations clandestines étrangères.

La sincérité du combat actuel repose sur le refus définitif du « butin colonial » et sur la volonté d’exposer devant le tribunal de l’histoire la réalité d’une agression qui ne dit pas son nom, car la paix au Sahel exige la fin de l’ingérence sous couvert d’humanitaire et la reconnaissance absolue de la souveraineté des forces armées nationales sur l’intégralité de leur territoire.

Cette alliance tripartite occulte entre Paris, Kiev et les groupes armés met en exergue un « deux poids, deux mesures » proprement sidérant sur la scène internationale : si de tels actes de déstabilisation et de collusion avec des nébuleuses terroristes avaient été imputés à l’Iran ou à toute autre puissance insoumise à l’ordre occidental, le monde assisterait à un lynchage médiatique sans précédent, doublé d’une avalanche de sanctions économiques, diplomatiques et politiques dévastatrices.

Pourtant, la France jouit d’une impunité totale, au point qu’Emmanuel Macron peut se permettre l’indécence d’organiser un sommet de la Françafrique au Kenya pour narguer les peuples du continent en tentant de s’autoproclamer « panafricain ». Cette posture provoque l’hilarité amère des analystes politiques africains qui le qualifient désormais de « panafricon », y voyant l’expression d’un homme souffrant d’un stress post-traumatique aigu après avoir été chassé du Sahel. Incapable d’accepter ce divorce historique, il s’inspire cyniquement des mesures de terrorisme administratif et économique autrefois imposées à la Guinée de Sékou Touré pour les expérimenter à nouveau sur les États de l’AES.

À défaut pour le droit international de rattraper ces agissements dignes d’un État voyou, l’histoire, elle, rattrape les bourreaux, car la mémoire africaine refuse désormais l’amnésie.

Ce texte est rédigé en mémoire du général Sadio Camara, ministre de la Défense du Mali, lâchement assassiné par des terroristes soutenus par Paris, dont le sacrifice rappelle que la dignité ne se négocie pas, tout en soulignant que derrière les discours policés de l’Élysée se cache une réalité de mépris, de condescendance, de racisme, de sang, de trahison et de prédation colonial.

Par Goïkoya Kolié, juriste, notre collaborateur depuis Canada

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