Algassimou Diallo n’est plus magistrat. Le Conseil supérieur de la magistrature a prononcé sa révocation ce jeudi 20 août 2026, mettant un terme définitif à la carrière judiciaire de cet ancien acteur du procès du 28 septembre 2009.
L’annonce a été détaillée par le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Ibrahima Sory Tounkara, dans une intervention à la télévision nationale.
Selon les autorités judiciaires, Algassimou Diallo jusque-là magistrat à la Cour suprême aurait entretenu des échanges avec l’opposant Cellou Dalein Diallo. Le ministère de la Justice estime que ces contacts étaient de nature à compromettre la stabilité du pays.
C’est sur cette base que le Conseil de discipline du Conseil supérieur de la magistrature a statué, en s’appuyant sur les articles 20, 35 et 36 de la loi organique portant statut des magistrats.
Le garde des Sceaux a rappelé le cadre légal ayant conduit à cette issue. Il explique disposer, en vertu de la loi 054 du 17 mai 2013 relative au statut des magistrats, du pouvoir de suspendre un magistrat dès lors que des faits susceptibles de constituer une faute disciplinaire sont portés à sa connaissance.
Le ministre précise que ce pouvoir s’applique indépendamment du rang du magistrat concerné : « J’ai été informé de certains faits de Monsieur Algassimou Diallo en tant que magistrat, même s’il est de la Cour suprême. Le statut du magistrat dit : magistrat, toutes catégories confondues. »
Interrogé sur la nature des faits reprochés, Ibrahima Sory Tounkara s’est montré direct : « J’ai estimé que ce n’était pas très catholique, des faits qui normalement ne devaient pas être commis par un magistrat, des faits qui sortent carrément du cadre de la pratique d’un magistrat. J’ai jugé nécessaire de le suspendre. »
Le ministre a tenu à replacer la suspension dans son cadre légal, la présentant comme une étape transitoire précédant la saisine des instances disciplinaires : « Cette suspension est provisoire. L’article 38 de cette loi nous permet de le faire. C’est une mesure conservatoire que le garde des Sceaux peut prendre avant de saisir le Conseil de la magistrature. »
La procédure disciplinaire a désormais abouti à son terme. Le ministre de la Justice l’a confirmé sans ambiguïté : « Monsieur Algassimou Diallo vient d’être révoqué par le conseil de discipline du Conseil supérieur de la magistrature. Ça veut dire qu’à partir de l’instant, il n’est plus magistrat. »
Cette révocation prend une dimension particulière compte tenu du parcours du magistrat déchu.
Algassimou Diallo s’était fait connaître du grand public pour son rôle dans le procès des massacres du 28 septembre 2009, aux côtés de plusieurs figures de la justice guinéenne dont l’actuel garde des Sceaux, Ibrahima Sory Tounkara, qui a lui-même annoncé sa révocation près de dix-sept ans plus tard.
Sékou Sylla









